Véritable superproduction visant à mettre en place le « Monsterverse », cette nouvelle adaptation du singe géant se révèle des plus décevante, et se trouve notamment a faire pale figure face aux précédentes versions, celles-ci bien plus profondes et percutantes, tant le premier remake de Peter Jackson que le monument original de 1933 par Merian Cooper et Ernest Schoedsack. Donc peu de choses a proposer si ce n'est d'innombrable défauts. En effet, si l'on passe outre le scénario propre au genre du cinéma pop-corn, soit absolument vide, le film révèle de nombreuses failles, à commencer par la plus importante : les personnages. Effectivement, cette nouvelle aventure sur l'Ile du Crâne nous propose de suivre des personnages absolument fades, sans charismes aucun, et stéréotypés à un point… qui plus est, les interprétations renforcent la chose, le casting composant alors également un autre défaut. Ce dernier se révèle des plus médiocre, voir honteux tant les acteurs proposent généralement de brillantes performances, notamment vis à vis de Samuel L. Jackson, ici tout juste insupportable tant ce dernier surjoue dans son rôle de colonel franchement grotesque, Bri Larson présente uniquement pour marquer la présence d'un personnage féminin plus ou moins fort, et Tom Hiddleston, peu convaincant dans son interprétation d'aventurier car manquant assurément de charisme. Autre défaut à mettre en avant, l'absurdité liée à certaines scènes, que ce soit celles marquées par l'humour tombant totalement à plat tellement le semblant de comique y est forcé et maintenu en longueur (cf. « T'as un pieu toi ? » et « On les appelles les rampants ») que celles se voulant quelque peu « brutales », mais une violence présente au sein d'une œuvre se voulant ouverte au plus large public, en d'autres termes, Kong ce tire déjà une balle dans le pied vis à vis de cet aspect-ci. Dernier défaut non des moindres car touchant l’essence même de l’œuvre qui nous est présenté, le phénomène de démesure y est maladroit ainsi que fort mal exploité. Contrairement à Gareth Edwards qui excellait au fait de remettre l'homme à sa taille ainsi qu'à sa place face aux titans que représentaient le Roi des monstres et les MUTO dans Godzilla (2014), ici, il n'en n'est malheureusement rien. A aucun moment nous ne ressentons le gigantisme des monstres qui nous font face du fait qu'ils soit tous filmés à leurs hauteur et non à travers les yeux des protagonistes. Un défaut marquant au point de rendre le « mastodonte » que l'on nous tease tout du long vraiment décevant. Qui plus est, les apparitions des monstres manquent cruellement de splendeur, Kong étant très rapidement révélé dans toute son entièreté limitant alors un quelconque suspense sur sa forme physique, de même pour les rampants, et ses apparitions très brèves, généralement moins d'une minute, le film se voit alors dépourvue d'une réelle ampleur dans ses scènes qui pourtant, sur le papier, présentent tous les caractéristiques pour faire de Kong une véritable entité iconique, mais échoue malheureusement dû à la maladresse de la mise en scène. Néanmoins, Kong : Skull Island propose tout de même quelques moments divertissants, des scènes d'actions assez bien réalisée, des effets spéciaux véritablement irréprochables dans la majorité des scènes, ainsi qu'une bande originale très plaisante (Rock made in 70'), sans oublier le visuel absolument bluffant, bien qu'il faut l'avouer, peu singulier. Kong: Skull Island n'a donc rien de bien renversant, outre les personnages et les performances qui y sont associés, mais malheureusement dans le mauvais sens du terme.