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Un visiteur
3,0
Publiée le 21 mars 2011
Classique mais efficace, et ce n'est pas une banalité que d'écrire cela. Cul-De-Sac a vraiment un charme incontestable. L'ambiance, tout d'abord, un énorme château planté sur une petite ile Irlandaise isolée au milieu de nul part. Un huit-clos entre un gangster acculé mais pas si méchant, un couple excentrique, des invités intéressés particulièrement mal élevés et... des poules. Le tout prend la forme d'un film mêlant habilement humour et suspens avec un final tout à fait dans le ton. "The Ghost Writer" du même réalisateur reprend d'ailleurs certaines des bonnes recettes de Cul-De Sac. Si vous aimez les situation hautement improbables Cul-De-Sac est fait pour vous.
Cul-de-sac, de Roman Polanski, est un bien étrange film. Etrange car naviguant constamment entre deux eaux aux frontières floues, basculant de la comédie au drame en un coup de feu ou de téléphone, ou l'inverse, en un instant, et entremêlant les genres, de la comédie au film de gangsters en passant par la scène de ménages et le portrait d'êtres perdus. C'est une oeuvre folle et sans retenue, rythmée au son de pistes de jazz débridées et de dialogues ciselés. D'une grande liberté de ton, il a secoué les conventions de l'époque, notamment de par l'étrange couple de châtelains formés par l'homme mur, efféminé et travestis, et sa femme beaucoup plus jeune, lunatique, libérée, probablement volage, souvent nue, et au langage direct. Aujourd'hui encore c'est un concentré d'humour absurde, noir et parfois subversif. Les situations grotesques chargées au comique de situation s'enchaînent (spoiler: un gangster grièvement blésé et incapable de sortir de sa voiture se relève d'un coup quand il entend parler d'alcool, on enterre un cadavre comme on le ferait d'une chaise - au sens propre -, on maltraite outrageusement ses invités et on moleste leur insupportable gamin... ). Si le rire est présent, le dérapage n'est jamais loin, comme l'illustre parfaitement la scène du rasage, modèle de tension et de drôlerie entremêlées. S'ajoute un comique de dialogues kafkaïen (spoiler: les appels téléphoniques du gangster à ses complices ), tirant parfois même vers l'existentialisme (spoiler: la discussion des hommes sur la plage ). L'oeuvre est aussi remplie de performances d'acteurs mémorables. Le gangster et son accent à couper au couteau, entre rudesse, brutalité et naïveté ; le mari efféminé et lâche maltraité tant par l'intrus que par sa femme ; la jeune française étrangement indifférente à la gravité de la situation, voire amusée... Dans ce triangle pour le moins incongru, les rapports se font parfois ambigus. Tantôt une complicité tend à se nouer, particulirèrement entre le gangster et la jeune femme, fondé sur une curiosité réciproque, agrémentée de touches d'érotisme ; tantôt la violence reprend le dessus, spoiler: comme quand la jeune femme se fait "corriger" par le bandit après une farce, ou que ce dernier essaie de séquestrer le couple dans différentes pièces de leur demeure.
Au final, spoiler: alors que les péripéties semblent se dénouent dans une sorte de sérénité et de status quo installé, surgit une explosion de violence qui dynamite le film et l'achève de manière plutôt surprenante ans le feu et la folie . Folie qui semble alors avoir été, depuis le début, la seule maîtresse cette île où se déroule l'action. Le film ne démontre ni ne prouve rien, et c'est dans la plus pure gratuité qu'il décline ses actes et sa folie. Ce qui ne le rend que plus savoureux.
Troisième long métrage de Polanski et deuxième production britannique après Répulsion avec Catherine Deneuve, Il choisit cette fois sa sœur Françoise Dorleac avec encore comme scénariste Gérard Brach et coscénariste Polanski. Le film est tourné dans une petite Île nommée Lindisfarne, appelé localement Holy Island, qui est une île située en Angleterre, sur la côte de la Northumbrie. Accessible à marée basse par une chaussée submersible, elle abrite un monastère et un château en ruines. La météo pendant le tournage pourtant au mois de Juillet ressemblait à l'hiver avec même de la neige et une eau glaciale qui a faillit faire mourir de froid Françoise Dorléac et Jack MacGowran. Françoise Dorleac eu une scène encore plus pénible avec l'acteur Lionel Stander victime du Maccarthysme et choisi pour son caractère exécrable et la scène où il doit fouetter Teresa sur les cuisses avec la boucle de sa ceinture n'est pas simulée. Françoise Dorléac subit réellement les coups de Stander, qui se plaignit par la suite d'avoir mal aux genoux (en effet, Teresa est allongée sur le ventre contre les pavés, et Richard est littéralement assis sur elle, les genoux contre le sol). Mais Lionel Stander correspond exactement au personnage du gangster méchant et intraitable car il était aussi ingérable pendant le tournage tout en étant cardiaque ce qu'il n'avait pas indiqué à la production du film. Cependant ce film où Stander joue le rôle principal avec l‘excellent Donald Pleasance mari de la chatelaine de l’île, Françoise Dorléac, verra sa carrière relancée après ce film qui obtint l’ours d’or à la Berlinale 66. Le film a eu aussi beaucoup de problèmes financiers avec la production, car Polanski, très consciencieux, demandait souvent de nombreuses prises pour une même scène ce qui inquiétait la production en termes de coût et de délais de réalisation. Jacqueline Bisset tourne son 2e film avec un petit rôle dans le groupe de visiteurs dans la seconde partie du film qui bouscule les habitudes du gangster à qui Françoise Dorleac attribue la fonction de serviteur du château à la fois pour se venger d lui et rassurer les invités du chatelain.
Film possédant une histoire assez étrange avec des personnages plus complexe les uns que les autres. Lhistoire est intéressante malgré quelques longueurs, la réalisation est réussie et les acteurs sont très bons que ce soit Pleasence, Stander ou Dorleac. Bref bon film, à noter la musique principale qui est très belle.
La présence de la belle Françoise Dorléac justifie-t-elle à elle seule des éloges pour ce film? Hélas, non. Entre la lenteur du récit, les longueurs incompréhensibles, l’invraisemblance du récit, et le jeu très moyen des acteurs, on est loin d'un grand film de Polanski. Cul-de-sac a peut-être été considéré comme novateur lors de sa sortie, mais force est de constater qu'il a pris un sacré coup de vieux.
un couple moderne, un mari pas tres viril , un truand bon vivant s'incruste.....voila le point de depart d'un des premiers polanski, le génial cul de sac.
l'ambiance est assez absurde (le look au départ de pleasance, le deuxieme voyou completement stoique albie) mis a part le personnage de richard qui finalement le seul élément normal du film(les autres personnages sont totalement imprévisibles)
un film qui alterne scenes comiques( les invités) ,scenes de polar, et scenes tragiques pour un ensemble assez hétérogene
Au final un film tres agréable (tres bonne composition des 4 acteurs et un caméo de jacqueline bisset!!) pour un des tops de polanski.
Je suis à la découverte de ce réalisateur qu'est Roman Polanski. L'histoire prête à sourire quand on voit ces deux lascars dans leur voiture tombée en panne et qui vont "semer la panique" dans un château. Mais l'histoire devient beaucoup moins drôle quand celle si s'enferme petit à petit dans une sorte de boîte noire. Comme disent la plupart des cinéphiles, on assiste là à un huit-clos limite dantesque tellement que le personnage Richard interprété par Lionel Stander est violent, sauvage et incompréhensible. Le couple perd en quelques minutes sa tranquillité et s'essouffle rapidement jusqu'à en devenir fou. Polanski n'a pas hésité à enfoncer le bouton pour donner de la profondeur à son film, en mettant ici et là des évènements qui vont changer quelque peu la donne. Mais ce sont bien ces petits évènements qui vont inciter le vieux George (Donald Pleasence) à tuer ce bon vieux Richard, et qui va sombrer dans le délire le plus total. Bref, la folie Polanski commence vite.
C’est un "petit" Polanski, le début est prometteur mais la suite part un peu dans tous les sens... c'est bien joué (avec un excellent Donald Pleasance), on peut s'en passer...
Avec Cul-de-sac, Roman Polanski enferme ses personnages dans un huis clos absurde où la menace se mêle à un humour noir déstabilisant. Le film joue sur les rapports de domination et l’instabilité psychologique, sans jamais offrir de véritable point d’ancrage. Polanski privilégie une atmosphère étrange et étirée, qui installe un malaise diffus mais peut aussi sembler tourner à vide. Les personnages, volontairement grotesques, participent à cette dérive mais limitent l’identification. Reste une œuvre singulière et dérangeante, fascinante par moments, mais dont l’absurdité peut laisser une impression d’inabouti.