Dans les années 60, quatre gamins du quartier populaire de Hell's Kitchen à New York sont incarcérés dans une maison de redressement. Onze ans plus tard, deux d’entre eux retrouvent le gardien sadique et tortionnaire et l'abattent froidement…
Terriblement poignant et tragique, ce chef d’oeuvre de Barry Levinson (Rain Man - 1989) n’a rien perdu de sa saveur près de 30ans plus tard. Adapté d’un fait divers (bien que la juridiction de New York démente et ne reconnaisse pas les faits) et basé sur le roman autobiographique (éponyme) de Lorenzo Carcaterra (incarné dans le film par Jason Patric), le film nous replonge dans le quotidien des 60’s, où une bande de jeunes garçons font les 400 coups, jusqu’au jour où, suite à une mauvaise plaisanterie, ils se retrouvent condamnés.
Le film est scindé en deux parties, la première s’intéresse à la jeunesse des 4 protagonistes principaux (ainsi qu’à la communauté environnante, cela va du parrain local en passant par le curé). On les retrouve tous à Hell's Kitchen jusqu’à ce qu'ils finissent à Wilkinson, une maison de redressement pour mineurs où
ils subiront pendant de long mois, divers actes d’humiliations, tortures et surtout, des viols collectifs de la part des gardiens.
La deuxième partie quant à elle nous renvoie près de 15ans plus tard. Les ados ont bien grandi, tous marqués au fer rouge par ce qu’ils ont vécu. Jusqu’au jour où, suite à une rencontre fortuite, ils retrouvent l’un des gardiens... A partir de là, le film prend un tout autre virage et devient un "film judiciaire" avec ses nombreuses scènes au tribunal.
Difficile de rester de marbre face à une telle histoire sordide, qui plus est, lorsqu’elle met en scène d’aussi jeunes personnages. On est rapidement happé au coeur de l’histoire et ce, jusqu’au dénouement final. Si l’on ne ressent pas trop la durée du film (2h30), il est néanmoins pas aisé de faire le lien (physique) entre les personnages principaux ados et lorsqu’ils deviennent adultes (la ressemblance n’est pas évidente pour certains).
Sleepers (1996) nous tient en haleine avec une très grande facilité, grâce à la fois à un scénario et une narration passionnantes, mais aussi et surtout, une excellente distribution où se côtoie Robert De Niro, Dustin Hoffman, Kevin Bacon ou Brad Pitt, chacun parvenant à tirer son épingle du jeu et à nous offrir le meilleur de lui-même.
(critique rédigée en 2007, actualisée en 2025)
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