Trust est un drame, qui penche parfois vers le thriller, sur le thème du viol. Ce rare film de David Schwimmer, plus connu pour son personnage de Ross dans Friends (même si on l'a déjà vu derrière la caméra plusieurs fois dans cette même série), s'intéresse plus exactement aux dangers des rencontres par Internet autour de l'histoire d'une jeune adolescente de 14 ans. Ce produit a des allures de film pédagogique car il s'intéresse essentiellement à la réaction de l'entourage de la jeune fille, notamment son père, pour montrer, en quelque sorte, quels sont les bonnes et les mauvaises attitudes à adopter, alors qu'il aurait pu faire le choix de s'intéresser davantage à la relation entre les deux "amants" ou à l'enquête policière. On a donc une dimension psychologique, voire socio-éducative, assez importante. En revanche, à trop vouloir prendre cette direction, le film perd parfois en naturel, dans le sens où les personnages font souvent des choix qui servent un scénario à destinée pédagogique, et pas forcément les choix les plus réalistes. Je n'irai pas jusqu'à dire que le film est réactionnaire ou puritain mais on tombe quand même parfois dans les clichés : la fille totalement crédule, les événements qui poussent un viol quasiment consenti à se transformer en affaire d'état alors que dans la réalité, la vie de la victime aurait probablement continuer normalement, certainement traumatisée, mais son entourage n'aurait peut-être pas été si facilement interpelé et aussi protecteur, ou encore l'agresseur qui est forcément plus âgé comme si les adolescents étaient tous des petits anges. D'ailleurs, si son petit ami avait eu 14 ans, il n'aurait même pas été question de viol, alors que c'est plus ou moins le même crime, non? On referme cette petite parenthèse contre la vision des médias sur les crimes sexuels, parfois un peu absurde. Malgré quelques clichés, Trust est plutôt un bon film notamment grâce à des dialogues soignés et quelques éclairs d'ingéniosité dans la mise en scène. Enfin, étant donné la pertinence du sujet et la bonne volonté manifeste du réalisateur, impliqué lui-même dans des associations contre le viol, on ne peut que soutenir ce genre de projet.