Petite introduction : Aki Kaurismäki fait partie de mon trio de tête en matière de réalisateur contemporain, avec Michael Haneke et Nuri Bilge Ceylan. Il est donc évident que si je juge mineur un de ses films, cela ne l'empêche pas d'être, dans l'absolu, une réalisation largement au dessus de la moyenne !
Cette année, la ville du Havre tenait la vedette au Festival de Cannes : après "La fée" à la Quinzaine des Réalisateurs, il y avait "Le Havre" en compétition. Un film français réalisé par le finlandais Aki Kaurismäki. Avec ce très grand réalisateur, j'ai un petit problème depuis "l'homme sans passé" : il a atteint un tel sommet avec ce film que les films postérieurs ont un peu tendance à me décevoir, ce qui est certainement très injuste. En plus, il se trouve que j'ai vu "Le Havre" à Cannes, juste après "Les neiges du Kilimandjaro" et, après un tel chef d'œuvre, n'importe quel film ne pouvait que souffrir de la comparaison. Tout cela pour finir par avouer que, pour moi, "Le Havre" est un film mineur dans la filmographie de Kaurismäki. Pourtant l'histoire de ce conte est éminemment sympathique : l'histoire d'un cireur de chaussures qui va tout faire pour aider un jeune africain à rejoindre l'Angleterre, aidé par tout un voisinage haut en couleur. Comme ce film est en français et non en finlandais, j'aurais été bien en peine s'il m'avait fallu deviner le nom du réalisateur. En fait, je crois que j'aurais fini par lâcher le nom de ... Jean-Pierre Mocky, ne serait-ce qu'au niveau des dialogues et de la façon de les dire. Entendons nous bien : quand je dis Mocky, je pense à l'époque où JP Mocky était un des meilleurs réalisateurs de sa génération ! Terminons par la musique : on y retrouve, jouant son propre rôle, le rocker/bluesman havrais Little Bob, petit par la taille mais grand par le talent. On entend aussi un blues, interprété, il me semble, par Memphis Minnie.