Quand on sait que le film est adapté d’un livre lui-même écrit sur la base d’une histoire vraie, le sentiment que l’on a est plus fort. J’ai vraiment aimé l’acteur noir qui veut dresser le chien. Son plaidoyer est un hommage est aux violences racistes. Parfois on ne comprend pas la naïveté du directeur de l’arche qui disant lui-même au début du film qu’on ne pouvait rien faire!!! La musique est aussi une réussite
Dernier film US du grand S. Fuller et comme trop souvent, il s'avéra incompris et saccagé par le studio (dans le cas présent, la Paramount). Reprenant à son compte un roman de R. Gary, Fuller signe une apologie anti-raciste d'une grande puissance, prenant son temps pour installer son contexte mais ne rechignant pas à montrer de manière frontale les attaques de son serial killer canin. Il en résulte un film fort, qui frappe tel un coup e poing à l'estomac et qui ne laisse pas vraiment indifférent. Le passage sur la rééducation du chien est bouleversante sans oublier le dernier 1/4 d'heure, véritable décharge d'émotions brutes. Abusant parfois des ralentis, Fuller s'en sert admirablement, appuyé en cela par la partition de Morricone. Un grand film d'un grand metteur en scène, aux propos forts et portés par des acteurs convaincants. D'autres critiques sur
Réalisé par Samuel Fuller et sorti en 1982, je n'attendais pas grand-chose de cette adaptation du roman "Chien blanc" de Romain Gary et m'y suis intéressé car j'ai vu qu'une seconde adaptation allait sortir en France en 2024 (mais est déjà sortie en 2022 au Canada). Bref, si l'histoire, ou plutôt le synopsis, ne m'attirait pas tant que ça, j'ai finalement très vite été pris par l'intrigue qui s'avère être passionnante ! Un soir, une jeune femme trouve un berger allemand et décide de le garder. Mais elle ne se doute pas que c'est un chien blanc. Alors, avant de voir le film (parce-que je n'ai pas lu le roman) je ne connaissais pas le terme et ne savais même pas que ça existait mais un chien blanc, pour la faire courte, est un chien entrainé par des Blancs pour attaquer les Noirs. Alors le chien n'est évidemment pas raciste, c'est d'ailleurs une question très vite écartée du film (mais qui a tout de même le mérite qu'on la pose) mais associe la couleur de peau des Noirs au mal et à la méfiance puisque le chien a été maltraité par ces derniers étant encore un chiot pour justement devenir un chien blanc. Bref, la jeune femme ne pouvant se résigner à le tuer essaye de le dresser - ou plutôt le dé-dresser - pour ne plus qu'il attaque les Noirs. Et c'est dans un pseudo par-zoologique dans lequel deux hommes, dont un Noir donc, dressent des animaux pour le cinéma que le chien va être amené. Une histoire pas très fun donc mais qui est vraiment passionnante dans son sous-texte à peine voilé ; celui du racisme évidemment mais, plus important encore, de la haine de manière générale. J'ai de plus trouvé le film passionnant dans le thème du dressage, on est vraiment happé par tous ces moyens que le dresseur met en place pour soigner le chien et puis certaines scènes sont réellement prenantes. Concernant les acteurs, nous retiendrons surtout Kristy McNichol et Paul Winfield qui jouent très bien. "Dressé pour tueur" est donc une très bonne surprise, tout droit sortie des années 80 !
un film de chien bien différent des comédies comme Beethoven. ce film raconte l'histoire d'un chien raciste dit, qui est dressé pour tuer les noirs, "blanc" qui se dresser par un homme justement noir, Paul Winfield (Terminator), qui essaye de le guérir, de mettre un terme au nombreux Chien Blanc qui croiseraient son chemin. Un film très dure, violent, dérangeant. et qui aboutit à un final inattendu.
Sous la pression de la NAACP (« Association Nationale pour l’Avancement des Personnes de Couleur ») la Paramount n’eut pas les tripes pour offrir une sortie nationale à « White Dog » considéré comme une chef d’œuvre par les critiques européens, France en tête (où le film est sorti en premier). En effet l’honorable commission menaçait la Paramount de représailles car, selon eux, ce film promouvait des propos et pensées racistes vis à vis des gens de couleurs. Au vu du film ce harcèlement, sans doute le fait d’un groupe de magistrats aussi zélés que surexcités, paraît complètement inique, sauf à considérer les gens bêtes et méchants comme une espèce colorée (peut être celle qui est rose avec des étoiles vertes). Car c’est bien de la crétinerie avancée qui est condamnée dans ce film. Le roman de Romain Gary part de faits réels vécus par le couple lorsqu’ils vivaient en Californie, Jean Seberg ayant récupéré un chien abandonné qui semblait doux et pacifique mais qui s’avéra être un chien blanc. La Paramount qui acheta les droits, confia la réalisation à Samuel Fuller qui adapta le roman avec son ami Curtis Hanson (futur réalisateur de L.A. Confidential). Le film dépasse rapidement le simple thriller aux effets sanguinolents et de ce point de vue il est assez en retrait par rapport à ce que le cinéma américain venait de livrer la décennie précédente, avec par exemple, « Massacre à la tronçonneuse » ou « La colline a des yeux » pour ne citer que les plus connus. La scène sans doute la plus violente (du moins moralement) est celle de la boite de chocolats, qui résume la révolte de l’héroïne face à la destruction de l’humanité. En s’attachant essentiellement à cette humanité avec la présentation de toutes les victimes, y compris ce brave chien transformé en tueur par des abrutis racistes, le cinéaste nous amène vers un final qui révèle son profond pessimisme. La violence est une voie meurtrière, sans espoir de retour car sans espoir dans l’homme, ni dans la religion. Une des séquences chocs du film s’achève sur un vitrail représentant Saint François d’Assise entouré de ses animaux, qui indépendamment de sa qualité picturale, est révélatrice de cette faillite morale totale. Avec sa brutalité cash, son sens du découpage et une direction d’acteur de grande qualité (Kristy McNichol, Paul Winfield dans leur meilleur rôle) le réalisateur est soutenu par une partition juste et magnifique d’Ennio Morricone (recommandé par son épouse Christa Lang, qui tient le rôle de l’infirmière chez le vétérinaire), accompagnant un déroulé qui passe d’un classicisme très sobre au baroque foisonnant. Enfin, la camera de Bruce Surteess illustre parfaitement des échappées qui reviennent irrémédiablement dans une arène. Un grand film qui est aujourd’hui édité en numérique chez le prestigieux Criterion.
Julie (Christy McNichol) percute un berger allemand sur une route de Los Angeles. Elle le soigne, le recueille et s'y attache. Mais elle comprend bientôt que l'animal est dangereux, qui a été dressé pour attaquer les hommes noirs. Avec l'aide de Keys (Paul Winfield), un dresseur afro-américain, Julie va entreprendre la rééducation de son chien.
"C'était un chien gris..." C'est par ces mots que commence "Chien blanc", le livre de Romain Gary publié en 1970. Ce roman autobiographique raconte la vie du prix Goncourt aux États-Unis, son récent mariage avec Jean Seberg, ses rencontres dans le L.A. huppé où il croise Marlon Brando et les leaders du NAACP.
L'adaptation qu'en fait Samuel Fuller n'y a pas grand chose à voir, qui a pour héros un berger allemand - cinq furent en fait utilisés pendant le tournage - blanc comme neige. À se demander même si le vieux réalisateur, gloire déchue du Hollywood des années cinquante, a lu le livre de Gary. Il n'en retient qu'une facette : l'histoire de ce chien dressé depuis son plus jeune âge à attaquer les humains à peau noire.
Le film est construit en deux parties. La première, particulièrement niaise, met en scène la jeune Julie et son chien. Aussi mignonne soit-elle, Christy McNichol, qui d'ailleurs ne fit pas carrière, est calamiteuse qui passe son temps à faire des mamours à son chien, lequel retrousse les babines voire saute sauvagement à la gorge de tous les Noirs qu'il croise. Une fois que la donzelle, la larme à l’œil, a compris quel monstre elle a recueilli sous son toit commence la seconde partie : celle de la rééducation. C'est l'occasion des meilleures scènes du film.
Samuel Fuller ne s'embarrasse pas de longs discours. Il donne à voir sans donner à penser. Derrière la rééducation de ce chien assassin, conditionné à attaquer les hommes de couleur, c'est le procès de l'Amérique raciste, sinon celui de la condition humaine, que Gary intentait posant des questions autrement existentielles : le racisme est-il inné ou acquis ? peut-on l'inoculer ? peut-on en guérir ? Pareil questionnement n'est pas dans les habitudes du cinéma coup-de-poing de Samuel Fuller.
On imagine sans surprise un épilogue convenu qui verrait le gros toutou enfin guéri lécher copieusement les joues de Julie tombée entretemps amoureuse de son beau et noir dresseur. Mais à rebours du happy end attendu, Samuel Fuller a la bonne idée de respecter celui de Romain Gary.
L’Intrigue : Le film débute avec un chien blanc, dressé par son précédent propriétaire pour attaquer les personnes de couleur. Après avoir été renversé par une voiture, le chien est sauvé et recueilli par Julie (Kristy McNichol). Consciente de la programmation violente dont l'animal a été victime, Julie entreprend un défi monumental : celui de lui enseigner l'amour et la confiance, malgré les démons du passé qui persistent. La relation entre Julie et le chien devient un symbole puissant du pouvoir de la réhabilitation et du changement, tout en mettant en lumière les tensions raciales sous-jacentes de l'époque.
Image : La réalisation de Samuel Fuller se distingue par une approche visuelle brute et directe. La photographie du film, souvent marquée par des contrastes forts et des angles dynamiques, accentue l'intensité émotionnelle de l'histoire. Les scènes de violence sont filmées avec un réalisme brutal qui renforce l'impact des thèmes explorés. En revanche, les moments de tendresse entre Julie et le chien sont capturés avec une douceur visuelle, offrant un contraste saisissant avec les scènes plus sombres et conflictuelles.
Son : La bande-son de "Dressé pour Tuer", joue un rôle crucial dans la création d'une atmosphère immersive et émotive. La musique, souvent mélancolique et poignante, accentue les moments de tension et de rédemption. Les effets sonores, notamment les bruits de la ville, les grognements du chien et les cris, sont utilisés de manière efficace pour renforcer la tension dramatique et l'impact des scènes clés.
Performances : Kristy McNichol, dans le rôle de Julie, offre une performance émotive et convaincante, incarnant à la fois la compassion et la détermination dans son effort pour réhabiliter le chien. Paul Winfield, en tant que personnage clé du récit, ajoute une profondeur et une autorité qui enrichissent l'intrigue. Bob Minor, dans un rôle de soutien, contribue également à l’intensité du film avec une présence dynamique et mémorable.
En Conclusion : "Dressé pour Tuer" est un film qui aborde des sujets lourds et importants avec la puissance et la sensibilité caractéristiques de Samuel Fuller. Grâce à une direction artistique percutante, une bande-son émotionnelle et des performances authentiques, le film offre une réflexion poignante sur la violence, la haine et la possibilité de rédemption. C'est une œuvre cinématographique qui continue de résonner par sa pertinence et sa force émotionnelle, faisant de chaque scène un témoignage de la lutte contre la haine et la violence.
Adaptant un roman de Romain Gary, Samuel Fuller réalise ici un film troublant qui dénonce le racisme et la bêtise humaine. En effet, Julie trouve un chien et le recueille chez elle pour se rendre compte par la suite que l'animal a été dressé pour attaquer les personnes de couleur noire... Le cinéaste, qui a souvent dénoncé la violence, le fait ici à travers le chien, montrant que la connerie humaine ne se limite pas qu'à eux mais à leurs animaux qui n'ont rien demandé. Sans être le meilleur film de son réalisateur, "Dressé pour tuer" est très intéressant notamment quand un dresseur Noir tente de "guérir" le chien de son racisme. Mais peut-on guérir le racisme et la violence qu'il engendre ? C'est une question intelligente qui ne peut laisser indifférent et qui démontre une nouvelle fois le talent de Fuller.
En s’inspirant du livre "Chien Blanc" de Romain Gary, Samuel Fuller (Le port de la drogue - 1953) nous livre un impressionnant thriller où il est question d’un chien blanc, qui après s’être fait renverser par une voiture, est recueillie par une jeune femme. Cette dernière découvrira bien après que ce chien en apparence innocent, a en réalité été dressé par des racistes pour s’attaquer à mort aux afro-américains. Elle tentera de le sauver en le confiant à un centre de dressage dont l’éducateur animalier est… noir.
Hélas, le film n’a pas eu la chance de connaître une véritable exploitation en salles, le film bénéficiera d’une sortie technique aux States (durant le tournage, des rumeurs circulaient sur les mauvaises intentions que pouvaient véhiculer le film). Le distributeur de l’époque (la Paramount) a préféré garder le film sous silence, jusqu’à sa sortie en DVD en 2008. Le garder au fond d’un tiroir aura été une grossière erreur, ce film avait tant à dire sur le racisme (alors qu’à la même époque, bon nombre de films violents inondait le marché de la vidéo).
Dressé pour tuer (1982) est au final un terrifiant brûlot sur le racisme, où le meilleur amis de l’homme se retrouve transformé en machine à tuer, guider par sa haine envers les noirs. D’une froideur et d’une extrême noirceur, le tout, magnifié par la B.O. d’Ennio Morricone. On ne regrettera qu’une chose, que ce film soit resté confidentiel pendant d’aussi nombreuses années, il aurait assurément mérité d’être vu par le plus grand nombre.
A partir de quelques lignes d'un roman de Romain Gary, Samuel Fuller signe un drame puissant et effrayant, qui évoque le racisme de manière métaphorique.
Un curieux film que voilà. Julie, une jeune comédienne renverse un joli chien blanc, qu'elle finit par recueillir chez elle. Elle réalise progressivement que les maîtres du chien l'ont dressé dès sa naissance pour tuer des Noirs. Elle n'a dès lors qu'un seul but, le "reprogrammer"... Réalisée avec peu de moyens, cette œuvre bénéficie pourtant d'une mise en scène efficace, avec une utilisation optimale de l'animal. Véritable personnage principal, le chien est convaincant aussi bien en tant que bête enragée qu'en gentil toutou. Il faut dire que pas moins de cinq chiens au total ont été nécessaires pour tourner les différentes scènes ! Assumant son antiracisme, le film offre à Julie de dire ses quatre vérités au maître du chien, venu sans vergogne récupérer son chien blanc ! La maîtrise de l'instinct animal, si difficile pour l'Homme, fait sans cesse osciller le récit entre l'espoir et le fatalisme jusqu'à la dernière scène, que je vous laisse découvrir.
"White Dog" m'a laissé une impression assez partagée. Le concept de base est audacieux et intrigue, avec ce chien dressé pour attaquer les personnes noires, ce qui donne un cadre fort pour explorer des thèmes de racisme et de manipulation. Cependant, malgré sa profondeur potentielle, je trouve que le film peine à vraiment creuser ces sujets. L’histoire aurait pu être plus percutante et nuancée, mais le rythme m’a parfois paru un peu trop lent. Le chien, par contre, est incontestablement beau et imposant, ce qui apporte une certaine intensité aux scènes. L'idée de rééducation du chien est intéressante, mais j'ai eu du mal à m'investir pleinement dans l'ensemble de l'intrigue.
À l'origine, il y a un roman autobiographique de Romain Gary, Chien blanc, qui évoque entre autres une histoire arrivée à Jean Seberg, la compagne de l'écrivain. Le scénario du film (cosigné par Samuel Fuller et Curtis Hanson, le futur réalisateur de La Main sur le berceau, L.A. Confidential…) focalise sur cette histoire qui permet d'aborder le thème du racisme par un prisme original : le cas d'un chien dressé pour tuer des Noirs. Un "white dog", comme on dit aux États-Unis. Une arme raciste à quatre pattes. La question du film : si l'on apprend le racisme, peut-on le désapprendre ? Et peut-on désapprendre la violence ? Fuller, à la réalisation, développe cette question à sa manière, directe, rude et néanmoins émouvante. Si l'on peut regretter une technique pas toujours fignolée (la postsynchronisation des voix des acteurs), des effets de style appuyés et une musique (signée Morricone) pas légère-légère, on est cependant capté par cette histoire troublante, tendue et très efficacement conduite. Le film avait été bêtement accusé de violence raciste à son époque, par des gens qui n'avaient pas dû le voir… car cette réflexion forte et amère porte justement sur l'antidote de ce poison.
Le titre de la VF ne fait pas mystère du sujet et Samuel Fuller, d'entrée, installe une atmosphère inquiétante par une mise en scène insidieuse, trop doucereuse pour n'être pas sans sursauts. Mais le réalisateur ne donne pas dans l'épouvante ou dans un suspense artificiel. Et, s'il laisse échapper quelques moments de violence gore, ce ne sont que les strictes illustrations du sujet. Personnage à part entière parce que le sujet ne porte, en définitive, que sur lui et sur son ambivalence, le chien blanc séduit par sa beauté et sa force en même temps qu'il fait peur par son comportement agressif et vicié. Fuller ne tarde pas à démontrer que l'animal est le produit d'un dressage motivé par la haine, dont on apprendra plus tard, de façon anecdotique, de qui il provient, en l'occurence d'unspoiler: retraité bon chic bon genre.
Pour autant, le cinéaste soutient moins une thèse qu'il n'évoque un fait divers de façon plutôt prosaïque. Le film raconte les méfaits du chien blanc et la tentative désespérée de reconditionnement par un nouveau dresseur. Le ton est grave et dénué d'un quelconque sentimentalisme, en dépit que l'animal figure la victime expiatoire d'une humanité ordinaire et sinistre.