Je ne voulais pas le voir au départ car l’affiche ne me plaisait pas, puis les films français… Mais quand il n’y a rien sur le câble pourquoi pas ? Avouons-le : ce n’est pas le film moyen auquel je m’attendais, non c’est mieux.
Cela est avant tout du aux dialogues, si on acclame Audiard François Ozon devrait l’être aussi (car il réalise, fait les dialogues et le scénario), car l’humour ne vient que de ces textes très bien écrits, créant le vaudeville, louchant vers des faits actuels et amenant les quiproquos. Hormis ça on a un beau casting, des prestations d’acteurs différentes mais plutôt moyennes, un humour décapant, une dénonciation des mœurs de l’époque très juste, une bonne histoire quoiqu’un peu déjà vu, une trame qui change, un revirement de situation succulent (mais là aussi attendu), une musique qui colle bien, des costumes colorés et d’époque qui vont bien aux personnages typés qu’on nous présente, un rythme qui se tient et rien de spécial pour les décors, même si j’ai apprécié que cela se déroule dans le Nord.
Cela parait peu mais pour une production française c’est déjà beaucoup, par contre on n’échappe pas au côté supérieur de notre culture. En effet, pour paraitre mieux, pour que le film semble plus travaillé, moins banal, meilleur quoi, on complexifie l’ensemble pour rien. On se retrouve donc avec une mise en scène catastrophique, notamment dû à des ellipses balaises. Par exemple :
on ne parle presque que de ça mais on ne voit pas le changement dans l’entreprise, ni la prise de pouvoir de la Deneuve, ni ce qu’elle fait, pareil pour ses enfants. C’est montré 5 minutes, évoqué ensuite, alors que c’est la partie principale du récit, ce qui va tout construire. Dans le même genre on peut rajouter la féminisation croissante et le revirement de la secrétaire (Viard) qui sont pratiquement passés sous silence alors que dans une comédie sociale comme celle-là cela avait une bonne place.
Ajoutons des chansons chiantes et qui tombent comme des bouses (l’intérêt de leur présence ?), une morale facile et prévisible car typique des longs métrages français, des transitions bâclées quand elles ne sont pas tout simplement absentes. Dommage car l’idée et le scénario étaient bons, j’aurais même aimé savoir ce qu’il passait après (car oui ça s’arrête net).