1750 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
313 critiques spectateurs
5
29 critiques
4
103 critiques
3
59 critiques
2
40 critiques
1
32 critiques
0
50 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Cinephille
174 abonnés
634 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 21 décembre 2011
J'ai apprécié un film clairement politique, et très "matter of fact" sans aucun pathos, ("pleurer ne sert à rien" comme dit le flic joué par Daroussin). Les personnages sont évidemment attachants, et Kaurismaki a aussi le mérite de montrer que les choses ne sont pas binaires et qu'un flic peut être un très bon enquêteur mais aussi quelqu'un qui n'admet ni ne favorise la chasse aux immigrés. Il fait également une ode aux vieux couples et à l'amour qui dure. La mise en scène est sobre et sert bien le propos. L'esthétique années 60 n'est pas ma tasse de thé et je ne vois pas bien ce qu'elle apporte au film, mais peu importe, ça n'est pas gênant.
Un drame social de plus d’Aki Kaurismaki qui traite intelligemment de l’immigration clandestine en se penchant positivement sur une belle histoire d’entraide. Au lieu de nous montrer la détresse et toue l’horreure de ces situations insoutenables, il préfère nous montrer qu’il faut avoir du cœur, c’est un peu du moralisme à la Kurosawa mais il est loin d’en avoir la même portée dans cette œuvre ci. J’avais beaucoup aimé « L’homme sans passé », je me suis pas mal ennuyé dans « Le havre ». Même si l’histoire nous touche et que l’interprétation française est très bonne, je trouve moins d’idées dans la mise en scène qui reste très plate. Sympathique et un sourire à l’apparition de Little Bob dans un film mais ça ne vole pas plus haut…
C'est l'histoire de gens simples qui ne cherchent pas à comprendre lorsqu'il s'agit d'aider autrui. Ce qui doit être fait est fait. Kaurismäki pose sa caméra dans une ville portuaire française et filme avec une sincérité désarmante cette histoire justement humaine. Il n'est jamais meilleur lorsqu'il raconte une histoire de petites gens avec sa poésie habituelle. On pense au cinéma de Chaplin pour le simplicité des sentiments évoqués. Une simplicité qui n'a rien de péjorative, bien au contraire. Son histoire vise juste et frappe fort, directement au cœur. Tant de justesse qui évite toute naïveté, tout mélodrame facile, préférant la sincérité de l'âme et la richesse des gens bons. Simplement beau.
Aki Kaurismäki offre un film aussi surprenant qu'inattendu, avec des personnages aussi naïfs que brillants, des situations poétiques et absurdes. C'est volontairement poussé à l'extrême dans les dialogues, les anachronismes entre les 70's et aujourd'hui, les décors de théâtre mais restent l'humanisme et l'engagement politique. Un film qui mérite d'être vu.
La photo et les plans sont d'un esthétique et d'une poésie hallucinante. Chaque plan pourrait à lui seul être mis en tableau. On reconnaît la touche Kaurismaki. Les acteurs sont de beaux illustrateurs de portraits de personnages touchants et un peu perdu. Mais un scénario un peu trop lisse et naïf vient ternir un peu cette belle œuvre. Dommage même si dans l'ensemble c'est très appréciable.
Le film n'est pas mauvais en soi, à condition d'avoir un peu de nostalgie pour le jeu d'acteur théâtral façon "Truffaut", et les récitations de textes (d’ailleurs son acteur fétiche, Jean Pierre Léaud, tient un petit rôle). Passé cet obstacle de taille on pourra se laisser charmer par l’atmosphère de ce conte urbain terriblement vieillot (le temps s'est arrêté dans les années 50/60) malgré un sujet moderne. Réservé à un public averti !
J'ai envie de dire: Ouah !! Quel film !! Ce film est très original c'est le moins que l'on puisse dire. Il est singulier, car il s'en dégage une ambiance particulière qui lui est propre. Il fait écho à la crise des migrants qu'on connait aujourd'hui mais qui ne date pas d'hier car Sangatte et sa jungle ont déjà malheureusement bien vécu. Il y a aussi le contraste des époques car le spectateur se sent un peu perdu des fois avec d'un côté des décors des années 50 et 60 et de l'autre des éléments de la vie actuelle, l'euro, les premiers portables, etc... Et bien sûr il y a le personnage du commissaire à l'imper noir qui a une forte connotation. Mais il se "repend" si on peut dire à la fin du film. Il y a toujours de l'espoir donc. A noter que ce film offre quelques prises de vue de la ville du Havre.
Il y a dans ce dernier film de Aki Kaurismäki beaucoup d’émotions, d’espoir et d’amour aussi. Une jolie leçon de solidarité également. Souvent loufoque, voire volontairement absurde, le réalisateur met en lumières les coins obscurs de notre société. La Bo est particulièrement judicieuse. Et l’ensemble des acteurs parfaits. http://cinealain.over-blog.com/article-le-havre-91635597.html
Conte rétro à tendance apathique sur l'espoir qui sauve. Ne serait-ce que pour le style très kaurismäkien et son esthétique recherchée, parfois sublime, qui peuvent surprendre voire ensorceler, LE HAVRE vaut la peine d'être vu. Sinon, tension et rythme sont quasiment absents de la mise en scène, trop posée pour que saille la dimension dramatique. Une lenteur lourde et froide domine le tout, tranchée par un tardif live d'un improbable groupe de rock ringard. Pour l'histoire, simpliste, presque tout est dit dans le résumé. Le script rue un peu dans les brancards d'un système fascisant qui poursuit les immigrants irréguliers. Un parallèle peut être établi avec la traque antisémite. On parlera donc de l'importance de garder la foi, de bienveillance humaniste, d'optimisme... Le film tient grâce à la cohérence des plans, des tons (beaux pastels bleus, jaunes, rouges...), des décors et des costumes. Pour le reste, ça ne vibre guère. La pesanteur des interactions, l'anémie des dialogues et la diction délibérément récitée de certains personnages peuvent agacer – au plus horripiler, au moins peiner à séduire. La pauvreté et l'innocence criminalisées, l'être aimé menacé de mort expriment l'absurdité de ce monde. Malheureusement, en voulant les représenter de manière décalée, sans violence réelle ni réalisme, les scénaristes Aki Kaurismäki et Malla Hukkanen tombent dans le double écueil de la naïveté et de l'enjolivement. L'artifice de l'élégance plastique, sobre mais appuyée, fausse l'émotion et puis la dénonciation reste bien faible. Si on échappe au manichéisme sur la fin, on nous sert pourtant le portrait piquant des vils commerçants, hypocrites, obéissants, servant la police, et celui des âmes résistantes, vraies, réfléchies, empathiques, autour du gentil petit garçon noir malmené (dommage pour le cliché, avec le chien sur l'affiche), par ailleurs mal joué. Côté acteurs, c'est plat, malgré un André Wilms magnétique. En voulant imprimer le «mur d'absurdité» auquel le secourable Marcel Marx (un nom de poids!) se trouve confronté par un traitement distancé désincarnant, le cinéaste a donné au film une allure de conte altruiste paradoxalement glacial, où la tension passe pour paisible! Ce genre de récit, qui devrait se passer à Calais, se déroule au Havre. Or les caractéristiques architecturales de la cité, si particulières, ne sont pas exploitées: on voit très peu la ville (quelques recoins, deux bouts de côte...) – on pourrait être ailleurs. Histoire de nous faire encore perdre nos repères, le film se trouve baigné d'un design joliment désuet, épuré, façon années '60 à '70. On aurait pu avancer qu'il s'agit de poésie filmique si LE HAVRE n'était pas dénué de profondeur. Ce refus du réalisme, la prétention à l'intemporalité et le choix du minimalisme auraient de quoi charmer or ils nuisent à la force du film, qui finit par sonner faux. Un conte au style original mais au contenu trop simpliste et dilué, banal et peu habité.
Le Havre est un film qui repose sur un charme certain. On se croirait presque dans un film de Carné (les références sont évidentes, rien qu'avec le personnage se prénommant Arletty) et on a l'impression d'être revenu au temps du réalisme politique. Le problème c'est que ce charme tend à s'estomper dans la deuxième partie du film à cause d'un scénario malheureusement limité (alors que le sujet était intéressant). Mais les répliques fusent, les acteurs se la jouent et ils le savent, et finalement, ça marche.
Il faut admettre qu'il y a une belle bo et une belle couleur. Mais qu'est ce qu'on s'ennuit et la galerie de personnages, si elle est est charmante, présente toutefois peu d'emotions. Bref le film dégage juste une petite athosmphère rétro qui a son charme, mais à part ça c'est très creux.
Aki Kaurismäki signe un film vraiment décontenançant. Si l'histoire entre ce cireur de chaussures et ce jeune immigré africain est attendrissante, la réalisation et la direction d'acteurs est plus que déroutante, ce qui gâche considérablement notre plaisir.
"Le havre" porte bien son nom. Choisir la ville du Havre pour y placer cette histoire est très judicieux. Car cette ville du Havre est montrée comme un havre d'humanité, permettant au titre d'avoir un double sens, voire plus. Aki Kaurismäki porte à l'écran un très beau conte, utopiste, mais tellement optimiste. Kaurismäki fait les choses simplement, et se focalise surtout sur ses personnages. Pas de fioritures donc, il place sa mise en scène et même ses acteurs au second plan. Tout est au service de l'histoire, et non l'inverse. Une belle histoire, de la trempe des Chaplin ou de 'La vie est belle" de Capra. C'est pourquoi le jeu des acteurs peut paraître limite parfois, et la mise en scène un peu juste. C'est là que l'on prend conscience de toute la subtilité du film, et de son metteur en scène. "Le Havre" nous transporte le temps d'un film dans un monde plein d'espoir, qui aurait pu paraître absurde, s'il n'avait pas bénéficié d'un savoir-faire hors pair.
Encore un magnifique message d'espoir pour l'humanité avec ce nouveau film d'Aki Kaurismaki. Le scénario : Marcel recueille un jeune immigré au Havre et l'aide sans contrepartie aucune à rejoindre Londres et ce malgré des conditions très sommaires pour ne pas dire misérables. Le tout est illustré par un cinéma tout à fait singulier, une déclaration d'amour à la poésie, au théâtre, à la musique, à la lumière, bref à l'art. On aime ou on déteste, souvent. Moi j'ai adoré.