Kong sur Skull Island, l'idée est alléchante et c'est pour cela que l'on ira le voir. Voir le gigantesque gorille, le mythe, déambuler dans son habitat naturel et se battre contre des monstruosités que l'on ne voit même pas dans nos cauchemars. Alors on y va pour l'action, l'aventure, les effets spéciaux, le gigantisme et pour en prendre plein les mirettes. Si on y va dans cette optique c'est tant mieux car on est préparé à un scénario inexistant qui s’effrite très vite et tiens en une seule ligne : Explorer Skull Island et c'est tout point barre ! Il est donc question de monter une expédition composer de scientifiques, géologues, une photographe, un mec badass et des militaires juste après la guerre du Viètnam. Le grand classique quoi, sauf que tout commence à clocher très vite et on a peur pour la suite. On ne s'attarde pas sur un placebo de scénario qui n'est qu'un prétexte à ce film. Certes l'idée est de commencer très vite et de lancer la bête au plus vite. Alors pourquoi le réalisateur s'attarde sur des faits, des plans, des moments complètements inutiles et rallonge notre attente, n'est-ce pas contradictoire ? Par exemple au moment de faire décoller les hélicos du porte avion ça prend réellement des plombes, on dirait un Top Gun inintéressant et posé comme ça par erreur. Les plans sur les boulons, les armes, les militaires, l'équipe, etc etc s’enchaînent mais on attend qu'une seule, qu'ils décollent vers l’île ces hélicos !! En fait on se rend compte au fur et à mesure que c'est le style du réalisateur qui pose problème. Il est sans arrêt dans la surenchère, dans les plans qui font penser à un film d'auteur, dans les ralentis en veux tu en voilà, dans la répétition d'éléments esthétiques. Ca déborde de partout de partout d'effets soit disant "artistiques" dans un film d'action qui n'en a pas besoin, ça tue le rythme, la crédibilité et à force de répétitions ça devient très lourd et ennuie le spectateur. Quand c'est très bien dosé comme dans Logan c'est une perle mais ici on en arrive à la nausée surtout que derrière il n'y aucune réflexion pour savoir si c'est bien intégré ou au bon endroit, ça parait sortir de nulle part parce que c'est sois disant stylé. Non, on ne fait pas un film efficace comme ça. Cette surenchère noie carrément les scènes qui devraient être impressionnante comme la première apparition de Kong. Tout cela soutenu par le rock des années 70 qui donne un certain cachet mais qui ressort tout le long du film et fini par taper sur les nerfs. Même syndrome que la réalisation. Du coup on se tourne vers les personnages mais ils ne sont pas vraiment attachants excepté peut-être deux. Samuel L.Jackson est un militaire borné et patriotique qui nie la capitulation de la grande Amérique face au Vietnam, personnage vraiment antipathique et trop enfermé dans son carcan. Tom Hiddleston et Brie Larson sont les seuls à tirer leur épingle du jeu, car soyons clair à chaque fois qu'un personnage meurt, c'est dans l'indifférence la plus totale. Le film tente de faire que l'on s'attache aux personnages mais échoue lamentablement. Ce n'est pas faute d'avoir essayer avec des anecdotes personnelles, des blagues mais ça reste trop basique et les ficelles sont trop grosses, les personnages n'arrivent absolument pas à être attachant et disparaissent comme ils sont venu. John Goodman par exemple était censé apporter la touche scientifique avec son assistant et pourtant on parle exploration, découverte et science pas plus de 5 min dans le film. Les scientifiques se transforment vite en photographes inutiles. Le rôle de Goodman est d'ailleurs le plus ingrat de sa carrière car il ne sert qu'à lancer le maigre scénario avant d'être d'une transparence alarmante non pas dû à un e mauvaise prestation mais simplement au script. Il n'y a pas grand chose qui nous fait vibrer jusqu'ici il faut le dire. Quelques petits moments de calmes proviennent de la photographe qui fait son reportage photo avec un ton bien différent mais qui est encore trop de fois utilisé et parait trop faux pour amener une vraie fraîcheur malheureusement. Le titre est donc fourni en bonnes idées totalement pourries par leurs utilisations excessive. La même chose pour les références qui sont trop nombreuses et qui grignotent le peu d'identité du film qui lui restait. Un soupçon de Ghibli pour certaines bestioles, une pointe de Jurassic Park, une obsession trop présente pour la période de la guerre du Vietnam au point de s'y croire en plein Skull Island. Et pour finir la cerise sur le gâteau, le réalisateur est surement un bon gros geek car le personnage de Conrad fait penser dans sa tenue vestimentaire et son sens de l'aventure au héros Nathan Drake de Uncharted et Miss Weaver se transforme petit à petit en Lara Croft. La tenue vestimentaire, l'ile avec les épaves et la scène de la chute dans l'eau qui est calqué sur le trailer nommé Turning Point du reboot de Tomb Raider. Ca ne peut pas être un hasard. On a plus l'impression de voir un réalisateur réalisé un rêve de gamer de réunir ces deux personnages que de voir un simple clin d’œil. Le problème majeur du film est l'excès dans tout ses compartiments, il veut en faire de trop et se prend pour ce qu'il n'est pas, à cause de ça il sombre et n'atteindra jamais le King Kong de peter Jackson par exemple. L'excès est souvent l'ennemi du bien et ce Kong confirme bien cette règle. Si il avait décidé de rester humble et de faire un film d'action efficace il aurait surement réussi, vraiment dommage.