Dressé pour tuer
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beautifulfreak
beautifulfreak

130 abonnés 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 juin 2014
Pendant longtemps les producteurs ont voulu faire de cette histoire une simple série B horrifique avec un gros chien montrant ses crocs (blancs), alors que cette dénonciation du conditionnement raciste - tirée du génial bouquin de Romain Gary ("Chien Blanc", à lire absolument) - est bien plus profonde. "Le racisme est-il une maladie mentale incurable ou un comportement acquis, susceptible d'être soigné ?" C'est sur la base de ce questionnement philosophique que s'articule le film, censuré à l'époque par des mal-comprenants, qui jugèrent avant de voir et de savoir. Fuller envoya promener les associations qui voulaient surveiller le tournage pour voir si le film n'était pas raciste. "White Dog" connut hélas la censure à cause de sa mauvaise réputation non fondée. C'est bien au contraire un film émouvant et humaniste fustigeant la haine et le besoin de corrompre l'innocence, un film bouleversant - avec ses défauts et sa sincérité - qu'il est temps de redécouvrir.
Akamaru

3 503 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 janvier 2014
Samuel Fuller a toujours vilipendé la supériorité américaine et son infernale arrogance. L'ambiguïté de son discours rend chacun de ses films passionnants et singuliers,sous leurs atours de genre. A première vue,"Dressé pour tuer"(1982) est une série B coriace et irrationnelle,sur un berger allemand blanc,très doux en apparence,tueur sanglant à l'occasion. Une jeune actrice vivant sur les collines hollywoodiennes,le recueille,l'éduquer,avant de s'apercevoir avec effroi de ses penchants. La polémique intervient lorsqu'on s'aperçoit que l'animal ne tue que les hommes noirs... Métaphore imparable du racisme crasseux,le film montre que la sauvagerie des hommes et des bêtes ont des traits communs. Dans une scène indicible,on voit que le mal peut porter le visage le plus innocent possible. Impossible d'oublier toute la séquence de dressage en cage. L'image du chien blanc ensanglanté est la meilleure idée de Fuller. Si l'interprétation laisse à désirer,elle n'empêche pas la terreur de s'installer,baignée dans la mélancolie tenace de la BO d'Ennio Morricone. Surprenant,ludique et intelligent.
gimliamideselfes

3 430 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2016
Ce film est un peu l'exemple de ce que devrait être un éventuel cinéma "antiraciste", c'est-à-dire un cinéma qui est certes radical, mais qui ne va pas faire la morale de manière larmoyante et qui ne va jamais sacrifier un premier degré vraiment intense au profit d'un certain message bienpensant.

Parce que White Dog est vraiment un film intense, avec de vrais moments de spectacle, où la musique (ou son absence), la mise en scène, l'utilisation du ralenti, les acteurs, tout est là pour que tu ressentes cette tension jusqu'à qu'elle devienne limite insoutenable.

C'est donc l'histoire d'un chien qui attache les noirs qui est recueilli par une jeune comédienne qui a décidé que porter des soutifs c'est tellement 70's. Et le reproche que j'aurais à faire au film est là, c'est limite trop beau pour être vrai, on sent que c'est du cinéma dans la mécanique d'écriture. Parce que ce chien va la sauver d'un violeur dès les premières minutes du film, donc forcément elle s'attache à lui. Ce qui explique donc pourquoi elle garde son chien qui attaque les noirs et veut tout faire pour le guérir. Bon après c'est du détail.

Mais pour moi la vraie qualité du film est comme je l'ai dit son intensité, cette façon que peut avoir Fuller pour que tu vibres, que tu ne saches pas ce qui va passer, que tu aies toujours ce doute en tête de que va faire le chien, est-il entrain de guérir ? Ne va-t-il pas arracher la tête du premier venu ? Et ça fonctionne d'autant mieux que Fuller utilise tout son talent de metteur en scène pour le faire, mais il le distille avec parcimonie, ce qui a pour effets de rendre l'attaque, le doute, encore plus violent.

J'aime me poser la question lorsqu'on voit ce chien courir et que l'on ne peut pas différencier s'il attaque ou s'il vient juste faire câlin, parce qu'on a ce doute. Et le doute je trouve ça formidable, ça veut dire qu'on est face à l'inconnu, que moi spectateur, pour une fois, ne sait pas ce qui va arriver. Forcément voir ça, ça prend aux tripes.

Quant au message antiraciste, il n'est jamais lourd et ceci malgré que le film soit assez manichéen (d'un côté les bons pas racistes et de l'autre les méchants raciste). Il n'est pas lourd parce que le film ne montre pas un type être un salaud, mais les conséquences de son inhumanité, de sa cruauté, qui l'ont poussées à créer quelque chose de totalement absurde et dévastateur. Parce que ni le chien ne mérite de se faire abrutir de la sorte, ni le noir ne mérite de se faire déchiqueter (la puissance du hors champ).

J'ai cependant peut-être préféré Shock Corridor, mais ce film là n'est pas en reste.
chrischambers86

16 163 abonnés 13 115 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2018
C'est avec une grande finesse que Samuel Fuller èvoque, dans ce film anti-raciste, la surprise qui attend une jeune femme quand elle dècouvre que le chien qu'elle a recueilli a ètè dressè pour s'attaquer aux Noirs! Adaptation du roman quasi-autobiographique de Romain Gary, "White Dog" est ambigu d'un bout à l'autre, tout comme l'anticommunisme primaire (d'ailleurs bien attènuè depuis) de certains films de Fuller qui avait suscitè jadis de nombreux malentendus et masquè le talent exceptionnel du cinèaste. "White Dog" n'est peut-être pas un chef d'oeuvre mais le plus important ici, c’est que Fuller nous fait savoir que par le mal de l'homme, les êtres vivants autre que l'homme (le chien ici) peuvent aussi être victime de leur supèrioritè! Une petite rèhabilitation s'impose...
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 novembre 2016
"White Dog" est la réponse de Samuel Fuller à tous les films académico-didactiques sur le racisme. Aucune leçon d'histoire dans cette apparente Série B efficace mais une expérimentation d'une lutte contre le racisme avec pour objet principal un chien, qui va devoir être redressé afin de ne plus attaquer la peau noire. Celle-ci n'est pas, pour l'animal, attaquable d'un point de vue racial mais d'un point de vue visuel, ce qui ne fait, au final, aucune différence. Car ce qui reste, c'est encore cette cruauté inacceptable du noir persécuté, cible d'autant plus menacée que sa simple présence enclenche ici un réflexe pour l'animal. Les moments où le chien attaque sa proie sont d'ailleurs d'une violence sèche et débouchent sur un constat d'échec amer, incarné dans la scène de l'église avec ce gros plan déchirant sur le visage défait de Keys et dans un final qui ne sonne en aucun cas comme un coup de force scénaristique mais qui avait été préparé lors d'un moment où étaient expliqués les risques de cette tentative de redressement. Magnifique film révolté qui ne cesse de questionner les possibilités de lutter face à l'horreur raciste, "White Dog" tire sa force réflexive de choix formels abstraits, composés entre autres de ralentis et de la musique d'Ennio Morricone. Après cette image des larmes de Keys dans l'église, la caméra se pose sur un vitrail représentant Dieu entouré d'animaux : le Créateur se serait-il trompé ? Ne serions-nous pas tous égaux ? Un problème apparemment posé de façon simpliste mais qui trouve sa pertinence dans un refus de faire du chien l'unique coupable, car Fuller garde à l'idée que le racisme de l'animal a été inculqué. C'est donc une ouverture sur la question de l'origine et de la transmission du Mal que propose "White Dog", idée large et complexe qui émerge grâce à une mise en scène hétéroclite et à une écriture qui refuse tout sens explicatif. Un film important, d'une intelligence rare.
Roub E.

1 306 abonnés 5 366 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juillet 2016
Film cherchant à comprendre les mécanismes du racisme et à le dénoncer, "dressé pour tuer" s attaque à se thème d un point de vue original. Le racisme n'est pas quelque chose d inné mais le fruit d un conditionnement voir d un endoctrinement. Mais le film montre aussi avec les scènes de dressage la difficulté une fois que les idées sont ancrées de les combattre. Du point de vue de la réflection le film est remarquable, bravo aussi aux dresseurs des différents chiens qui ont servi au tournage du film car le chien est vraiment un personnage à par entière du film. La musique de Morricone est une réussite malheureusement elle est trop présente et vampirise par moment le film. Dommage aussi que certains ressorts du scénario paraissent un peu trop gros (comme le fait que le chien ne soit pas abattu alors qu'on sait qu'il a tué); mais malgré cela c'est un film que je recommande vivement.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 janvier 2015
Le chien blanc serait-il la métaphore la mieux choisie pour décrire ces esprits fragiles, ces innocentes oies blanches victimes de trafiquants d'âmes, de vendeurs de haine à la sauvette... Naît-on violent, haineux ou le devient-on ? Puis quand le mal est fait, toute rédemption est-elle encore chose possible ? A défaut de rédemption, une rémission est-elle envisageable ? Des questions maintes fois soulevées chez Stanley Kubrick dans des films bien plus amples, bien plus forts que celui-ci. car White Dog (Dressé pour tuer) n'est certes pas un grand film, il n'est pas non plus très sympathique, il souffre de mille défauts liés aux stigmates de l'époque à laquelle il est tourné, lié à son statut assumé de série B assez quelconque côté traitement visuel, mais voilà, c'est Samuel Fuller et cela reste un sujet passionnant qui sur le plan métaphorique n'a rien à envier aux grandes réflexions philosophiques sur la violence innée ou acquise, sur la civilisation, vernis ou instinct grégaire pensé par les hommes, sur l'endoctrinement, manifestation de la loi du plus fort déjà présente dans la nature ou perversion 100% made in l'Homme... Un film qui dérange et fait réfléchir. Rien que pour cela, il faut le redécouvrir.
dagrey1
dagrey1

107 abonnés 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 mai 2014
Réalisé par Samuel Fuller en 1980," white dog" est un excellent film qui traite de la rencontre d'un berger allemand trouvé par une apprentie actrice et de la tentative de ré éducation de cet animal dressé pour tuer les personnes de couleur. Le film explique les origines du phénomène et montre toute l'énergie des protagonistes pour essayer d'influencer le cours du destin. Film d'action mais également réflexion sur le racisme et le genre animal, ce film tourné dans la région ensoleillée de Los Angeles dans les années 80 a, de plus, un petit parfum de nostalgie qui personnellement m'a beaucoup plu.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 6 mars 2015
D'après l’œuvre littéraire aux faits réelle sanglant et horrifiant de Romain Gary , Dresser pour tué fait figure d'une éprouvante histoire de racisme comme j'en n'avais encore jamais vue ! La représentation de se chien c'est faite délicatement et avec beaucoup d'attention que nous sommes obliger d'être sous le charme , pourtant le réalisateur décide de nous mettre en garde mais en restant dans un flous très soigneusement joué , ceci ne fut qu'un temps avant de découvrir l'animal sauvage qui se cachais dernière ce chiens si beau et protecteur a nos yeux !

On assiste donc à d’effroyable scènes d'attaques , une très belle démonstration de compréhension entre l'homme et l'animal sans pour autant en devenir la même histoire splendide que notre film français " Belle et Sébastien " . On reste dans quelque chose d'absolument froid et ferme jusqu'au bout , le spectateur reste craintif jusqu'au bout , on s'attend a tout un ta de rebondissement , le chien garde toute sa domination malgré tout et c'est se qui fait la force et l'admiration de se film , rien n'est lâcher , c'est vraiment spectaculaire !!

Nos acteur sont incroyable , Kristy McNichol nous donne envie d'y croire , elle tiens tête et nous persuade de l'impossible , pourtant elle n'est qu'un petit bout de femme . Paul Winfield est tout autant perceptif , nous comprenons sans hésitation qu'il va rendre l'histoire fabuleuse et poignante et il nous en donne même plus que se l'on n'en attendais , il était merveilleux . Convaincu que se chien est plus qu'un animal a guérir , il s'embarque dans un combat personnelle dans la lutte du racisme et espère trouver au bout de cette lutte l'espoir , la preuve qu'un jour cette haine ne sois plus !

Samuel Fuller donne de l'amour dans ces scène et n'hésite pas a nous refroidir dans les scène d'attaque , c'est une sorte de trahisons sentimental qui se dissimule dans ce film , il nous met en garde et laisse se sentiments amère a la fin d'une mission accomplis mais dans un dernier regard toute culpabilité et désolation se fait ressentir . C'est une belle leçon sur la vie qui nous laisse le cœur en berne , c'est fous comme se film est beau et terrifiant a la fois !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 mars 2008
Ce film montre également la bétise humaine dans toute sa splendeur en faisant d'un chien un tueur. Etant moi même dans le milieu du chien il y a deux dictonsi sont significatifs : Montre moi ton chien je te dirais qui tu es ! ET : Il n'y a pas de mauvais chiens, il n'y a que de mauvais maîtres...
Et c'est tellement vrai !!!!!
Ce film est magnifique, dommage qu'il ne sorte pas en DVD.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Une somptueuse fable sur le racisme. En adaptant Romain gary, Samuel Fuller nous montre comment réaliser un bon film intelligent et passionnant. Avec une musique envoûtante de Morricone, Dressé pour tuer est un chef d'oeuvre d'émotion sans temps mort. Un film humain qui fait longuement réfléchir sur le racisme.
Yannickcinéphile

2 879 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 octobre 2016
Dressé pour tuer est un film classé dans le genre horrifique par allocine, mais ce n’est pas vraiment le cas en fait. C’est plus un film dramatique, et il ne faut donc pas s’attendre à une sorte de Cujo, ce qu’avec Samuel Fuller on pouvait attendre en fait.
Si ma première incursion dans le cinéma du réalisateur m’avait vraiment déplu, ici Fuller livre un film bien plus propre, séduisant surtout par sa simplicité finalement.
Le scénario est assez consistant, avec un aspect divertissant qui n’est pas sacrifié sur l’autel du message social. Car évidemment, sans surprise, le film livre un message social, cherchant à dénoncer le racisme. Je pensais que cette dimension serait assez envahissante, et vu le sujet du film plus que lourdingue, mais finalement ça passe bien, c’est là sans être pénible et moralisateur. Le film est court, bien rythmé, doté d’une fin attendue mais assez logique, il y a quelques redondances et quelques passages qui en font un peu trop dans la surenchère, mais Dressé pour tuer évite le piège de la facilité et du manichéisme caricatural, et ça je dois dire que je ne l’attendais pas.
Le casting est bon, avec une Kristy McNichol excellente face à un Paul Winfield qui frappe fort. Indéniablement sans ses acteurs le film ne serait pas aussi bon ! McNichol livre une prestation sobre mais elle rend bien les troubles de son personnage, les émotions qui la traverse, tandis que Paul Winfield, s’il n’échappe pas toujours à l’aspect un peu caricatural de son personnage se débrouille réellement bien. A noter aussi la qualité des seconds rôles, spécialement un très bon Burt Ives, rôle assez subtil auquel il apporte du charisme et un jeu très alerte.
Sur la forme Fuller ne fait pas preuve d’un grand sens de l’esthétique. J’ai le sentiment qu’il est avant tout un bon technicien mais il n’a pas un grand sens plastique. La mise en scène est correcte mais pas exceptionnelle, les décors ne sont pas très bien exploités. Il y a quelques beaux passages, mais Dressé pour tuer dégage trop cette impression de film techniquement propre mais sans grande recherche de singularité, de style, sans une grande volonté de retenir l’attention par des effets travaillés. Ce dépouillement est sûrement voulu, mais c’est dommage de ne pas avoir cherché à accentuer davantage les émotions, les sentiments, si ce n’est lors d’un final qui est probablement le meilleur passage en terme de réalisation, avec pour le coup une vraie dramatisation. A noter une bande son bien faite, bien ancré sur les événements du film pour le coup, et quelques scènes assez violentes qui ont sans doute justifier le classement horreur de ce film.
Dressé pour tuer est à mon sens un bon film, qui mérite le visionnage, même si ce n’est pas forcément un film très séduisant. Il ne faut pas s’attendre à un Cujo bis, ici c’est un film dramatique qui aborde le sujet des chiens dangereux de façon réaliste, avec un arrière propos sur le racisme. Un film qui me réconcilie avec Fuller. 3.5
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 janvier 2009
Ce film, est une superbe realisation, je l'avait regardé beaucoup plus jeune, et il m'avait enormement touché.
L'histoire elle même est tres emouvante,
Car se servir d'un animal, pour assouvir sa haine contre certaines personne est un acte de pure violence gratuite.
Je remercie le réalisateur, de faire voir aux gens, a quel point, certaines personnes, peuvent etre lâches au point de se servir d'un chien, qui est à la base sans défense.
Les acteurs ont jouer leur role avec tellement de convictions, que s'en était touchant.
Et la musique est tellement sublime, que cela rend le film encore plus emouvant,
Encore un grand merci, pour ce chef d'oeuvre
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 3 janvier 2017
Un beau berger allemand tout blanc est recueilli par une petite nana un peu bath, un berger étrangement conditionné pour bouffer les tous les Noirs qu'il voit, car comme nous l'apprend le dresseur, il était assez usuel à une époque assez lointaine de dénicher les esclaves en fuite grâce à ce genre de clébard spécialement dressé !

Ainsi, l'ex-proprio a-t-il apparemment des idées bien arrêtées sur le sujet et surtout une nostalgie qui n'est plus de saison. Mais il se trouve que le dresseur, un homme noir, se fait un devoir de remettre le clébard dans le droit chemin au lieu de le piquer, car même le cabot a le droit à une seconde chance.

A dire vrai, l'histoire n'est pas dénuée d'intérêt ni sa fin d'ailleurs, inattendue et qui ne ne brosse pas le spectateur dans le sens du poil. Le problème, c'est qu'il n'y a pas assez de matière pour en faire un film entier, pas assez d'idées non plus et si le toutou joue considérablement mieux que les acteurs, il ne peut à lui seul sauver un film trop simpliste et rempli d'espace entre deux idées plus ou moins bien développées.

Il évite au moins l'écueil du troupeau bêlant consensuel mais en nous noyant dans une spirale d'ennui rédhibitoire. Dommage.
AMANO JAKU

356 abonnés 797 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2020
Et bien quelle belle surprise : pensant regarder une petite série B horrifique riche en hémoglobine, jamais je n'aurais imaginé me retrouver devant un tel pamphlet anti-racisme ! L'histoire nous présente une jeune femme, Julie, qui roule paisiblement avant de renverser accidentellement un chien. Après l’avoir amené au vétérinaire, elle décide de le garder avec elle en attendant que son propriétaire se manifeste. Affectueux, l’animal se montre néanmoins curieusement agressif avec certaines personnes. Après que son chien ait agressé l’une de ses amies, Julie décide de rencontrer un dresseur professionnel qui va alors faire une terrible découverte…Basé sur un livre dont l'auteur a vécu une situation identique, "Dressé Pour Tuer" nous dévoile le phénomène des « chiens blancs » : il s'agit de chiens dressé spécialement pour n’attaquer que les personnes de couleur noire ; une pratique malheureusement assez répandue dans les états du sud des USA, où le racisme était clairement affiché et revendiqué dans les années 50 à 70. Pour soutenir son récit, Samuel Fuller fait un choix judicieux en nous proposant de vivre l'expérience à travers les yeux d'une jeune actrice en herbe afin de provoquer un véritable électro-choc en confrontant sa naïveté entretenue par la côté superficiel et idyllique du cinéma hollywoodien à la terrible cruauté du monde réel. Le décalage est d'autant plus grand et fort émotionnellement que nous sommes amenés à éprouver de l'empathie envers le brave toutou : lorsqu'il entre dans la vie de la petite Julie, c'est un énorme changement pour cette dernière. En plus d'être un compagnon affectueux, il devient même un protecteur fidèle après l'avoir sauvée d'un viol : Julie n'a plus d'autre envie que de le garder légitimement auprès d'elle. Puis le film bascule dans l'horreur : un premier meurtre qui se déroule dans le dos de la jeune fille, puis d'autres ; Julie ne comprend pas le comportement de son chien. Alors arrive la terrible révélation, tragique réminiscence d’une époque que les USA cherchent encore aujourd’hui à oublier alors que certains individus à la nostalgie malsaine souhaiteraient retrouver : utilisés pour mettre à exécution la haine de leur maître envers ceux qu'on avait finalement affranchis, les chiens blancs apparaissent donc comme des victimes d’un engrenage vicieux. C'est pour cette raison que Keys, le dresseur noir, ne veut rien lâcher : il est persuadé de pouvoir guérir le pauvre toutou de sa « maladie » et ainsi contrer à sa façon la persécution que subissent les gens à la peau noire. Un enjeu symbolique très fort qui rend les séquences de dressage très tendues, voire carrément anxiogènes ; tandis que la caméra de Fuller les rend sublimes en nous proposant des plans impressionnants où l'animal s'élance vers la caméra au ralenti, sa gueule grande ouverte dévoilant sa redoutable dentition, le tout bercé par la mélancolique et troublante musique d’Ennio Morricone : on a là toutes les caractéristiques d’une véritable tragédie. Faux film d’horreur animalier mais vrai réquisitoire contre le racisme et ses conséquences, "Dressé pour Tuer" est un film d’une cohérence peu commune : jamais il ne modère, jamais il ne tombe dans les clichés faciles et jamais il n’est complaisant. Il souligne judicieusement le caractère insidieux du racisme et sa tragique capacité à perdurer au travers des générations : sans en faire des tonnes, le film parvient à nous faire éprouver de la pitié pour un chien qui se jette automatiquement sur des noirs pour les égorger. Un film dramatique et sombre, mais définitivement beau.
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