Ce conte des 4 saisons sur des sexagénaires de la classe moyenne britannique est un ravissement permanent,tant dans l'écriture parfaitement équilibrée que dans la direction artistique,chorale et homogène.Mike Leigh se surpasse avec cette chronique,d'apparence débonnaire et chaleureuse,en vérité cruelle et lucide.C'est là tout le talent de Leigh.Croquer des personnages dans leur banalité,les révéler dans leurs gestes,leurs réactions,leur regard.Un couple d'amis tendres et complices(merveilleux Ruth Sheen et Jim Broadbent)reçoivent collègues et amis dans leur hâvre de paix.Mais si au printemps et en été,leur prévenance est chaleureusement accueillie,en automne et en hiver,elle flirte avec la condescendance.Car dans le fond,Leigh dévoile les peurs secrètes de gens face à la vieillesse.Se rassurer en contemplant le malheur des autres,même si bien sûr ceci se passe dans le subconscient.Dans la peau d'une femme entre deux âges,sexy et candide,alcoolique et vulnérable,amusante mais encombrante,Lesley Manville est touchante à un point qu'on a du mal à imaginer.Sa solitude pathétique se cache difficilement derrière sa volubilité maladroite.La petite ritournelle musicale et l'évolution de la photographie au fil des saisons donnent à "Another Year" un ton profondément triste et mélancolique,mais célébrant tout de même la vie et la collectivité.
L'histoire d'un vieux et d'une vieille moche qui travaillent à un âge canonique dans une perfide albion où l'on boit du vin et de la bière autant qu'il pleut.
Beaucoup de gens comparent ce film à un Woody Allen, mais ils ont tout faux. Woody peut faire passer toute la déprime du monde pour une démarche intellectuelle qui fait se poser des questions et qui influe sur le scénario. Ici, rien de ce génie, « welcome » to the intersidérale déprime d'un pays pourri par le libéralisme financier, la bière et la pluie continue. Où un petit couple privilégié (sans plus, si c'est ça la classe moyenne, je préfère la France !) nous donne un aperçu du bonheur vu par de faux gauchistes bien bobos qui gardent bien au chaud des cas sociaux pour se sentir normaux avec leur jardin neurasthénique.
C'est totalement déprimant comme un documentaire sur les alcooliques suicidaires, avec un couple modèle qui ne fait envie à personne.
Certes, on rit parfois, on est souvent tristes, aussi mais pas forcément par les situations , bien plutôt par la caricature des personnages loosers de première.
Bref, tout sonne faux dans ce Mike Leigh extrêmement décevant. Montrer la vraie vie dans tout ce qu'elle a d'inintéressant peut faire un chef d'oeuvre, mais pas quand on ne voit pas de changements dans les personnages. Vivement une autre année pour retrouver le méchant Mike Leigh qui nous donnait à voir, avec un rythme trépidant et avec un mordant égratignant tout sur son passage la vraie vie de l'humanité anglaise.
On peut néanmoin signaler une bonne réalisation avec une photo subtile sur un sujet mortel par excellence, surtout la fin digne d'un film d'horreur avec des personnages bleutés à l'extrême, comme des zombies nourris à la chair humaine.
Une déception de taille vue le talent du réalisateur. A moins que ce ne soit un coup de maître (il est toujours borderline dans ce genre) qui montre l'horreur de l'humanité dans toute sa crudité. Mais cette fois je n'y crois pas et de toute façon on s'ennuie tellement que c'est râté.
Un bon petit film anglais, avec d'excellents acteurs et de belles tranches de vie. Cependant, cela manque malgré tout de sens voire même de chute. Pas désagréable, mais un film sur la vie ordinaire, c'est pas non plus toujours folichon.
Le cinéaste anglais Mike Leigh ( Palme d'or pour "Secret and Lies", Lion d'or pour "Vera Drake") aime raconter des histoires simples. "Another year", c'est une chronique des quatre saisons dans la vie de Tom et Gerry, un couple de la middle class : elle est conseillère médicale, il est géologue, ils vivent un bonheur conjugal paisible, entre leur pavillon de banlieue et leur potager. Tom et Gerry voient régulièrement leur fils Joe, avec qui les rapports sont harmonieux, et invitent volontiers Mary, une collègue de Gerry. Mary, quinquagénaire divorcée, cache mal derrière son enjouement excessif et son penchant pour le bon vin un lancinant mal de vivre et la douleur de la solitude...
Il n'y a pas d'intrigue à proprement parler dans "Another year" : ce sont des "tranches de vie", comme saisies sur le vif par Mike Leigh. Les cinéphiles connaissent la méthode du grand réalisateur britannique : avec ses acteurs, il construit son scénario, invente pour chaque protagoniste un vécu qu'on ne verra pas forcément à l'écran mais qui nourrit le personnage. Cette approche très intuitive fonctionne à condition d'avoir des acteurs à la hauteur... Et heureusement pour lui, Leigh peut compter sur des complices fabuleux : Jim Broadbent et Ruth Sheen incarnent un couple plus vrai que nature. Mais dans "Another year", c'est la performance de Lesley Manville dans le rôle de Mary qui est inoubliable. C'est bien simple, pendant tout le festival de Cannes, une grande majorité de la critique internationale voyait Manville repartir avec le prix d'interprétation féminine. Mais le jury présidé par Tim Burton lui a préféré Juliette Binoche, et a scandaleusement snobé "Another year", absent du palmarès... Que cette injustice ne vous empêche pas d'aller voir ce drame magnifique, empreint d'une humanité bouleversante.
PS:Interview de Mike Leigh et de Lesley Manville via le lien ci-dessous (source: http://www.rtbf.be/info/societe/cinema/another-year-un-magnifique-concentre-d%E2%80%99humanite-288279 )
L’absence de ce magnifique film au palmarès du Festival de Cannes 2010 est totalement incompréhensible. Que s’est-il donc passé dans le cerveau et dans le cœur de Tim Burton et de son jury ? Enfin, c’est le public qui a toujours le dernier mot et dans le cas présent, sans pour autant vouloir faire du prosélytisme, je pense que tout amoureux du 7ème art ne pourra qu’être séduit par ce récit décliné sur quatre saisons ainsi que par l’ensemble de ses protagonistes. Mentions particulières pour la mise en scène, la photo et le personnage de « Mary », LA composition féminine de l’année sublimée par Lesley Manville.
je pensais aller voir un film original.. j'ai été rapidement déçue par ce film que se veut à l'humour anglais: ici il le dessert; l'idée des saisons n'est pas originale et en plus des clichés sont ajouter (ex:le mort en hiver..). Le film est lent, et la vie de ces gens assez inintéressante: pendant 2 , ça fait long!!
Trop de naturel tue le naturel ? C'est un peu l'impression que l'on a en sortant de "Another Year". Les dialogues et situations tendent vers le caricatural, et en conséquence le film sonne souvent faux. Difficile dans ses conditions d'être sensible aux personnages : un ennui poli s'installe et ne nous quitte trop rarement. Tout n'est certes pas à jeter mais on est loin du chef d'oeuvre promis par une grande partie de la presse. En ne récompensant pas ce film, le festival de Cannes ne s'est (pour une fois) pas trompé.
Un film qui dit beaucoup sur les relations humaines, notre relation au temps, à l'âge, à la mort et avec une très grande finesse. Une comédie dramatique véritable.
Il y a ce couple, Tom et Gerry, très complice et si sympathique au début, autour duquel gravite beaucoup de personnes seules et mûres, que ce soit le fils, les amis, les frères ou les collègues de travail et même cette pauvre femme au début du film (cette patiente qui est très seule dans sa propre famille et qui ne souhaite que dormir pour ne pas souffrir). Ce couple qui laisse le sentiment que leur bonheur se nourrit de la solitude des autres. Ils restent très ouverts aux autres et très généreux tant qu'ils ont eux aussi leur faille : le fils de 30 ans encore célibataire. Et même si Mary est envahissante, il l'accueille parce que, d'une certaine façon, elle comble un vide dans leur propre vie. Mais dès que tout rentre dans l'ordre, cette petite famille parfaite et si généreuse devient très protectrice et égoïste ne voulant pas entacher son bonheur fugace par les problèmes des autres et notamment ceux de la triste Mary. Cette dernière scène avec ce dernier plan, restera gravé dans ma mémoire. C'est dramatique et terriblement, épouvantablement humain.
Un film vraiment réussi qui ne laisse pas indemne.
Avant son passage au festival Télérama, j'ai décidé de voir ce film par un mardi pluvieux et froid. Les 4 saisons de ce couple de soixante-huitards pur britishs et de son entourage proche m'ont fait passé un agréable moment. Personnages attachants avec leur boulets à trainer face au couple parfait Tom
Moué. Comme dirait Jean-Luc, le cinéma ce n'est pas une image juste, c'est juste une image. Le réalisateur, à vouloir trop être dans l'image juste s'engonce dans un style plus documentaire que cinématographique. Il manque donc à ce film la mise en forme qui permet de transcender le fond et donc de se détacher du documentaire pour en faire du Cinéma. Dommage; 10/20, une note équilibrée pour un film sur l'équilibre : cohérent.
L'histoire bucolique de ces deux sexagénaires comble la vie des personnages qui gravitent autour de Tom et Gerri. Et l'humour tantôt noir tantôt sensible rehausse le scénario brillamment.
Pour être honnête, je me suis royalement fait chier pendant 1h45. Manque de naturel, de rythme, et surtout d'intensité. Que de fioritures inutiles pour nous montrer un malaise latent. Mais la dernière scène, quoique un peu étirée en longueur, vaut le coup d'attendre et rehausse le tout.