Habemus Papam
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466 critiques spectateurs

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pandani
pandani

43 abonnés 379 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 septembre 2011
J'ai trouvé l'idée de départ plutôt marrante, le début du film plutôt réussi, mais ensuite j'ai complètement décroché, tellement ça traînait en longueur, entre tentatives burlesques ratées et questionnement creux. Je me suis même endormi deux fois ...
L'AlsacienParisien

689 abonnés 1 432 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 septembre 2011
Le sujet du film "Habemus Papam" est délicat mais en même temps très intriguant, car même moi qui ne suis pas croyant, j'ai été curieux de voir le rendu. A la mort du pape, les cardinaux se réunissent en conclave, soit coupé du monde, afin d'élire le nouveau guide du monde catholique. C'est là que commence le long-métrage aux connotations très réalistes. Le cardinal Melville est élu mais rien ne se passe comme prévu dans la célébration de son élection ; le nouveau pape fait une dépression. Un brillant psy, athé, est appelé afin de résoudre ses problèmes. En somme, un scénario-catastrophe pour les fidèles! Le gros coup de coeur du film, c'est de présenter le côté humain de ce cloître religieux, Nanni Moretti met en avant avec un humour malicieux et bien placé ces hommes de Dieu, mais qui sont avant tout des êtres humains avec des sentiments et des émotions. La scène de votes devient alors très comique, entre ceux qui copient sur le voisin et les autres qui prient de ne pas être élu pour ne pas endosser cette responsabilité énorme. L’interprétation de Michel Piccoli est touchante car son personnage "bon vivant" se trouve coincé et adulé par la terre entière contre son gré et cherche refuge en dehors des murs religieux, afin de trouver des raisons et des motifs à son élection. C'est un homme perdu et tourmenté par son existence. Dommage que les raisons profondes de sa dépression, bien que traduites légèrement dans le discours final, restent peu expliquées. L'idée initiale est donc très intéressante, la réalisation est propre et soignée et l'humour bien présent mais au bon d'un moment, le scénario s'épuise et perd de sa conviction. En effet, voir tous les cardinaux faire un tournoi de volley organisé par le psy m'a vraiment pas convaincu, surtout que çà dure un certain temps. Mais rien que pour voir ces images si réalistes prendre une tournure si tragiques, je dirais que le curieux repart satisfait!
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 10 septembre 2011
Quelques moments drôles mais des longueurs aussi : la scène de Volley-ball, complètement inutile, est interminable. Ce n'est sûrement pas le meilleur film de Nanni Moretti qui nous a habitué à mieux.
Benedicte B
Benedicte B

16 abonnés 56 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 septembre 2011
Piccolli est magistral et le doute est le vrai personnage du film. Pour le reste, beau debut, bcp d'errence, une fin un peu baclée...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 septembre 2011
Une idée de scénario géniale, pour un film plein d'humour, magnifiquement servi par Michel Picoli. Un trés bon moment de cinéma.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 septembre 2011
Un grand Moretti. Ouf le bon cinéma italien n'est pas mort!
François C
François C

9 abonnés 54 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 septembre 2011
Du pur plaisir. Avec du sens.Et Piccoli, tout en finesse. À voir en VO.
ROKENROL
ROKENROL

9 abonnés 108 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 septembre 2011
j'ai passé un très bon moment avec ce film c'est drole, émouvant, michel piccoli en vieil homme dépassé par ce qui lui arrive, et qui fugue pour faire le point sur sa vie... on ri beaucoup dans cet endroit qui a l'air tellement austère... je le recommande a tous
islander29

1 039 abonnés 2 691 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 septembre 2011
Nous avons un pape...Je ne suis pas fan de Nanni Moretti, même si j'estime qu'avec ce film il prend un virage assez osé...Un pape choisi par défaut (la charge étant trop lourde pour ses acolytes) échappe à son contrat en déambulant dans les rues de Rome...Plutot dur d'ouvrir les tiroirs du réalisateur....La psychanalyse est un refrain du film, faut il voir en tout d'homme d'église un sujet à une psychanalyse ? C'est ce que semble penser Moretti mais il le fait avec humour..Le pape rencontre une femme psychanalyste, fantasme ou soumission au pouvoir du sexe ? Le pape est magnifiquement interprété par Michel Piccoli et les cardinaux sont plutot truculents...La partie de volley à la fin du film (presque dix minutes) semble interroger le spectateur sur le pouvoir de l'église, son rôle voire son utilité...Le film est techniquement maitrisé et les couleurs des robes des prélats donnent souvent un spectache joyeux...Pas de lourdeur, de la légèreté permanente, ce voyage dans le monde du vatican est intriguant, mystérieux mais d'un propos rare et à découvrir...L'originalité du film est un atout non négligeable...
framboise32
framboise32

185 abonnés 1 294 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 septembre 2011
Le film se déroule en Italie, place Saint Pierre au Vatican. Le pape vient de mourir, et les cardinaux s’enferment pour élire le successeur. Le vote se porte sur le cardinal, Melville. A l’annonce de sa « nomination » Melville est en proie à de grands doutes. Il refuse alors de se présenter à la foule amassée en bas du balcon et au milliard de fidèles. Le Saint-Siège fait alors appel à un psychanalyste, Brezzi, pour l’aider. Melville échappe à la surveillance dont il est sujet. Melville se retrouve dans les rues de Rome à la recherche de « la » solution. Il pense alors à la vie qu’il aurait pu avoir, à ses envies, comme cette carrière d’acteur qu’il aurait aimé suivre. Melville disparait quelques jours. Les cardinaux enfermés au Vatican, ne se doutent pas de la disparition du pape. On leur fait croire qu’il est dans sa chambre en pleine réflexion.

1 h 40 de bonheur ! Ce film est drôle, émouvant, mélancolique. Un récit sur les doutes d’un homme face aux responsabilités qu’on lui donne. Nanni Moretti s’en donne à coeur joie, il « s’attaque » à la grande institution qu’est le Vatican. Il s’amuse des petits travers des cardinaux, tout en restant très respectueux. L’humour est présent, un humour tendre.

L’acteur Michel Piccoli, 85 ans, est magnifique dans ce rôle de pape, d’homme pris de doutes. Il incarne cet homme face à ses responsabilités, seul devant la décision, revenant sur son enfance, réfléchissant à ses envies, ses possibilités, et en proie à de grandes angoisses. Il joue tout en retenue, émouvant, tendre. Nanni Moretti s’est filmé dans le rôle du psychanaliste bavard, qui transforme les cardinaux en joueurs de volley !

« J’ai toujours eu énormément d’admiration pour Piccoli, confie Nanni Moretti. Il a été mon premier choix, je lui ai seulement fait faire un essai, pas pour savoir s’il serait bon, évidemment, mais s’il tiendrait tout un film dans une autre langue que la sienne. Ce que je cherchais en lui, c’était cette combinaison rare entre l’aura, l’autorité et la candeur, l’extrême vulnérabilité que l’on sent dans son regard. » (Le parisien)

Un film réjouissant !
Vivien19
Vivien19

69 abonnés 443 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 septembre 2011
Nanni Moretti sort ses films à un intervalle d'environ cinq ans à chaque fois. On se souvient du Caïman, sorti en 2006, de La Chambre du Fils, désormais vieux de dix ans et palmé à Cannes, mais cet Habemus Papam se rapporterait plus à La Messe est finie de 1985, qui racontait l'histoire d'un prête qui quittait l'île où il officiait depuis une décennie pour Rome où il retrouve familles et proches. C'était d'ailleurs l'un des meilleurs films de Moretti (qui peut faire du bon comme du mauvais), et c'est donc avec une certaine impatience que l'on attendait ce retour au milieu chrétien donné par Habemus Papam. Présenté à Cannes entre The Tree of Life (Malick), Drive (Refn), Melancholia (Lars Von Trier) et La piel que habito (Almodovar), il faut dire que les chances étaient mince d'une hypothétique victoire d'Habemus Papam où que ce soit, tant au niveau des performances d'acteur que de la mise en scène, tout cela restant d'une certaine qualité appréciable mais ne faisant pas le fois face aux calibres sélectionnés cette année. Reparti bredouille, mais globalement bien apprécié, le film sort enfin sur nos écrans dans très peu de salle. L'occasion pour moi d'aller le voir en VOST dans le cinéma d'auteur du coin. Michel Piccoli interprète un Cardinal qui, après la mort du précédent Pape, est élu à la suite de nombres de votes par l'assemblée de ses confrères. Il devient donc Pape, mais ne sent pas qu'il soit destiné à l'être, ne se sent pas capable, inapte à ce nouveau job des plus importants. Il n'ose pas se présenter en public, son identité et donc gardée secrète mais pour qu'il puisse enfin se présenter en public, le Vatican fait appel à un psychiatre (interprété par Nanni Moretti), qui va essayer de soigner l'homme de différentes façons. Comme ça, je suis sur que ça rappelle à quelques uns Le Discours d'un Roi, où le roi bègue George V était rééduqué à la parole par un orthophoniste en urgence pour qu'il puisse apparaître en public sans se tourner en ridicule. Mais non, Habemus Papam se révèle agréablement novateur et original, unique. Le début commence un peu bêtement, l'entrée des cardinaux dans la "salle des votes" (pardonnez mon ignorance, je peux pas donner le nom précis), avec journalistes qui les interrogent et fidèles qui les acclament. On a donc le vote, et l'élection de ce Pape fictif. Après, ça devient vite intéressant, vu que le personnage principal se révèle magnifiquement interprété par un Michel Piccoli au meilleur de sa forme. Malheureusement, ce n'est pas vraiment le cas du reste du casting, car même si chaque apparition de Piccoli est un met précieux, celles de Moretti (si l'ont excepte la première), sont profondément ridicules, tournant au loufoque et à la parodie religieuse pas vraiment marrante qui laisse un peu de marbre. Moretti ne fait aucune réelle superbe dans sa mise en scène, trop classique et trop "téléfilm" pour réellement s'échapper de l'étiquette "film d'auteur" collée normalement au film sans même un visionnage. Quelques beaux plans et beaux cadrages, mais certaines scènes auraient put être totalement coupées (on a le droit à tout le panel de ce côté là : longueurs, clichés, moquerie ratée). Pas vraiment de profondeur, mais le film se sauve du gouffre par Piccoli, comme dis plus haut, qui est sans aucun doute possible la véritable attraction du film. Beaucoup de choses étant trop superficielles pour paraitre réellement existantes. Habemus Papam est une comédie "à l'italienne" tout à fait honorable. Un concept assez original et une belle brochette d'acteurs (Piccoli avant tout), mais certaines scènes un peu à côté de la plaquetsont un peu trop ratées pour faire de ce film une réelle grosse surprise. Il mérite sa présence à Cannes mais sera sans doute aussi vite oublié qu'il est sorti.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 9 septembre 2011
Quelle bonne surprise. Je ne connaissais de Moretti que ses premiers films, que je n’avais pas du tout aimés. J’ai bien au contraire adoré « Habemus Papam », sans aucun doute un des meilleurs films sortis cette année. Tout d’abord, Moretti a eu une idée simple et pourtant redoutable : que se passerait-il si un pape nouvellement élu refusait d’assumer sa charge ? De ce point de départ, il en tire un film à mi-chemin entre le drame et la comédie, les deux aspects étant aussi réussis l’un que l’autre. Car, tout d’abord, Moretti, dont on s’imagine bien qu’il n’est pas un fervent catholique, n’est pas là pour faire un film polémique contre le Vatican, même si, comme on s'en doute, il est moqueur à son égard. Tout comme son personnage de psychanalyste, il ne s’intéresse pas tellement au Pape et aux cardinaux, mais surtout aux hommes. Ensuite, son film bénéficie de la présence d’un immense acteur qui n'a plus rien à prouver : Michel Piccoli est exceptionnel en Pape soumis au doute. Enfin, Moretti met plus en avant le personnage du psychanalyste qu’un autre réalisateur aurait pu le faire. Loin d’être un caprice d’acteur-réalisateur souhaitant tirer à lui la vedette, il en profite pour monter une étonnante comédie burlesque au Vatican, d’une drôlerie indéniable. Le Pape et le psychanalyste ne se croisent qu’au début et à la fin du film, si bien qu’on pourrait dire qu’il y a deux « Habemus Papam » : un dramatique, un comique. Pourtant, et tout l’intérêt est là, le film de Moretti est homogène, fluide, passionnant. Chef d’œuvre inattendu.
Eldacar
Eldacar

64 abonnés 357 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 août 2012
Avec "Habemus Papam", Nanni Moretti signe un long-métrage apaisé (même souvent drôle) et loin des polémiques créées par son précédent film "Le Caïman". Car contrairement à se qu'on pouvait attendre, il ne s'agit pas d'un brûlot anticlérical ou d'une remise en cause du catholicisme. Si on y décèle une critique de la psychanalyse (le psy obsédé par le fait d'être le meilleur et que sa femme l'a quitté pour ça aurait bien besoin de consulter) et de la télévision (un journaliste tente stupidement d'interviewer les cardinaux en prière ou voyant une fumée blanche alors qu'elle est noire), rien ne remet en cause la foi en Dieu. Jamais Melville, le cardinal nouvellement élu Pape, ne traverse une crise dans sa foi en Dieu. De même, on ne sent aucun mépris dans le regard que Moretti porte sur les fidèles. Plutôt qu'à une critique de la foi, nous assistons à une critique des institutions. C'est un Vatican figé dans ses traditions qui nous apparaît à l'écran. Le Vatican durant le conclave n'est d'ailleurs pas sans rappeler une prison. Les cardinaux ne peuvent pas sortir tant que le Pape nouvellement élu ne s'est pas présenté sur le balcon, les gardes suisses sont de plus en plus nombreux à suivre le psychiatre appelé pour « guérir » le malaise de Melville... La scène d'ouverture annonce déjà les problèmes à venir. Évoluant dans des plans parfaitement symétriques (métaphore visuelle de la rigidité du Vatican), les cardinaux avancent en récitant une prière mais ils sont bientôt contraint à l'arrêt durant quelques secondes due à une erreur dans le texte qu'ils récitent. La belle organisation commence déjà à flancher. Et Melville va mettre à mal la tradition de toutes les manières possibles. Il refuse de se présenter au balcon, perturbe un cérémonial des gardes suisses, consulte deux psychiatres, s'enfuit dans Rome et refusera finalement d'être Pape. Mais les cardinaux refusent obstinément tout changement, même minime, dans leurs rites ancestraux. Ils ne sont pas sans ressembler à des enfants suivant les règles dictées par leurs parents, notamment Melville qui, complétement égaré, semble avoir besoin d'être guidé. On voit également les cardinaux se comporter en enfants lorsqu'ils jouent au volet, qu'ils tapent des mains et se dandinent sur la musique... Nanni Moretti n'a pourtant aucun mépris pour eux, il nous montre même qu'une véritable entraide existe entre les cardinaux. Dès que l'un d'eux tombe par accident, tous lui demande s'il va bien et ne s'est rien cassé, montrant une vraie préoccupation pour les autres. De même lorsqu'ils jouent au volet, chacun applaudi l'équipe qui marque, même l'équipe adverse. Mais les cardinaux ne sont plus vraiment en phase avec le monde extérieur (leur proposition de jouer à la balle aux prisonniers et raillée par le psychiatre qui répond qu'on ne joue plus à ça depuis des années) et la tradition reste à suivre, d'où leur choix de ramener de force Melville au Vatican malgré sa proposition de disparaître sans bruit. Melville (Michel Piccoli brillant) ne peut supporter le poids de la fonction de Pape, qui s'apparente par de nombreux côtés à un rôle. "Habemus Papam" fait en effet un parallèle entre le théâtre du Vatican et le théâtre réel. La grande théâtralité de l'arrestation de Melville assistant à une pièce rassemble ses deux théâtralités en une scène. Melville a autrefois rêvé de devenir acteur mais il n'en est pas pour autant prêt à accepter les sacrifices inhérents à la fonction de Pape. Car après son élection, Melville a senti disparaître de sa mémoire les gens qu'il avait connu et c'est se que nécessite le rôle de Pape : un abandon total de son ancienne vie pour que l'homme disparaisse derrière la fonction. Et beaucoup ne sont pas prêt à assumer se fardeau comme nous le prouve la scène du vote ou l'on entend les prières intérieures des cardinaux demandant à Dieu de ne pas les choisir. Au point que ses prières deviennent une véritable cacophonie, qui n'est d'ailleurs pas sans ressembler à celle créée par la troupe de théâtre récitant tous en même temps leurs dialogues. Si Melville, en devenant Pape, donne de l'espoir à des centaines de fidèles, comme dans la scène de la voiture, il ressemble en même temps être une bête de foire piégée. Il choisira finalement la liberté et l'honnêteté vis-à-vis des fidèles en reconnaissant son incapacité à diriger la papauté.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 9 septembre 2011
Le thème de la fanatisation des foules pour une idole et de la faiblesse humaine des puissants est bien traité : acteurs excellents, mise en scène soignée. Dommage que le scénario dérape avec la ridiculisation des cardinaux (ça aurait gagné à être moins lourd), et quelques détails matériels irréalistes (comment le pape qui s'échappe a t'il du liquide et une CB sur lui pour payer ses dépenses, pourquoi est il accepté avec une si grande bienveillance partout où il se rend incognito ?)
Au bilan, film tout de même agréable et intéressant par l'originalité et la profondeur du thème.
cristal
cristal

197 abonnés 789 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 septembre 2011
Tout commence par une brillante idée de comédie : Melville, accédant à la papauté, se retrouve effrayé face à des milliers de fidèles attendant impatiemment le nouveau visage du Vatican. Fumée blanche, balcon surplombant, attente d'un peuple. Mais, ô surprise, le nouveau pape est parcouru d'un effroi que ses disciples ne comprennent pas. Fuyant sa tâche, restant dans l'ombre et laissant l'Italie et le reste du monde dans l'incompréhension et le questionnement, Melville se voit confronté (au sens cinématographique du terme), à un psychanaliste envoyé par l'église pour résoudre le problème et lui redonner courage et conviction. Le face à face, léger, entre deux pantins, le civil sous l'emprise d'une icône et l'icône manipulée par le civil, est une véritable idée de comédie car elle engage le combat humain de la parole entre le microcosme et le macrocosme, la petite foule et sa grande institution, l'Italie et son église. Pour autant, rien de religieux dans le film de Moretti, bien au contraire. "Habemus Papam" n'est ni un mélodrame de la foi ni une farce bouffone, juste une comédie que l'on pourrait qualifier d'antique tant elle ne répond à aucun code temporel comique qui se rapprocherait réellement de la comédie contemporaine. C'est une comédie de l'esprit humain, forgeant un rire que l'on suppose athéiste et dont l'unique message serait l'ôde à la vie et à la liberté intellectuelle, et par-là même la constatation d'un univers factice, qu'il s'agisse de celui dans lequel évolue le cardinal Melville et ses règles, ou bien celui du psychanaliste et de ses analyses grotesques. La grande idée du film est tout d'abord de faire de l'un et de l'autre les prisonniers d'un code, social d'un côté (le psychanaliste qui ne connaît que des psychanalistes), religieux de l'autre, voire même médical ou carcéral (le Vatican et son cercle fermé). C'est en cela qu'"Habemus Papam" ne dénonce rien mais constate que, roi ou clochard la tristesse est un même sentiment. Melville, touchant et taiseux, pris soudain d'une envie de liberté, s'enfuit lors d'une scène comique dans les rues du Vatican et redécouvre avec nous ce qu'est le monde autour. En revanche, si l'on voudrait croire que le psychanaliste (interprété par Moretti lui-même, judicieux choix qui l'oppose ainsi métaphoriquement comme le cinéaste dirigeant son acteur) n'apprend rien de ses vacances forcées au sein du Vatican, il lui arrive toutefois de s'y méprendre et d'oublier ses méfiances et son scepticisme au profit d'un bonheur organisé entre lui et les cardinaux autour d'un match de volley. Le film est toujours là où il faut ; du côté du Pape fuyant et, en même temps, du psychanaliste prisonnier de ses fonctions inabouties. Les rôles s'échangent, le psychanaliste que l'on croyait libre se retrouve enfermé, et le Pape anciennement pantin trouve sa liberté et sa joie dans la fuite. Ce qui rend l'approche et la sourde émotion du film universelle ne tient pas dans l'idée de 'filmer le peuple' mais uniquement de le représenter humainement par deux faces, à la fois celle d'un homme à priori commun qui exerce son métier dans un bureau et l'autre, à priori divine et symbolique, qui perd pied. "Habemus Papam" repose sur une véritable science de l'à priori qui en fait toute sa force. Film sur l'apparence et les milieux, sur le clivage entre humanité et divinité, la comédie y apparaît comme le seul moyen de faire transparaître une gamme d'émotions profondes qui ne tiennent pas du "Lacrymosa" mais plutôt de la Comedia Dell'Arte. Soit le film est drôle dans ses décalages (notamment celui, peut-être un peu trop appuyé, du match de volley), soit il est juste simple et normal lorsqu'il touche à une vérité humaine qui nous porte tous : l'envie d'une liberté d'être et d'action, sans forcer le trait de l'exercice philosophique et existentiel ni chercher l'émotion là où elle ne sert rien. Il n'est évidemment pas anodin de voir que le parallèle établi par Moretti avec la troupe de comédiens en pleine production se greffe à l'apparence déjà surjouée du Pape dans son royaume. On apprend ensuite, naturellement, que ledit Pape est en fait comédien raté, déçu à vie de n'avoir pu réaliser ce rêve que sa soeur aura su quant à elle prendre au vol dans sa jeunesse. La théâtralité du monde populaire et celle, plus surnaturelle, du Vatican, se trouvent reliées de manière tout à fait subtile au point que le Vatican devient grâce au psychanaliste une aire de jeu et de mesquineries hilarantes, alors que les rues de la ville ne sont peuplées dans le film que de ces comédiens que Melville se met en tête de suivre en espérant y trouver un rôle à sa taille. Sublime la scène où, effacé dans la salle vide d'une répétition et juste derrière un metteur en scène qui dirige ses acteurs, Michel Piccoli insiste en lui disant qu'il peut jouer le rôle, tchekhovien. L'oreille injuste du metteur en scène n'y prête aucune attention et l'homme fait mine de ne rien entendre. Plus tard, lorsque Melville se retrouve au bal
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