Pour son dixième film, Gregg Araki revient dans l'adolescence destructrice de ses débuts cinématographiques, avec ses personnages paumés, excentriques, désabusés, ses couleurs flashy et sa musique pop-rock. Le réalisateur retrouve donc ses thèmes fétiches : la jeunesse, l'homosexualité, la drogue, le sexe, un destin tragique et un évènement hautement surnaturel. Ici, pas d'aliens à l'horizon mais un scénario aussi bizarre que surprenant, filant dans une logique propre au réalisateur. Tout comme un certain Richard Kelly, le metteur en scène d'origine asiatique explore le fantastique avec complexité, entremêlant son récit de base – les déboires d'un jeune ado de 18 ans (Thomas Dekker, une révélation loin de ses débuts dans la série "Chérie j'ai rétréci les gosses" ou encore plus récemment dans "The Sarah Connor Chronicles") en pleine crise d'identité sexuelle – avec une histoire improbable de fin du monde. Ainsi, loin d'un énième film pour ados en manque de corps musclés ou de filles à poil, Kaboom se révèle être une surprise de taille pour le spectateur, se laissant immédiatement embrigadé dans une aventure humaine peuplée de jeunes collant au plus près de la réalité. Ils flirtent avec tout le monde, couchent pour un rien, se masturbent, fument des joints et vont en cours. Plus l'intrigue avance, plus on est absorbé par cette énigmatique enquête que poursuite notre héros, épaulé par des amis pour le plupart de fortune aussi extravagants les uns que les autres jusqu'à une révélation finale abasourdissante et purement Arakienne. Mêlant ainsi la noirceur de sa Trilogie de l'Adolescence Apocalyptique au burlesque de Smiley Face, Kaboom est une surprise de taille sublime et attractive, filmée et narrée d'une main de maitre par son créateur. Rires (les répliques cultes fusent à vitesse grand V), frissons et romantisme sont donc au rendez-vous pour l'un des longs-métrages les plus intéressants de Gregg Araki... à ne manquer sous aucun prétexte.
Un navet planétaire: le scénario a été écrit un soir de bringue par un pédé illuminé. Un mec qui veut se faire mettre par son coloc est victime d'une secte conduite par ses amis qui mettent des masques d'animaux en plastique alors que sa meilleure copine recontre une possédée! Difficile de faire mieux! Même les critiques sont incapables d'y voir clair et de voir visiblement que c'est tellement ridicule et risible!
Ai-je vu le même film que les critiques ? Ce que j'ai vu n'est pas vraiment sexy, pas vraiment jubilatoire, pas vraiment drôle, et trimbale finalement, sous un emballage "pop" acidulé, pas grand chose sinon une vision assez convenue. Et c'est surtout, et de loin, le scénario le plus crétin de l'année. Heureusement, le film dure moins d'1h30.
Gregg Araki, surprenant réalisateur. C'est comme un colis surprise : je ne sais jamais sur quoi je vais tomber en sélectionnant un de ses films, et pour cause : il a développé un style très personnel qu'il modifie à chaque production (modifiable mais reconnaissable, et ces thèmes qui reviennent constamment...) et est aussi capable du pire comme du meilleur, mais quand il fait les choses bien, c'est bien fait. La preuve avec Kaboom, son film le plus réussi pour le moment avec Mysterious Skins. Un pur bad trip délirant sur une histoire spoiler: de secte mystérieuse voulant détruire le monde ... Le scénario est invraisemblable comme un foutoir de fadas ; ça part dans tous les sens mais j'ai tout de même bien ri devant ce divertissement débile. La photographie est belle, tape-à-l’œil, et la mise en scène est hallucinée et sous des nuances de bleus hallucinogènes et de scènes crues délibérées.
Surréalisme: automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. Vous n'avez pas tout compris?Allez voir Kaboom...
Un film de campus où les étudiants ne parlent que de sexe (ou le font) et d'où émerge un mystère vaudou qui tente de donner un tournant surnaturel au film avec le destin étrange de cette fille coupée en deux. Néanmoins le discours oscille entre humour, dialogues crus et fantastique très bizarre qui donne ce ton plutôt bigarré à l'ensemble.
Un mélange des genres cacophoniques, il est clair que Greg Araki a de l'idée mais au final son film est trop sucré et pas assez acerbe. De bons et beaux acteurs jeunes et sexy superbement filmé dans des tons pastels et psychédéliques font un film esthétiquement superbe. Le vrai problème reste le scénario qui ne crée jamais un réel intérêt pour l'intrigue de la secte apocalyptique ; comment cette secte a-t-elle pu avoir un tel pouvoir tout en restant si secrète ?! Mais le summum est le super-pouvoir qu'on certain, d'où vient-il ?! On est aussi déçu du personnage de Roxanne Mesquida trop peu important. La métaphore de la jouissance masturbatoire OK mais c'est un peu juste, encore aurait-il fallu rendre l'intrigue moins superficielle. Au premier coup d'oeil c'est magnifique mais on s'aperçoit vite que l'ensemble est vain. Le seul qui s'excite encore reste bien Greg Araki, cinquantenaire nostalgique d'une jeunesse qu'il pense toujours avoir.
"Kaboom" est typiquement le genre de film qui ne laisse pas indifférent son spectateur. Il démarre comme un détournement des teen movies américain, avec ses personnages d'étudiants lubriques jusqu'à l'absurde, pour muer à coup de rebondissements loufoques en un thriller teinté de surnaturel. Une intrigue donc qui à la fois, part dans tous les sens et enchaîne les péripéties imprévisibles... et finalement ne raconte pas grand chose, d'autant que le final (certes osé !) montre qu'elle n'a en fait que peu d'importance. Dommage car Gregg Araki a clairement pas mal d'idées délurées, et offre dans le premier acte une peinture amusante de l'émoi sexuel des jeunes adultes, à coup de scènes sensuelles, de couleurs criardes, et d'un montage abrupt assez drôle. Mais tout ceci a ses limites, outre le scénario. La réalisation est souvent très limite (voire proche de l'amateur par moment), la qualité de l'image façon téléfilm et les effets numériques très faiblards n'aidant pas. Il y a certes beaucoup d'auto-dérision là-dedans, mais à un moment, même la parodie est sensée être bien exécutée ! Côté acteurs, si les protagonistes sont amusants et séduisants (mention à Juno Temple), on restera beaucoup plus mitigés devant les rôles secondaires... Quoi qu'il en soit, chacun se forgera sa propre opinion sur "Kaboom", qui a le mérite de sortir des sentiers battus.
Un film surprenant, très rock & roll, très coloré. Le côté « arty » de Gregg Araki transparait tout de suite. Mais on est dans une sorte de comédie loufoque, une sorte d’aventure de « Pieds Nickelés » avec des personnages fantasques, mais modernes et contemporains, comme un comics des années 50, qui aurait pris un acide et que l’on transposerait dans un monde psychédélique des années 70. Les trois personnages centraux sont très actuels, à la sexualité débridée, souvent tendance bisexuelle (l’héroïne cite la fameuse étude d’un médecin américain, avec la gradation de 1 à 6 sur le genre de la sexualité). Ce sont de jeunes étudiants, qui vivent sur un campus, Ils se retrouvent dans leur chambre d’étudiant et participent aux soirées. Puis le film bascule vers le fantastique, voir la magie noire. Pour devenir une sorte d’ovni ,épopée de science fiction, avec un ordre secret qui veut attaquer la civilisation, On est à nouveau proche de l’univers de la BD, et d’ailleurs la photographie est très graphique, très colorée, avec des effets spéciaux, proche de performance Video.. Le film doit beaucoup à ces jeunes acteurs principaux qui donnent une vraie dynamique au film, et qui feront tous une belle carrière : l’anglaise Juno Temple , impeccable en JF sexuellement libérée, qui donne des cours de cunnilingus à ses amants( on l’avait déjà repérée dans « Cracks », puis « Batman » ). Haley Bennett , très mignonne , charmeuse , vu dans « Come back » au côté d’ Huhg Grant ; et la française Roxane Mesquida, révélée par Breillat dans « Sex is comedy » , puis dans « Sheitan » . De belles actrices, que Araki sait bien filmer, toute en sensualité, car son cinéma est très orienté sur le sexe. Mais il n’y a pas la profondeur de personnage que l’on trouve chez Larry Clark ou dans le cinéma Indie US, style Gallo ou Peirce. Araki est plus léger, plus délire, plus fun, plus pictural , C’est agréable à voir, mais sans plus.
Dommage pour les 20-25 dernières minutes du film, qui sont décousues, j'enlève une étoile pour la dernière partie. Sinon il faut dire que c'est divertissant et bien filmé. Casting hyper sexy, bande originale excellente et photographie impeccable, rien à redire sur ces trois éléments. Si vous voulez du bad trip délirant je peux vous conseiller The Voices (sorti en 2014).
Je viens de finir le film à l'instant et je ne sais pas trop quoi dire ... Ça m'a rappelé l'état que m'avait mît Araki à la fin de "Nowhere" avec son cafard géant, sur le cul et sans réponse.
L'univers est toujours aussi singulier, c'est à dire édulcoré et sombre à la fois, cette touche psychédélique reste une des marques de fabrique du réalisateur et il en joue habilement. Il garde ces thématiques de base, celles du jeune homme à la sexualité ambigüe, du rapport au paranormal, aux rêves et aux paradis artificiels, je dirais que ça tombe un peu dans la redondance après avoir vu maintenant quatre films de Araki, seul "Mysterious Skin" s'en détache grâce à une allégorie claire et identifiable, son "Kaboom" semble être le trip de trop ... Dans le sens où le dernier quart d'heure du long métrage part complètement en vrille totale après un peu plus d'une heure de comédie acidulée sous fond de mystère quasi occulte, on se laisse largement charmer par la qualité originale de cette réalisation, bien loin du conformisme ambiant, et ça c'est un bon point, mais tout comme Richard Kelly en son temps avec "Southland Tales" il veut trop en faire et jouir de sa propre élucubration, pour le coup Araki gâche surtout sa fin mais ça remet en question la globalité de l'œuvre et c'est bien dommage. J'étais réellement prêt à adorer ce film mais exactement comme pour "Nowhere" il laisse un arrière goût bizarre, et on sait que le sentiment final reste dominant, à la place du cafard géant on nous balance cette confrérie secrète, cet holocauste nucléaire, les liens de parenté improbables, l'élu du nouveau monde, etc, tout ça en un temps record, c'est beaucoup trop ...
"Kaboom" reste un petit gâchis mais qui ne manque certainement pas de charme, de personnages attachants et de dialogues percutants pour un cocktail détonant, juste ce fou de Araki qui se moque un peu de son spectateur au fond de notre esprit ...