"Bienvenue à Gattaca" fait partie de ces films qui me rappellent pourquoi j'aime autant le cinéma.
Je ne suis pas particulièrement adepte des films de science-fiction mais j'ai adoré ce film, qui se concentre bien plus sur la psychologie des personnages et leurs relations.
Cela se passe dans une société pas si éloignée de la nôtre, où l'avenir des individus est défini selon l'ADN qu'ils possèdent, celui-ci étant scrupuleusement sélectionné par leur parents avant leur naissance pour leur faire égaler la perfection. De ce fait, l'avenir des individus est défini avant leur naissance, illustrant le concept de "déterminisme". D'un côté les "invalides" sont discriminés, ne pouvant pas accéder à certains emplois car plus susceptibles d'être atteints de diverses maladies et présumés moins performants. De l'autre, les "valides", subissent la pression de la perfection attendue d'eux du fait de leur patrimoine génétique.
Dans ce monde, on suit l'histoire de Vincent (Ethan Hawks), un homme "invalide", qui prend l'identité de Jerome (Jude Law), un homme génétiquement "valide", afin d'atteindre son rêve de devenir astronaute, seulement accessible aux personnes avec une ADN "parfaite".
Ce parallèle entre les deux situations, toutes deux désavantageuses, est parfaitement illustré par la relation d'inter-dépendance se nouant entre les deux protagonistes.
Ce film traite des préjugés et de la manière dont ils prédéterminent notre vie.
Vincent n'a pas la pression des attentes de la société et n'était pas censé vivre aussi longtemps du fait de risques accrus de maladie cardiaque, il ne peut qu'être meilleur que les attentes pour lui qui sont extrêmement basse. Son frère et Jerome quant à eux, ne peuvent pas se permettre d'être seulement "deuxième" car ils sont censés être meilleurs que lui.
J'ai adoré ce film, qui m'a fait ressentir de nombreuses émotions du fait des relations touchantes entre les personnages, de la beauté de la musique et de la photographie...
C'est un film sobre, sans trop d'artifice, mais qui parvient parfaitement à nous immerger dans cette société dystopique en seulement quelques heures. Malgré la morosité se dégageant de ce film, j'ai apprécié le message d'optimisme, timide, qui s'en dégageait, ce rejet du fatalisme qu'incarne Vincent. En fin de compte, la force la puis puissante que l'on puisse avoir est la volonté, le désir, pouvant sembler déraisonné, de réaliser nos rêves, nos plus grosses limites étant celles que l'on s'impose soi-même.
Enfin, je tenais à souligner le jeu d'acteurs et particulièrement celui de Jude Law, qui parvient avec subtilité à nous faire ressentir le désespoir de son personnage.