Adapté d’un roman de Simenon, un drame nostalgique plaisant mais assez mou et sans tension (malgré un début prenant), qui vaut surtout pour son casting étoilé, notamment le dernier rôle émouvant de Simone Signoret.
Je vais vous faire un aveu les mecs : je ne suis pas du tout un adepte de la lecture (c'est un tort, j'en conviens), par conséquent, je n'ai jamais lu le roman de Simenon dont est tirée cette "Etoile du Nord". Je ne peux donc la juger qu'en tant que film et non en tant qu'adaptation. En elle-même, l'histoire ne m'a pas intéressé outre mesure, en revanche, j'ai vraiment adoré la reconstitution du Bruxelles prolétaire (pour ne pas dire pauvre) des années 30. Tout comme j'ai adoré passer deux heures en compagnie de Philippe Noiret et Simone Signoret, avec l'appui de Fanny Cottençon, même si plus le film avance, moins elle apparaît. En clair, un film n'étant pas sans défauts (on attend forcément mieux de la part d'un Granier-Deferre) mais que l'on prend plaisir à voir, ou revoir.
Comme d’habitude, Pierre Granier-Deferre adapte avec talent les romans de Simenon. Ici, on voyage entre l’Egypte et la Belgique, avec une histoire qui n’est sans doute pas la meilleure de l’auteur, mais qui met face à face deux monstres sacrés du cinéma français, Simone Signoret et Philippe Noiret. La belle Fanny Cottençon joue la « courtisane » et assure le côté charme de l’histoire. Le film a un peu vieilli (l’histoire ?) et est un poil long, mais l’ensemble laisse une bonne impression.
Adaptation (1982 ) du roman de Georges Simenon ( " le locataire" ), cet opus de Pierre Granier Deferre, cinéaste qui s'inscrit dans la veine du cinéma de scénaristes ( dit de " qualité française" ) est une des grandes réussites de son auteur.
Rien de spectaculaire dans cette réalisation intimiste, qui porte sur la description psychologique d'une complémentarité entre deux caractères altérés dans leur rapport à la réalité.
L'un présente le caractère d'un charmeur manipulateur, mythomane et l'autre sa victime consentante, qui ne demande qu'à croire ce qu'on lui raconte ( illustration de dissonance cognitive ).
On a beaucoup reproché à Granier-Deferre de ne pas manifester de style dans sa mise en scène, bref de lui dénier un statut d'auteur qu'il n' a jamais revendiqué d'ailleurs.
Il n' en reste pas moins qu'il est pourvu d'un goût sur qui se traduit par sa capacité à réunir un casting d'excellence ( ici Noiret et Signoret ), un choix de sujet, beaucoup plus profond qu'il n' en a l'air et des dialogues écrits, subtils ( Aurenche, Grisolia et lui-même sont les plumes de l'adaptation ).
De son vivant Pierre Granier-Deferre n' a pas rencontré fréquemment la reconnaissance de la critique professionnelle. C'est ( selon moi ) très injuste. Il suffit de visionner ce " l'étoile du nord ", aux accents Chabroliens pour s'en convaincre.
Ce n'est pas l'intrigue policière et la présomption de meurtre qui pèse sur le personnage de Philippe Noiret, aventurier désargenté de retour d'Egypte, qui constituent l'intérêt majeur du film. L'aspect criminel ne sert guère qu'à baliser le récit de Granier-Deferre. Comme souvent chez Simenon, le caractère des personnages est construit à partir de quelques éléments psychologiques assez simples mais très efficaces. Une amitié discrète nait entre Edouard Binet et madame Baron qui dirige maternellement la paisible pension de famille où Binet s'est installé, comme pour y repasser ses souvenirs. Ses anecdotes exotiques introduisent dans la maison et dans l'esprit de la logeuse de la fantaisie et de la rêverie. La mise en scène de Granier-Deferre est simple et s'attache principalement à opposer l'Egypte radieuse, entrevue par flashback, à la grisaille d'une petite ville belge. Pourtant, même loin de l'Orient, les personnages y sont pittoresques et attachants.
Pas le meilleur Simenon et donc pas le meilleur Granier Deferre. Ne vaut que pour la reconstitution de la Belgique dans l'après-guerre et pour Simone Signoret qui l'emporte largement sur Philippe Noiret. Celui-ci est, il est vrai, desservi par un rôle de meurtrier amnésique et vantard pour lequel il cabotine abominablement. Les flash backs Egyptiens n'arrangent rien.
Amateurs assidus de Georges Simenon, avouez que pour rendre l'atmopshère de ses "Romans Durs", comme aimait les appelers Simenon, il n'y a pas mieux que Pierre Granier-Deferre. Le Chat, Le Train, La Veuve Couderc, L'Etoile du Nord, trois Maigret pour la télévision, ce n'est pas rien ! Simone Signoret est madame Baron, Louise, la "mère" de cette pension de famille (comme la mère de Georges Simenon, du reste, a fait toute sa vie). Simone Signoret n'avait pas son pareil pour les gestes du quotidien dans son jeu d'actrice, elle habite cette pension, comme elle habitait la ferme de La Veuve Couderc, où l'impasse en démilition dans Le Chat. La lourdeur du quotidien de ces locataires besogneux, laborieux, un peu allégée par ces repas en famille, puisqu'il s'agit bien d'une pension de famille. Puis ce locataire d'un soir, étrange, venue du soleil d'Egypte s'échouer là, presque par hasard. Il porte beau, il est attentionné, il narre des histoires de rêve, de Mille et Une Nuits, Philippe Noiret incarne ce drôle de passager magnifiquement. On s'attache à lui, comme madame Baron; et pourtant ?
Un face-à-face de deux mastodontes du cinéma français . Signoret et Noiret. Un pur régal, tout en sobriété, en puissance et en regards qui claquent plus fort que mille répliques… Simone Signoret est tellement juste qu’elle impose une vérité à chaque scène
Signoret- Noiret- Granier Defferre voila un trio bien efficace. Ce film est un petit bijou, une perle du cinema francais, hèlas fort meconnue du grand public. Regardez le!! et parlez en autour de vous. Le jeu de Noiret y est excellent, tres subtile et particulierement humain, son personnage est tres attachant (doux reveur et aventurier qui possede une face tres obscure...) et la relation avec le perso de Signoret est traitée avec finesse dans des scenes faussement anodines du quotidien (specifiques du bon cinema francais). Simone Signoret campe a merveille cette vieille bonne femme dure,et dirigeant sa pension de famille d'une poigne de fer. Celle ci verra debarquer un original passionné de l'Egypte et de l'orient (Noiret)qui l'aidera a repousser les limites de son petit univers etriqué et etouffant. Granier Defferre est sans doute l'un des metteurs en scene les plus sous estimés de sa génération, il savait pourtant faire des films populaires de tres bonne qualité.
« L'Étoile du Nord » est un bon thriller dramatique réalisé par Pierre Granier-Deferre en 1982. Il s'agit de la dernière adaptation d'un roman de Georges Simenon par le réalisateur. Il réunit une nouvelle fois un duo de monstres sacrés du cinéma français : Philippe Noiret et Simone Signoret, elle tourne là son troisième et dernier film avec Pierre Granier-Deferre après « Le chat » et « La veuve Couderc » (que je recommande fortement). Il faut également noter que Fanny Cottençon a reçu le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa prestation dans « L'Étoile du Nord ».
Je peux regarder ce film plusieurs fois, l'atmosphère du film est envoutant, on aimerai appartenir à cette pension de famille, cette Belgique des années 30