Steven Soderbergh est un homme de contradiction : alors que cela fait désormais plusieurs mois (depuis 2010 pour être précis) qu'il clame à tout bout de champ l'annonce de sa prochaine retraite cinématographique, jamais il n'aura été aussi productif que ces dernières années puisqu'après "Contagion" (un film catastrophe au caractère informatif intéressant et affublé d'un casting pléthorique mais dont la principale tare était d'être dénué de rythme) et avant la sortie (le 15 août) de "Magic Mike", voici "Piégée", un thriller d'action et d'espionnage sans prétention. Petite série B au scénario éculé d’une pauvreté embarrassante, "Piégée" reprend à peu près tous les ingrédients de "Contagion", et par conséquent, tous ses défauts : en effet, malgré une distribution impressionnante mais sans génie (Ewan McGregor, Michael Fassbender, Channing Tatum, Michael Douglas, Antonio Banderas, Bill Paxton, Mathieu Kassovitz !! Comme quoi, les carnets d'adresse, ça peut servir des fois ...), "Piégée" ne décolle jamais vraiment, le rythme lancinant altérant rapidement l'intérêt de ce long-métrage d'autant que l'actrice principale, Gina Carano, championne de free-fight à la carrure de déménageur et aussi sexy qu'un camionneur, offre une prestation digne de Jason Statham (que ce soit au niveau action mais aussi avec une seule expression faciale pendant 1h30 ...). Si l'intrigue avait au moins été mise en valeur, peut être aurions-nous eu l'impression de ne pas perdre notre temps : malheureusement, ce n'est pas le cas avec une histoire vue et revue cousue de fil blanc qui s'avère au final être trop convenue et très décevante. En conclusion, "Piégée" n'aurait pas dépareillé en sortant directement en Direct-to-DVD, sauf que certains réalisateurs bénéficient d'une aura suffisante pour s'offrir un passage en salle - même pour des oeuvres secondaires - . Il n'en reste pas moins vrai que le spectateur aurait pu s'épargner cette peine tant l'impression que Steven Soderbergh ne s'est pas vraiment foulé est présente. Franchement, passez votre chemin sans regret ...