Ce film est la pire des plaies que j'aie jamais vu ! C'est vulgaire, inintéressant, provocateur (comme toujours avec Lars Von Trier en même temps) et décidément je n'aime pas ce réalisateur qui est malsain et dérangé. A oublier au plus vite.
Un mélodrame bouleversant sur l'amour fou, filmé sans concession, qui peut paraître trop insoutenable par moment, porté par la prestation impressionnante d'Emily Watson. Prix du Jury à Cannes.
Bess est malade : elle est malade d’amour pour Jan. Alors quand il part pour travailler sur une plate-forme de forage, elle souffre. Quand il revient, blessé et la vie ne tenant plus qu’à un fil, elle souffre encore plus et va se détruire pour le sauver. Poignant.
Déviant l'amour absolu que sa communauté enseigne à porter à Dieu vers ce mari qui l'initie aux plaisirs charnels, l'héroïne se sentant coupable suite à un tragique coup du sort espère rétablir ce qu'elle croit avoir brisé par ses prières irréfléchies au Ciel, comme si l'Amour suffisait toujours. Victime de sa candeur, de son éducation puritaine ainsi que des insensibilités alentour, elle s'en remet à une foi dont la pertinence est interrogée. Dialogue spirituel autant que drame psychologique, l'intrigue illustre les effets ambigus d'un amour inconditionnel féminin tout en questionnant le rôle du mari: sa demande apparemment perverse et égoïste n'est-elle pas d'abord une tentative désespérée de sauver son épouse éplorée et d'accéder à un apaisement létal? Filmé sous un filtre sépia qui assombrit les solennels paysages écossais, le récit scandé de façon picturale évite le pathos lacrymal par son austérité apparente, laissant aux dialogues et à l'interprétation intense des comédiens le soin d'exprimer l'angoisse de l'abandon et de la solitude. Critique du rigorisme religieux ainsi que des oeillères morales, ce sacrifice consenti par ode au sentiment ultime nous submerge par son entièreté sincère. Eprouvant, puissant, terrible.
La caméra de Lars von Trier semble au début poser un simple regard documentaire sur une communauté sans histoire d'Ecosse, dans laquelle va se jouer un drame. Un film puissant, sur l'amour et le sacrifice d'une femme dérangée, immature, à fleur de peau mais habitée par la foi et la passion. Emily Watson est tout simplement phénoménale, jusqu'au dénouement tragique final. Renversant.
Avec son style atypique le réalisateur Lars Von Trier construit un drame techniquement très réussi avec un sens du cadrage et du montage abouti ainsi qu’une photographie de grande beauté. Le cinéaste offre un récit épuré mais à la dramaturgie aiguisé, porté par une excellente interprétation, révélant à l’époque tout le talent d’Emily Watson. La grâce de la mise en scène se dispute à une certaine vulgarité propre au cinéaste danois, sa charge contre le puritanisme de la religion apparait trop appuyée. Le film, d’une longueur certaine n’en demeure pas moins une œuvre remarquée et puissante.
C’est un des plus beaux films des années 90. Pour le coup c’est un drame absolu. Mais c’est aussi l’histoire d’amour d’une femme simple illuminée par Dieu.
Grande question revenant sans cesse: peut on faire le grand écart absolu et etre accro aux films d'horreurs de série z et a un cinéma d'auteur exigeant? difficile mais pas immpossible me semblait il AVANT de voir breaking the waves, mélo acclamé de lars von trier.
C'est un film sur l'amour mais ultra glauque par son réalisme morbide et par son héroine (emily watson,constante dans l'hystérie) dont la justification de son amour fou est la déchéance sexuelle et morale.
Bon alors c'est larmoyant(on est chez lars von trier mais on n'a pas atteind le paroxysme de dancer in the dark), pleins de poncifs, bien filmé et border line : ca trouve son public mais le clou est définitivement enfoncé lorsque (comme moi) on prend plus de plaisir a retrouver udo kier pendant 3 minutes que tout le reste du film, on ne se refait pas.
Un film puissant tourné dans des décors rudes (l'Ecosse) et qui nous parle de l'amour, de la foi, de la cruauté, de la perversité avec force et poésie. C'est bouleversant à regarder, ça le reste des semaines après quand l'écume de la mer et des émotions instantanées est retombée. Tous les acteurs sont excellents.
ou L'Evangile selon Lars Von Trier... Comme souvent par la suite (Dancer in the dark, Melancholia) le réalisateur nous entraîne dans tous les excès... L'Amour, purifie tout! On peut être subjugué par les images qui présentent chaque chapître; les musiques sont au diapason. Le réalisateur aime confronter "l'Amour" jusqu'à la folie, à la morale ou au sens du péché si présents dans cette Ecosse profonde... Laissons-nous transporter !
Le mariage de Bass est pour elle comme une naissance. Au coeur de la rigueur naturelle et religieuse de la campagne écossaise, son amour fou pour Jan lui fait enfin découvrir les plaisirs des sens. Précisément, c'est l'histoire d'un amour absolu et exclusif que raconte Lars von Trier, à ceci près que l'héroïne est à l'évidence tout autant une amoureuse qu'une névrosée. Cela dit, le film consiste moins en une étude de cas psychologique qu'en une façon moderne de romantisme. Le dénouement est cet égard très explicite. Il me semble que cette histoire d'amour si singulière, si inspirée et stylisée, agit de de manière incomplète sur le spectateur et que, en définitive, l'exercice de style peut laisser indifférent, voire agacer. Comme toutes les formes de romantisme, le film de von Trier n'est pas sans produire un caractère factice et excessif. Surtout, sa mise en scène est parfois irritante avec ses mouvements brusques de caméra, tel un film tourné au caméscope. Même si c'est la sensation recherchée, pour plus de réalisme, par le cinéaste. Enfin, on se souviendra de la remarquable performance d'Emily Watson et de son extraordinaire et enfantine physionomie. L'actrice est pour beaucoup dans le talent indéniable du film.
Ne découvrant ce film qu’en début d’année 2015, je ne peux m’empêcher de repenser au très beau « Philomena » de Stephen Frears face à ce pourtant bien plus radical « Breaking The Waves ». La parenté se situe au niveau de la thématique religieuse et de la construction des personnages. C’est simple : d’un côté il y a une communauté religieuse enfermée dans ses dogmes et isolée du reste du monde ; de l’autre, une figure féminine innocente, à qui arrive tous les malheurs, et qui pourtant reste digne jusqu’au bout, incarnant justement une forme de foi véritable. Ce double regard sur la foi m’a fort parlé dans les deux films. Je trouve que le cinéaste danois arrive à dépasser la simple opposition entre la religion « dogme » et la religion « foi intérieure » avec cette figure de Bess qui contient les deux en elle. Au final, ce n’est pas tant de savoir en quel Dieu croit Bess qui importe : selon moi, l’essentiel ici c’est la croyance en elle-même, cette croyance qui permet de se dépasser et de trouver en soi une force, voire une transcendance. Bess, Philomena, ces héroines qui aiment malgré toutes les emmerdes, tous les sacrifices, peuvent difficilement laisser indifférent. Cependant, j’avoue préférer la version légère et comique de Frears à la tragédie perverse de Von Trier. Je trouve surtout que ce dernier se perd dans des longueurs inutiles et des scènes de cruauté poussées un peu trop loin à mon goût (toute la partie sexuelle, pour aller droit au but). Mais reste néanmoins une expérience formelle intéressante : j’ai adoré les pauses lyriques entre les chapitres qui nous font épouser quelques instants l’état d’esprit de Bess, sublimes paysages sur fond de musique « profanes » d’autant plus puissantes que le reste du film en est dépourvu. Pour le reste, la caméra à l’épaule est efficace, sans révolutionner le genre ; j’ai aussi noté quelques beaux regards caméra d’Emily Watson (superbe, comme souvent chez Von Trier). Et puis bien sûr ce plan final est aussi beau qu’inattendu. C’est après Dogville mon film préféré du cinéaste danois.
Premier opus de la trilogie "Cœur d'or", bien avant Les Idiots (1998) & Dancer in the Dark (2000), avec Breaking the Waves (1996), Lars von Trier déstabilise et frappe les esprits, avec son oeuvre résolument intrigante et dérangeante. En plein coeur de l'Ecosse, au sein d'une communauté austère et religieuse, une jeune femme naïve et pieuse se marie avec un homme plus âgé qu'elle. Un mariage mal vu par son entourage, mais l'amour rend aveugle et le bonheur est omniprésent, enfin, jusqu'à ce que son mari soit victime d'un accident sur son lieu de travail. Paralysé et alité nuit & jour, Bess sombre peu à peu dans la démence. Communiquant sans cesse avec Dieu, c'est une véritable descente en enfer auquel elle va devoir faire face, entre la folie, le sacrifice et le sexe, Bess nous dévoile un tout autre visage, causé par une histoire d'amour poussée à l'extrême (et destructrice). Lars von Trier surprend une fois de plus, avec une histoire marquante et dérangeante, mise en scène sous forme de chapitre, tel un roman, le drame (de 150 minutes) nous retient en haleine tout au long, et ce, sans temps mort. Essentiellement grâce aux prestations démesurées des acteurs (Emily Watson, véritablement impressionnante face à Stellan Skarsgard). Récompensé à Cannes par un Grand Prix en 1996, l'année suivante, il fut couronné du César du Meilleur Film Etranger.