"Potiche" est une comédie légère et pétillante de François Ozon, qui revisite les années 70 avec un charme rétro. Catherine Deneuve brille dans le rôle de Suzanne Pujol, une femme au foyer reléguée au second plan qui, après la maladie de son mari autoritaire, joué par Fabrice Luchini, prend les rênes de l'entreprise familiale avec un mélange de grâce et de détermination. Le film aborde des thèmes féministes de manière subtile et humoristique, tout en offrant des performances savoureuses et des dialogues bien écrits. Bien que parfois prévisible, "Potiche" séduit par son ton vif et son esthétique colorée. Un divertissement intelligent et agréable.
Une jolie histoire prenante et entraînante qui permet de parler de la place de la femme dans notre société, même si celle-ci reste vraiment édulcorée pour que cette oeuvre reste divertissante.
En 1977,une docile bourgeoise mariée à un industriel trouve à s'émanciper quand, à la faveur d'un indisposition de son époux, elle reprend les rênes de l'usine familiale. Félicitations aux décorateurs et accessoiristes. Avec leur concours, François Ozon s'est ostensiblement appliqué et amusé à reproduire la mode et l'esthétique des années 70. Entre autres choses charmantes: tapisseries géométriques, brushing et pulls à col roulé, jusqu'à l'étui de velours pour le téléphone et la défunte R16 (conduite par un Depardieu très à l'étroit au volant!). C'est en définitive ce que l'on retient le plus volontiers de la comédie de François Ozon qui tourne au plaidoyer féministe appliqué à la décennie 70. Car, pour le reste, c'est-à-dire sur le fond, on est plutôt déçu. Au-delà de l'ironie que recouvre la "revanche" paisible d'une épouse potiche, face à son mari et patron bien à droite(Luchini), face au député-maire communiste de la ville et ancien amant (Depardieu), ce sujet théatral, dont Catherine Deneuve est le personnage central, est assez prosaique dans les situations comme dans le texte. A l'instar d'un Luchini sobre, sinon bridé, le fim manque d'être réellement corrosif. Sans doute Ozon invoque-t-il une "révolution" en douceur concernant le personnage de Deneuve mais son approche détermine de fait un film sans surprise ni éclat. En faisant le choix de n'être pas grinçant, sa satire de moeurs est parfois un peu fade.
Une bonne adaptation de la pièce de théâtre. On apprécie le kitsch nostalgique de la fin des années 70, les bons dialogues et les bons acteurs. Une comédie drôle et divertissante.
Si l’intention partait d’un bon sentiment, le traitement, lui, s’est abandonné à toutes les facilités. Le film semble chercher à faire rire les esprits les plus dociles de la sphère "bobo-gaucho", teintée de mépris à l'égard de toutes les strates de la société, y compris celles qu’il prétend défendre. Dès lors qu’on connaît un peu les tics idéologiques de ce microcosme, tout devient prévisible : le développement, le climax, la fin… tout saute aux yeux dès la première minute.
Faire un film « gentil » et « éthique » ne suffit pas à faire vivre une expérience enrichissante. Il faut que la foi en l’histoire dépasse le discours.
C’est justement ce que François Ozon a su faire, bien plus tard, lorsqu’il s’est libéré de ces oripeaux idéologiques pour embrasser une vraie complexité humaine, comme dans Jeune et Jolie, où il s’est enfin révélé en tant que cinéaste majeur.
Un film génialissime. Catherine Deneuve, dans un de ses premiers rôles de comédie est extraordinaire. Tous les acteurs sont très bien dirigés et l'alchimie du couple Deneuve-Luchini (malgré leur différence d'âge) fonctionne à merveille. L'histoire : Suzanne Pujol a hérité d'une société et d'une usine de parapluies. Son mari s'est aussitôt emparé de l'affaire. Robert est l'archétype du mari trompeur, du PDG traitant ses employés avec mépris... En revanche, nous sommes en 1977 et les salariés demandent des hausses de salaires, plus de congés payés, etc... Robert se retrouve séquestré dans son bureau par les ouvriers et part en cure de repos. Qui se retrouve propulsé à la tête e l'entreprise ? Catherine Deneuve, bien sûr !
On sent que c'est tiré d'une pièce de théâtre mais ça reste regardable voir sympathique. Type vaudeville sur la libération des femmes à la fin des années 70 et les nombreux non-dits en famille. 3,2/5
Scénario invraisemblable : on se croirait dans le monde de Oui-Oui ! Je suis d'un naturel optimiste, mais à ce point là, j' avoue que ça m'a souvent gêné pour rester dans l'histoire. Même Depardieu se ridiculise en gros pachyderme dansant dans une boîte de nuit... Enfin on rit par moment, ce qui rachête beaucoup de choses...
Enjoué, assez drôle sur la forme, brillamment interprété avec une ambiance années 70 sympa. Bons dialogues. Pour le fond c'est assez caricatural et peu fouillé : un remake de la Zizanie avec de Funes donc avec 30 ans de retard.
Une comédie française assez facile où les femmes prennent le premier rôle, tout y est assez peu original. Mais j'aime peu Lucchini, son air suffisant et snob, et là il a un rôle sur mesure de gros nul parfait pour lui.
Une comédie réjouissante qui sans égaler la version avec Maillant en offre une autre vision différente, sympathique mais satisfaisante. Sans être le meilleur cru de François Ozon, «POTICHE» reste un bon film. Très réussit dans sa première partie et un peu moins dans la deuxième, mais globalement c’est un bon divertissement. Dans l'ensemble des acteurs font des étincelles et le texte originale respecter et toujours aussi jouissif.
Cette brillante comédie est un régal ! Emmenée par des acteurs pétillants (mention spéciale à Catherine Deneuve) elle aborde de nombreux sujets sur un mode tendre, désabusé ou sarcastique : féminisme, confrontation entre les classes sociales, monde de la politique, syndicats. Une satire grinçante sur la société des années 70… pas si différente de celle d’aujourd’hui.
Belle comédie qui nous replonge dans les années 1970 : les mises en plis, les cols roulés, les cigarettes partout, le paternalisme, la lutte des classes, la laque, la R16, les Kickers. Sur fond de changement profond de la société avec le travail des femmes, voire leur émancipation, les "combats" politiques et les revendications salariales, les personnages se tiennent tous plus ou moins les uns les autres qui avec des histoires de coucheries, qui avec des parts de capital social d'une société, qui avec l'outil de production. Quelques bonnes répliques qui méritent toute l'attention comme lorsque Nadège (Karin Viard) dit à Suzanne (Catherine Deneuve) : "Je prends votre place madame Pujol ?", laquelle lui répond aussitôt : "Oui, vous faîtes ça très bien." À noter un propos clairement avant-gardiste pour 1978 lorsque Suzanne prône le retour au matriarcat. Quarante-trois ans plus tard, on n'y est toujours pas !