J'ai profité de Halloween pour revoir un Carpenter que j'avais découvert il y a des lustres. Non pas le bien nommé "Halloween"... mais "Vampires". L'un de ses derniers longs-métrages, dont je gardais le souvenir d'une œuvre moyenne, à la réputation d'ailleurs pas fofolle.
Et pourtant, cette redécouverte m'a agréablement surpris ! John Carpenter nous plonge dans le Nouveau Mexique, au sein d'une équipe de tueurs de vampires expéditifs. Le problème : ils tombent sur un super maître vampire qui leur inflige une raclée. Le chef, John Crow, va devoir prendre son courage (et son pieu) à deux mains pour affronter cette menace.
Ce n'est un secret pour personne, John Carpenter a toujours été un admirateur de western, sans jamais en réaliser un vrai. "Vampires" est sans doute ce qui s'en rapproche le plus dans sa filmographie. Les tenues des vampires qui battent au vent, nos chasseurs qui marchent en ligne, le soleil couchant, l'univers du Nouveau Mexique, les petites villes désertes...
Il y a même quelques séquences que l'on aurait pu trouver telles quelles dans des westerns de la grande époque. Outre les plans larges dont raffole Carpenter, même dans les lieux fermés, il y a par exemple lors de l'introduction ce zoom sur le regard de James Woods, entrecoupés de zooms sur la porte qui renferme la tanière des vampires.
Au-delà de l'aspect western, "Vampires" est un divertissement efficace et généreux, qui a franchement bien vieilli. Il comporte plusieurs idées originales alors que le thème des vampires était déjà bien éculé à l'époque. Telles que des méthodes amusantes des chasseurs : porter une cotte de maille au niveau du cou, ou évacuer les vampires au soleil grâce à une arbalète reliée à un treuil !
Le film ne perd pas de temps, démarrant directement dans l'action, pour livrer une intrigue simple mais sans temps morts. Et bénéficiant de personnages qui fonctionnent très bien. John Crow est le chasseur au passé violent, à moitié psychotique, rebelle et cynique. Un ersatz de Snake Plissken que Kurt Russel se serait amusé à interpréter. Mais non, c'est James Woods, qui semble également s'éclater, et offre une prestation très convaincante.
A ses côtés, quelques bonnes têtes. Alec Baldwin devait jouer le bras droit, mais quitta le projet et refila le rôle à son frère Daniel (non ce n'est pas une blague), qui fait le taff. Sheryl Lee (la Laura Palmer de David Lynch) incarne une prostituée vampirisée au rôle limite indigent, mais elle parvient justement à lui donner un peu de corps. Thomas Ian Griffith (l'antagoniste de "Karate Kid III" !) joue le grand vampire démoniaque, personnage un peu cliché mais sa sauvagerie en fait un bon méchant.
D'ailleurs question sauvagerie ça ne rigole pas. Le film mise beaucoup sur les visuels et les effets spéciaux à l'ancienne : têtes coupées, corps éclatés ou transpercés, vampire qui explosent... Tout ceci aurait pu être ridicule, d'autant que le budget a été raboté du tiers (60 millions à 20 millions) au dernier moment. Mais non, Carpenter a maîtrisé sa production, et envoie le paquet dès le départ.
Il y a tout de même quelques ellipses dans les grosses scènes d'action, on sent bien que la production n'a pas eu toute la latitude qu'elle aurait pu/du avoir. Notamment le dernier acte assez vite expédié. Néanmoins au vu de la somme cela reste un bien bon film fantastique. Par ailleurs agrémenté d'une BO sympathique signée Big John himself, évidemment !