Un polar d’infiltration un peu racoleur et daté mais toujours prenant dans le milieu SM gay d'un New York bien malsain, porté par la presta troublante d’ambiguïté d’Al Pacino. 3,25
Thriller policier dramatique, écrit et réalisé par William Friedkin, La Chasse est un long-métrage de bonne facture. L'histoire se déroule à New York où deux homosexuels sont sauvagement assassinés. C'est alors que, convaincu d'avoir affaire à un tueur en série, le capitaine Edelson demande à Steve Burns, un jeune policier au physique proche de celui des victimes, d'infiltrer le milieu sadomasochiste gay de Meatpacking District afin de découvrir l'identité du coupable. Ce scénario, adapté du roman du même nom de Gerald Walker, nous plonge pendant un peu plus d'une heure et demie dans une intrigue sombre et mature. On assiste pendant tout ce temps à une filature au plus près de la communauté gay donnant lieu à des scènes où se mêlent nudité et meurtres. Le thème abordé est osé et louable mais montré avec clichés. De plus, cette enquête n'est pas des plus passionnante, la faute en partie à un personnage principal peu intéressant interprété par Al Pacino. Il est entouré par Paul Sorvino, Karen Allen, Richard Cox, Don Scardino, Jay Acovone ou encore Randy Jurgensen. Hélas, tous ces rôles ne procurent pas vraiment d'émotions à travers leurs rapports. Des échanges soutenus par des dialogues beaucoup trop neutres. Sur la forme, la réalisation de William Friedkin s'avère bonne mais assez classique. Sa mise en scène ne propose rien d'extravagant et se contente du minimum. Elle a tout de même le mérite d'évoluer dans un environnement aussi intrigant créant une véritable atmosphère. Ce visuel empreint de noirceur est accompagné par une b.o. assez anodine signée Jack Nitzsche. En effet, ses compositions accompagnent bien l'action et les images mais n'ont aucun impact sur elles et ne laissent aucun souvenir auditif. Ce filage dans l'univers déluré des nuits homosexuelles s'achève sur une fin correcte venant mettre un terme à La Chasse, qui, en conclusion, est un film honorable mais loin d'être un incontournable.
Film réalisé en 1980, William Friedkin, réalisateur célèbre pour "L'exorciste" et "French Connection", se lance dans le film policier avec comme toile de fond le milieu des boîtes gay de New York. Certaines scènes homosexuelles sont très dérangeantes et cela même de nos jours. L'intrigue est tout à fait classique mais le côté novateur vient d'Al Pacino, remarquable dans son rôle de flic s'infiltrant dans les clubs libertins gay. Un film que l'acteur reniera par la suite pourtant je trouve qu'il joue superbement bien et imite parfaitement les manières des homos. Une oeuvre dérangeante à souhait et provocatrice avec certains plans sidérants de beauté notamment la scène de fin entre Steve Burns et le tueur dans Central Park. Un des meilleurs films de Friedkin avec "To die an live in LA".
"Cruising" reprend la canevas de "Serpico" de Sidney Lumet (1973), toujours avec Al Pacino en sous-marin dans une enquête dans les bas fonds d'une ville maussade. Cette fois Friedkin place l'action dans le monde SM de la communauté gay et commet la première erreur du film en carricaturant à outrance le milieu homosexuel. Nous sommes en 1980 et un mystérieux virus commence à faire parler de lui. La communauté gay qui milite pour ses droits n'est toujours pas acceptée du grand public. Pas étonnant que celle-ci ai farouchement combattu ce film qui la réduit à une bande de déséquilibrés sexuels costumés en blousons et casquettes de cuir dans des clubs sordides ! Cela n'en fait pas pour autant un mauvais film. Après tout le cinéma aime se focaliser sur les extrêmes pour raconter ses histoires. Le vrai problème réside dans l'enquête d'Al Pacino, qui ne semble même pas exister. A part sortir dans des clubs et traîner dans des parcs, ce dernier ne semble pas faire grand chose de ses journée... D'aileurs son personnage au contraire de Serpico ne montre pas la rage de coincer sa proie. On se demande même quelles sont ses motivations au final ? Friedkin tente de rattraper son film en lui donnant une fin alambiquée des plus confuse, histoire que son film ne ressemble pas un banal polar. Mais ça arrive bien trop tard...
Burns, un jeune policier new-yorkais plein d'ambitions est envoyé en couverture dans le milieu gay underground pour enquêter sur une série de meurtres. En s'investissant toujours plus dans sa mission, il abandonne progressivement sa vie d'avant. Cruising s'ouvre avec un avertissement pour dédouaner son auteur de toute homophobie ; et malgré le scandale qui avait entouré sa sortie à l'époque, on constate aujourd'hui que c'est surtout envers la police que Friedkin est particulièrement féroce, interrogeant l'éthique qui préside à ses pratiques et son instrumentalisation à des fins politiques. A cela, Friedkin ajoute quelques éléments psychologiques plutôt bien vus sur le refoulement, sentiment qui saisit notamment Burns et qui pourrait être une possible clef de compréhension de la fin ambiguë du film. Ainsi, malgré une esthétique kitsch et datée, Cruising a bien des mérites et est un autre thriller recommandable dans la filmographie de Friedkin.
William Friedkin, un de mes réalisateurs favoris, n'en finit pas de m'étonner au fur et à mesure du visionnage de ses oeuvres. Après l'échec public cuisant en 1977 du (pourtant) grandiose remake du "Salaire de la Peur" de Clouzot, le "Convoi de la Peur", il s'attaque en 1980 à un projet sulfureux : "Cruising". Et c'est parti pour une immersion dans un New-York rarement décrit au cinéma : la communauté gay sado-maso. Disons-le de suite, le résultat est une claque à la figure du spectateur ! Sur fond d'enquête policière, le réal nous emmène sous couverture avec un jeune policier traquant un psychopathe s'attaquant à des homosexuels. Au fur et à mesure du film, le jeune flic "Burns", va se rapprocher du tueur tout en se modelant à l'image des gays qu'il est censé infiltrer ; lui qui a été choisi pour sa ressemblance avec le suspect. Al Pacino offre ici une de ses meilleures prestations, il fait totalement corps avec son personnage tout de cuir vêtu, et l'ensemble repose en grande partie sur ses épaules : c'est étonnant quand on sait par la suite qu'il a quasiment renié le film et s'est même brouillé avec Friedkin. spoiler: Jusqu'à un final étonnant où la dualité de son personnage est poussée à son comble, il retrouve sa compagne qu'il avait délaissée, mais on ne sait pas vraiment s'il n'est pas encore dans la peau du sociopathe . L'ambiance glauque et ultra malaisante de cette" Big Apple" filmée de nuit, dans Central Park ou dans des boîtes de nuit crasses, ne vous laissera pas indifférent. Décrié par le lobby lgbt durant son tournage, le film s'avère finalement plus être une critique de la Police et ses méthodes (cf. le policier du début ne se sentant pas concerné par les meurtres, la violence de l'interrogatoire etc.) qu'une quelconque homophobie ; ainsi qu'une réflexion sur la marginalité dans une société vis à vis des codes moraux, sociaux ou sexuels traditionnels, bien établis. C'est l'ADN de William Friedkin que d'être provocateur pour choquer et critiquer, sa filmographie en témoignant. On remarquera pour terminer l'ombre du couteau qui s'abat devant l'écran lors de l'assassinat dans la cabine de cinéma, comment ne pas songer à "Psychose" d'Hitchcock ? Tout cela pour dire que ce n'est pas un simple polar mais bien une oeuvre cinématographique complexe qui laisse à méditer, un film qualifié par certains de maudit car n'étant jamais sorti en salle obscure à la manière dont l'aurait souhaité le réalisateur.
Un très bon début de Thriller noir avec les rues sombres de New-York, le côté obscur du SM gay dans ces années mêlée à ce tueur en série. Ensuite une seconde partie intéressante d’agent infiltré dans ce milieu et toute sa difficulté à ce surpasser dans ce qu’il n’est pas mais la dernière partie traîne en longueur, on se perd un peu et on perd le fil. La dernière scène est énigmatique et permet de se perdre encore un peu plus, bizarre…
S’il a fait l’objet d’une certaine réhabilitation au fil des années, ce thriller de William Friedkin explorant le milieu homosexuel extrême new-yorkais des années 80 se montre si racoleur et facile dans sa violence qu’il en devient rapidement grotesque dans sa représentation de la communauté gay tandis que dans le rôle principal d’un flic hétéro devant infiltré ce cercle particulier pour arrêter un tueur offre une prestation des plus déconcertantes.
Ça a très mal vieilli. Quand je suis sorti, je me suis fait la réflexion suivante: aujourd'hui un film ne sortirait même pas. Le pitch est excitant et prometteur. Quel dommage que le scénario n'en utilise pas le potentiel! La réalisation est bâclée, la fin idiote. Quelques très beaux plans des rues de NY la nuit sauvent le film d'un ennui total. Quant à Pacino, il est peu expressif, monolithique du début à la fin, lui non plus n'exploite pas le potentiel du personnage pourtant intéressant et complexe.
William Friedkin met la haute dose et n'hésite pas à bousculer le milieu homo et de bien le secouer aussi, il faut dire que pour l'époque pas mal ayant vu le film ont du voir prendre le tout pas d'un bon oeil. C'est net, pas de chipotage et Al Pacino se défend en flic infiltré, bref toujours excellent le grand Al. Par contre les dernières minutes casse un peu l'ensemble car on reste dans le flou, et perso spoiler: on a du mal à se dire que le personnage de Al est pu devenir un tueur . C'est plus une blague qu'autre chose. Mais le film est à voir absolument.
Une nouvelle fois avec la chasse Friedkin est égale à lui même, avec un film à la fois sans concession et pourtant plein de nuances. Les héros ont leurs failles et ne ressortent pas indemnes de ce qui leur arrive. Il montre ainsi que l’être humain se forge au fur et à mesure de ses expériences et de son vécu et que ce vécu peut ébranler ses plus fortes certitudes. C’est une nouvelle fois une grande performance d’Al Pacino même si ses relations avec le réalisateur n’ont pas été au beau fixe sur ce film. C’est un film trash troublant à prendre avec du recul car il peut donner par moment l’impression de juger ce qu’il filme. Ce n’est certes pas son plus maîtrisé, mais cela reste l’œuvre d’un grand metteur en scène.
Tout comme avec "Les Garçons de la bande", spoiler: William Friedkin traite ouvertement du milieu gay mais ici dans un contexte plus dramatique puisqu'il s'agit d'un thriller suivant un tueur agissant donc principalement dans les boites gays. Un policier va alors devoir se faire passer pour un gay "cuir moustache" afin d'attirer le tueur. Sorti en 1980, l’homosexualité y est toujours bien évidemment fortement stigmatisée et même si le film ne représente qu'une catégorie de toute la communauté LGBT, c'est une représentation qui n'a pas tant vieillie. Alors évidemment, faire exactement le même film aujourd'hui paraitrait désuet mais à la fin des années 70, certains bars gays à thème ressemblaient bel et bien à cela. Et c'est très courageux de la part du réalisateur de montrer la communauté gay masculine de manière aussi frontale. Je veux dire, outre la mise en scène très soignée et maitrisée, nous avons tout de même des scènes de nus, des scènes d'amour (souvent hors-champ mais fortement suggérées, comme cette scène du fist dans la boite), des baisers bien en face de la caméra et le film s'ouvre sur les policiers peu scrupuleux violentant sexuellement des hommes transsexuels ou travestis. Il en est de même pour l'acteur principal, Al Pacino, qui incarne à merveille un personnage très ambigu, ce qui fait d'ailleurs toute la force du film. Au départ très timide, se demandant à quoi servent les foulards de couleur, ne voulant pas continuer la soirée avec un mec quitte à paralyser l'enquête, retournant tous les soirs faire l'amour plutôt violemment à sa copine comme pour se réapproprier une virilité menacée quelques heures plus tôt, il se fond peu à peu dans le décor, jusqu'à cette fameuse fin énigmatique. Le film entretient d'ailleurs continuellement cette aura mystérieuse, notamment avec des scènes qui pourraient être incohérentes avec le reste mais sont en réalité réfléchies (je pense au foulard jaune, le personnage savait très bien à quoi il servait alors pourquoi il le portait ?) ou le fait que le tueur semble continuellement changer de forme suivant les scènes (ou alors, peut-être est-ce juste une impression personnelle). Ce sont des effets qui sont évidemment voulus pour perdre le spectateur aussi bien que le héros est perdu dans cet univers qui lui semble si lointain (et pourtant accessible). "Cruising" est donc un film passionnant, tant au niveau de son scénario que de ses sous-textes.
Très déçu par ce Polar à l'ambiance glauque, adapté et mis en scène par William Friedkin. Si la mise en scène est appliquée et Al Pacino excellent dans un rôle délicat, le scénario de cette histoire révèle finalement un contenu plutôt mince pour ne pas dire très léger. Une intrigue assez conventionnelle où Pacino, allias Steve Burns, infiltre le milieu homo sado-maso des bas-fonds de NYC. Ce film interdit a juste titre aux mineurs nous montre effectivement des scènes très hard. Après une longue entrée en matière pour mettre la situation en place, l'enquête policière démarre pour se trainer laborieusement, et en définitive aboutir à un final très ambigu.
Le cinéma est parfois fait d'ironies, et pas forcément toutes de bon goût. William Friedkin était-il prédestiné à réaliser Cruising, thriller voyant un flic traquer un psychopathe dans les milieux gay SM ? Je serai tenté de répondre oui, trois fois oui. Un : le cinéaste est un explorateur des recoins les plus inconfortables de l'âme humaine. Deux : avant 1980, Friedkin avait déjà frayé avec les forces de l'ordre (pour préparer French Connection). Trois : il connaissait sans le savoir un tueur, Paul Bateson, engagé sur l'Exorciste en 1973 et suspecté pour une série de meurtres dans la communauté homosexuelle. La Chasse est un film difficile, parfaitement à sa place dans la carrière de son réalisateur et une autre belle date dans celle de son acteur. Al Pacino offre l'une de ses prestations les plus intenses dans le rôle de Steve Burns, flic infiltré en pleine crise identitaire. À l'instar de certains personnages de l'univers littéraire de James Ellroy (type Danny Upshaw dans Le Grand Nulle Part), c'est tout autant une (en)quête sur son héros qu'une traque pour arrêter le tueur. La force du film est de disséminer rapidement le trouble jusqu'à ce que l'ambigüité recouvre tout. À la sortie du long-métrage, beaucoup l'ont taxé d'homophobie (Pacino lui-même n'en est pas fier). Personnellement, je n'y ai pas vu d'attaque envers les personnes homosexuelles. J'ai juste vu un thriller de bonne qualité, pas forcément novateur sur le fond ou la forme, mais un film bien troussé et qui jouit d'une ambiance au cordeau.