Ce qui est excellent, dans ces films américains, c'est la démesure de la police. Pour deux gangsters qui braquent une banque, plus de 250 policiers mobilisés, sans compter les médias et les gens curieux. J'ai aimé les prestations d'Al Pacino et de John Cazale (Disparu trop tôt). Mais également les quelques scènes face à la police, à la population et les quelques essais et face à face entre policiers, gangsters et inconnus. Les dialogues sont bons, mais la fatigue nerveuse atteint autant les personnages que le spectateur lorsque la nuit tombe suivie de quelques confessions "au cas où". Excellent final !
"Un après-midi de chien" est un très bon film de braquage qui sent bon les années 70 avec ces thématiques réccurentes. Adapté d'un fait réel, ce long métrage de Sidney Lumet a ce qu'il faut pour maintenir les sens du spectateur en éveil. Pour un film de braquage - synonyme de violence - Sydney Lumet et son scénariste abordent ce fait divers avec une certaine légèreté, n'hésitant pas à y incorporer quelques touches d'humour ici et là. A l'instar des otages, on se prend de sympathie pour ces deux braqueurs du dimanche et l'on finit même par s'inquiéter de leur sort. Il y a d'ailleurs une bonne dose de suspens dans ce film qui nous tient en haleine jusqu'à son dénoument final. Un très bon film.
Adapté d'un fait divers survenu en 1972 à Brooklyn, Un après-midi de chien s'empare du destin d'une poignée pour étendre le cadre à celle d'un pays. Le braquage qui dérape, ce n'est pas vraiment de l'ordre de l'inédit. Par contre, rares sont les films à avoir élevé le postulat au rang d'œuvre générationnelle. Ce qui rend l'histoire encore plus prenante, c'est aussi parce que le braqueur en chef (Sonny Wortzik) est désespérément sympathique. Appelez ça le syndrome de Stockholm. Mais les faits sont là : à mesure que l'intrigue avance et que le casse vire à la cohue médiatique, Sonny se défait de ses oripeaux. Révélant un homme fragilisé par le désespoir et l'incompréhension, c'est le procès de l'Amérique que fait Sidney Lumet. Prophétisant les dérives médiatiques que les années ne manqueront pas de nous servir, le film attaque - derrière le drame - le pays à la bannière étoilée. Au détour d'une réplique ("Attica", "Attica"), c'est un pays gangrené par l'intolérance et la violence auquel s'adresse le personnage. Pour Sonny, c'est une manière de le faire entendre aux autorités, à la télévision, à l'opinion publique. Pour Lumet, une piqûre de rappel des injustices qui sévissent toujours aux U.S.A. Une oppression qui pousse les malheureux, les oubliés ou les désœuvrés à la manière forte. Sonny en fait partie, et ce qui donne à Un après-midi de chien cette charge émotionnelle intense. Al Pacino trouve l'une de ses plus magnifiques performances. Traversant une gamme d'émotions avec la même justesse, l'acteur fait un vrai coup de force. Un classique visionnaire et intemporel.
Une dizaine d'années me sépare du temps ou j'ai vu ce long métrage pour la première fois ... Je ne l'avais d'ailleurs jamais revu depuis et pourtant tout m'est resté ! Sydney Lumet immense réalisateur ( Douze Hommes en colère, Serpico entre autres ) magnifie son film au travers de son histoire mais aussi dans sa direction d'acteurs, tous impeccables ! Impeccable, le mot est du reste faiblard tant ils sont aux diapasons. Al Pacino bien entendu, Sonny son personnage reste une de ses compositions mythiques. Ce dernier trouve toute les parades, il se rend sympathique à nos yeux, son authenticité et son mal-être résonne de minute en minute. Constat similaire pour John Cazale, lui aussi bouleverse, ses regards, ses hésitations ... Un immense acteur ! Penelope Allen, Charles Durning, Chris Sarandon et les autres sont aussi à salués. Le long métrage en soi est aussi à applaudir. Sydney Lumet comme tout excellent réalisateur filme se qui l’intéresse et délaisse ou du moins ne se sert qu'a minima de son cadre pour servir ce qui lui chante. Ici les tourments de ses êtres en perdition. Un film profondément humain, ou les paradoxes règnent, les histoires se confondant ... Un Après-Midi de Chien est un Film Culte, rien ne sert d'attendre 10 piges avant de le revoir !
Ce ne serait pas inspirés de faits réels, on n'y croirait pas tellement ça paraît loufoque. Mais les faits sont là. Al Pacino porte l film et fait bien passer le caractère amateur du personnage, personnalité complexe maladroite, naïve dans le déroulement du braquage et pourtant assez clairvoyant dans sa vision de la société qui l'examine à la loupe. Par contre, on retrouve toujours le Al Pacino braillard, et le style des années 70 au cinéma, très bruyant.
Une histoire vraie et édifiante pour l'un des braquages les plus absurdes de l'histoire du cinéma. La réalité incarnant le pilier d'une fiction solide, simple et magistralement interprétée. La vie c'est aussi et surtout du cinéma et inversement.
A partir d’un fait divers réels (ayant eu lieu le 22 août 1972 à Brooklyn), un braquage de banque par 2 losers, Sonny (Al Pacino, 35 ans), généreux et malin, et Sal (John Cazale, 40 ans), bas de plafond et radical, suivi de la prise en otages des employés de la banque, le réalisateur filme, en fait, les Etats-Unis, ses flics violents, prompts à appuyer sur la détente, ses médias prêts à tout pour faire de l’audience, ses discriminations (ici, les homosexuels et les transgenres), son racisme [évocation de la mutinerie de la prison d’Attica (état de New-York) en septembre 1971] où plus de la moitié des détenus était Afro-Américaine et qui se solda, après l’assaut par la police, par la mort de 10 gardiens et 29 prisonniers]. Toujours aussi prenant et malheureusement, toujours d’actualité…
Sans doute le braquage de banque le plus original du cinéma. Pourtant tiré d'un fait divers, c'est un mélange surprenant entre le drame et la comédie. On est même touché par ce braqueur complètement paumé, lui aussi victime de la guerre du Vietnam. Dans ce "presque huit-clos", Sidney Lumet met en lumière tous les travers de notre société de façon très intelligente et avant-gardiste pour son époque. Un film plein de rebondissements avec en prime une belle prestation d'Al Pacino toujours aussi énergique. (Bien)
Il n’y a pas grand-chose à redire dans la filmo de Sidney Lumet, dont on ne compte plus les chefs d’œuvre, de Douze hommes à colère à L’avocat du diable en passant par Network, Serpico et donc cet Après-midi de chien. Comme toujours, le cinéaste y retranscrit parfaitement l’atmosphère des grandes villes d’Amérique des années 70, ce mélange de proximité, issue des bourgades du siècle passé, et de l’anonymat urbain à l’aube de sa pleine expansion. Si le décor transpire l’authenticité, l’intrigue qu’il en tire est proche de l’invraisemblable. Elle s’inspire pourtant d’un article de presse parfaitement fondé. C’est le récit d’un braquage totalement raté. Dans cette banque maudite, l’un des assaillants se dégonfle à peine entré, la police forme son siège beaucoup trop vite, le gardien fait une crise d’asthme, le dirlo diabétique d’hypoglycémie, une secrétaire a envie de faire pipi. On est sans cesse partagé entre rire et rappel amer au drame qui se déploie derrière. Al Pacino est extraordinaire en petit bandit néophyte au cœur tendre, qui tente de joindre tous les bouts pour s’en sortir indemne, c’est-à-dire sans bain de sang ni prison à vie. Une tâche qui s’avèrera tout sauf facile. La réalisation est superbe, mêlant travellings circulaires envoûtants, direction d’acteurs au top et montage brillamment rythmé. Opposé à rien moins que Vol au-dessus d’un nid de coucou, Les dents de la mer et Barry Lyndon, le film décrochera un Oscar, un BAFTA et de nombreuses nominations. Un minimum.
Après un héros dans la ville comme Serpico, Lumet s'attaque aux truands. Pauvres truands que ces deux là, plus naïfs et bêtes que dangereux. Leur sort n'en sera toutefois pas plus clément. Les médias, le public, leur permettra de connaître leur heure de gloire, et c'est peut-être cela qu'ils recherchaient plus que l'argent. Pacino et Cazale sont finalement plus victimes qu'autre chose dans cette histoire. Paumés, exclus, ils se croient considérés une fois que la télé couvrira leur braquage. Mais cette médiatisation soudaine attirera aussi la police et son équipement supérieur, et causera leur perte. Critique de ces médias avides de sensationnel, et qui déséquilibrent ainsi l'ordre des priorités , Un après-midi de chien s'inscrit dans le cinéma social américain des années 70, et résonne encore, dans le contexte actuel, bizarrement d'actualité...
Basé sur une histoire vraie, ce film sur un braquage de banque qui tourne au fiasco est mémorable par son interprétation soignée. Un bon suspens dans ce film simple. ----Juillet 2015----
'Un après-midi de chien' est un intéressant document d'époque, et un portrait d'anti-héros plutôt réussi. Mais à force, le jeu outré de Pacino et la cacophonie qui l'accompagne épuisent.
Complet. On est grosso modo au milieu de la carrière de Lumet quand sort ce thriller dramatique assez atypique. L’histoire est celle d’un duo qui lors du braquage d’une petite banque de quartier se retrouve coincé dans les lieux, cernés par les forces de l’ordre. C’est la négociation entre les braqueurs et la police qui fait office de fil rouge. Beaucoup de choses remarquables dans ce thriller d’un autre temps. On appréciera d’abord cette introduction immersive qui nous présente la vie quotidienne de Brooklyn par une succession de scènes de vie urbaine. Le décor est planté et on est loin de Las Vegas. L’image est âpre, le cadrage précis, la musique absente. En soi, la scène de la prise de contrôle de la banque n’est pas l’objet du film et elle permet surtout de comprendre le rôle de chacun des personnages, braqueurs et employés. C’est un élément important car tout ça est avant tout une aventure humaine qui brouille les pistes préétablies. Ainsi, les employés ne sont pas tout à fait des victimes ni des pourritures capitalistes et les voleurs ne sont ni des Robin des bois ni des sadiques cyniques. C’est par touches que l’on en apprend davantage sur chacun. Des portraits touchants parce que profondément humains. Pour autant, le suspens est très bien entretenu et constamment renouvelé malgré cette situation de huis-clos. Mais la véritable performance est celle de Pacino. Fabuleux Pacino. Phénoménal Pacino. En pure rockstar, il sait attiser la foule et il faut le voir haranguer les passants et disserter sur les inégalités. D’une puissance dingue. Et dans ce petit théâtre, ce sont tous les enjeux sociaux et politiques de cette Amérique des 70’s qui sont mis en scène. Des partis pris osés et un discours qui claque sans perdre de vue la nuance et l’émotion (réelle et sans les artifices musicaux habituels). En clair, Un Après-midi de Chien est un thriller de son temps qui rappelle tout ce qui manque au cinéma américain actuel. Une réussite totale à ne pas manquer si l’occasion se présente.