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cris11
75 abonnés
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3,0
Publiée le 3 novembre 2013
Ce film vaut essentiellement pour son lot d'acteurs superbes (Amy Adams, Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix) avec une préférence pour ce dernier qui est ici totalement bluffant dans son personnage d'homme brisé mentalement par la guerre et qui se retrouve influencer et totalement sous la coupe du maître. Le film vaut également pour sa façon de montrer comment un homme doté d'une capacité de persuasion au-dessus de la moyenne parvient à embobiner puis à enrôler des gens paumés. Certains plans sont aussi très bien filmés. En revanche, le rythme du film, beaucoup trop lent, le manque cruel de péripéties ainsi qu'un début de film assez laborieux (j'ai eu un peu de mal à rentrer dans ce film) ne m'ont pas véritablement fait adhérer à ce film malgré des qualités évidentes.
The Master est un film très psychologique et assez complexe réalisé par l'excellent Paul Thomas Anderson et à son casting le grandiose Joaquin Phoenix absolument renversant, le monstrueusement bon Philip Seymour Hoffman et la sublime Amy Adams accompagné de quelques autres très bon acteurs comme Jesse Plemons ou encore Laura Dern. Un scénario intelligent et bluffant truffé de personnages tous aussi complexe les uns que les autres dans des décors somptueux et sur une bande son pas dégueulasse du tout, un film qui ne plaira pas à tout le monde et peu accessible mais qui dégage une sensation de génie de la part du scénariste et dans ce cas là il s'agit de Paul Thomas Anderson lui même. .
Un film magnifiquement séduisant, porté par deux acteurs au sommet, incarnant des personnage paumé, hors de tout contrôle, une belle fable sur les croyances et la liberté... Une image et une technique superbe
En maîtrisant parfaitement ses acteurs, la mise en scène et son scénario impeccablement écrit, Anderson réalise une œuvre complète et d’une dramaturgie poignante. The Master nous plonge au cœur d’une secte troublante ou l’élève accorde une confiance aveugle à son maître. Certes le film connaît des longueurs dont on se serait bien passé et se concentre un peu trop sur les deux personnages principaux, mais le tout reste passionnant. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Larguez les amarres ! Et laissez-vous emporter sur le bateau de l’étrange du grand Paul Thomas Andersen ! Maitre du bizarre, génie de la mise en scène ! Mais où est-il allé chercher dans son melon une histoire pareille !? En terme d’originalité, on peut dire qu’il ne nous déçoit jamais. Je crois bien que c’est le 1er film que je vois abordant le phénomène sectaire et c’est merveilleusement traité. Une p’tite intro pour nous présenter le personnage de Joaquin Phoenix, vétéran devenu alcoolique, la maigreur de son physique est impressionnante. Et quelle rencontre hallucinante avec Philip Seymour Hoffman en gourou déjanté mais si éloquent qui va l’entrainer dans les mystères de cette idéologie plus qu’étrange. C’est un véritable lavage de cerveau auquel on assiste pendant près de deux heures. Enchainement d’exercices de mise en aliénation mentale totale, endoctrinement. Bref tous les outils (je suppose), dont use ces individus dangereux en quête de nouvelles voies spirituelles pour mieux dominer leurs semblables et se prendre pour l’être suprême. La réalisation est somptueuse. A noter les rares plans séquences qui sont habituellement sa marque de fabrique. La musique de Greenwood est parfaite si vous êtes un peu dérangé (comme moi). Et comme souvent, la fin laisse pantois. Une merveille qui mérite d’être visionnée plusieurs fois pour en apprécier tout le contenu et l’immense qualité de l’interprétation. Merci P.T.A. et vivement le prochain !
J'attendais beaucoup de "The Master". À vrai dire, cela faisait assez longtemps que je me conseillais son visionnage, et c'est désormais chose faite. Et ce fut une bonne grosse claque ; en fait, je n'ai rien à redire de concret à propos de ce film. Tout, de l'interprétation au visuel, en passant par les dialogues et la réalisation, tout est maîtrisé. Les séquences flirtent avec le cinéma abstrait, comme si la réalité était modelée au gré de l'évolution de Freddy (procédé que l'on retrouve d'une certaine façon dans l'excellent "Lost Highway" de David Lynch). Tout tourne autour de la psychologie de Freddy, certains plans semblent irréels ou surréalistes. Le film s'en sert afin de bâtir une ambiance très intéressante, aussi étrange et fascinante que les relations Freddy/le Maître. Fascinant, c'est le mot juste, trouvé-je, pour qualifier cette oeuvre. La fin permet d'ouvrir le spectateur à une réflexion sur la possibilité de vivre sans un maître, sans un dieu, tout en faisant quelque chose de sa vie. Le réalisateur a également le mérite de ne pas prendre le public pour des cons, dans la mesure où son opinion reste en retrait afin d'inciter le dit-public à réfléchir. Bref, j'ai été bluffé par le film. Certes, rien n'est parfait, et j'ai hésité à mettre simplement (si j'ose dire) 4,5/5 ; néanmoins, dans la mesure où les 2 et quelques/5 frisent à mon sens l'aberration, hop : 5/5.
Se développant autour d'une fascinante relation de maître à esclave servie par deux acteurs prodigieux et complémentaires, "The Master" est un film de bout en bout ambigu et incertain, laissant le spectateur, tout comme ses personnages, sans voix face au trouble existentiel qui traverse ce nouveau chef-d'oeuvre de PT Anderson.
Le film se veut intellectuel mais parvient juste à susciter un ennui mortel bien que la performance des acteurs soit bonne. Personnellement je l'ai trouvé creux et passée la première heure, j'aurais souhaité ne jamais avoir commencé à le regarder.
On est pas en face d'un mauvais film. La direction et le choix des acteurs sont, encore une fois, à un niveau très supérieur à la moyenne. La musique de Jonny Greenwood, même si plus timide que dans "There will be blood", habille une fois de plus merveilleusement bien les images. La camera est toujours aussi virtuose mais on a l'impression désagréable qu'elle passe son temps à filmer juste à coté du sujet. C' est certainement là, la volonté de P-T Anderson de nous montrer le monde vu à travers son personnage principal, toujours dans une légère incompréhension mais cela pause le spectateur dans une attente inconfortable et au final peu récompensée. Puis, il y' a le scenario ... P T Anderson nous a habitué à nous montrer une histoire prenante pour mieux réfléchir une image critique et profonde du genre humain. Cette fois ci la critique est directe et le récit devient ennuyeux parce qu'inutile. Au final, même si l'immense prestation de Joachim Phoenix et le talent du cinéaste peuvent suffire à hypnotiser le spectateur pendant 2 h 00, le manque d'équilibrage entre ce qu'il filme et ce qu'il montre devient lassant et on en ressort aussi frustré que le personnage principal.
"The Master" raconte les débuts de la scientologie, en s'attardant sur la confrontation et l'association entre Lancaster Dodd (Philip Seymour Hoffman) et Freddy Quell (Joaquin Phoenix). Entre le Maitre et le vétéran de la guerre se noue une relation singulière, qui devient très vite fascinante. En effet, les dialogues volontairement creux, et l'interprétation magistrale apportent au film un coté dérangeant, presque mystique. Il faut ajouter à cela la mise en scène virtuose de Paul Thomas Anderson. Ce dernier varie sans cesse les différents types de plans, ce qui amène une certaine imprévisibilité. On ne sait jamais comment chaque personnage sera filmé, et donc si le point de vue l'auteur même va basculer. On admet bien que Paul Thomas Anderson est génial, mais c'est peut-être cette perfection réalisée qui devient le bémol de son film. Malheureusement, l'aspect émotionnel, si important, est quasi absent des débats.
Paul Thomas Anderson était très attendu depuis l'excellent "There Will Be Blood". Pour "The Master", changement d'époque, changement d'acteurs mais le style Anderson st toujours présent : travellings élégants et plans séquence à couper le souffle. Nous voici sur une plage, Freddie n'est pas revenu indemne de la seconde guerre mondiale. Voix lente et grave, démarche incertaine et asymétrique, Joaquin Phoenix réussit à faire une telle tension que le film entier ne pourrait tenir qu'autour de son personnage. Freddie erre un peu partout, buvant d'étranges potions qu'il concocte lui-même. Mais son chemin croise celui de Lancaster Dodd, sorte de gourou qui voit en Freddie une sorte de fils spirituel. Outre les qualités purement esthétiques du film (la photographie est merveilleuse, les cadrages innovent sans cesse, mais P.T Anderson n'a plus à faire ses preuves en matière de mise en scène, même si elle est plus classique dans The Master) et la performance de Joaquin Phoenix (et de Philip Seymour Hoffman), c'est l'analyse d'une communauté (secte) réunie autour d'une figure de père dominant qui frappe par sa justesse. Les scènes de discussion entre Lancaster et Freddie, leur rythme hypnotique, sont inspirées des méthodes de la scientologie (Jamais dans le film ce nom ne sera prononcé mais les parallèles sont évidents et P.T Anderson n'a jamais nié s'être inspiré de la secte), petit à petit, Freddie s'épanouit dans ce cadre pour finalement devenir un défenseur du patriarche. The Master est un film dur, la tension reste au maximum tout au long du film (135 minutes) et peut être parfois très éprouvante (cela vient en grande partie du jeu de Phoenix qui jour les hommes blessés mieux que quiconque) mais dans l'ensemble, The Master reste une oeuvre d'une grande précision et d'une grande justesse.
Au début, j'adhérais à fond. Réalisation de dingue (quelle technique !), récit dense, narration travaillée, personnages intrigants... Et puis plus rien, ou presque. Non pas qu'au bout de 45 minutes Paul Thomas Anderson se transforme en tâcheron, mais c'est juste qu'il semble déjà avoir fait le tour de ce qu'il avait à dire, s'offrant donc le luxe de se regarder filmer le vide. Alors certes, il le fait donc avec talent, et indéniablement « The Master » ressemble à du cinéma. De plus, au vu du thème passionnant qu'est la naissance de la scientologie, il y a forcément quelques passages à sauver, d'autant que Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman livrent de superbes prestations, sans oublier une Amy Adams malheureusement un peu trop dans l'ombre. Mais tout cela est montré avec un tel narcissisme, une telle prétention qu'en plus d'être ennuyeux, le film est parfois déplaisant, comme si cette conception du « on ne raconte rien mais comme c'est beau et brillant, forcément tout le monde va crier au chef-d'œuvre » était devenu monnaie courante chez certains auteurs actuels. Bref, si on ne peut que s'incliner devant certaines qualités majeures, on ne pourra en revanche que fustiger l'ennui profond provoqué par les deux derniers tiers, d'autant plus frustrant qu'il y avait matière à offrir un très grand film au public. Que de regrets...
Auteur-réalisateur, Paul Thomas Anderson est sans conteste l'un des artistes actuels les plus intrigants d’Hollywood. Ses films s’ils s’attachent parfois à des personnages existants, s’attardent surtout sur des périodes de l’histoire de son pays et sur la description de certains milieux. « Hard Eight » s’immisce dans le cercle des casinos, « Boogie Night » décrit la naissance de l’industrie du porno dans les années 70 quant à « There will be blood » il ausculte la naissance des grands groupes pétrolifères après la fin de la ruée vers l’or. Ce qui intéresse Anderson dans les grandes évolutions sociales ou technologiques c’est leur genèse qu’il aborde à travers le parcours initiatique souvent décevant de pionniers qui se lancent à corps perdus dans la quête d’eux-mêmes via une aventure qui souvent les dépassent. Cet aspect de l’œuvre d’Anderson l’apparente sans doute à celle d’un Stanley Kubrick ou à celle d’un Jonathan Demme dont il se réclame. L’autre versant de son art représenté par « Magnolia » et « Punch Drunk Love » est sans conteste un hommage au cinéma de Robert Altman mais ce n'est pas le sujet ici. Avec « The Master » il se penche de manière à peine voilée sur les premiers pas de L. Ron Hubbard avant qu’il ne fasse de sa thèse sur la dianétique le fondement de l’église de scientologie créée en 1953. C’est un GI revenu cassé du front Pacifique, Freddie Quell (Joaquin Phoenix) qui va nous mener jusqu’à sa rencontre avec Lancaster Dodd (Philipp Seymour Hoffman) sorte d’aventurier en quête d’asseoir sa notoriété à partir de théories plus ou moins fumeuses sur la capacité de chacun d’entre nous d’accéder au bonheur éternel à partir d’expériences sensorielles propres à extirper nos conflits intérieurs nés en vérité dans des vies antérieures. Le film se nourrit essentiellement de cette rencontre pour le moins anachronique entre deux hommes fondamentalement différents. Un Freddie Quell alcoolique en proie à une suspicion maladive prêt à sauter sur tout ce qui bouge et un Dodd patelin à souhait installé dans la séduction permanente, vérifiant en continu son pouvoir d’influence et de manipulation. Pour orchestrer cette joute des caractères, Anderson dispose d’un duo majeur dont la complémentarité dans les scènes communes nous envoûte carrément tellement chacun se nourrit de l’autre pour élever un peu plus le niveau de son jeu d'acteur. Anderson sans aucun doute fasciné par cette osmose miraculeuse a laissé le duel entre les deux acteurs phagocyter en partie son film au détriment d’autres personnages comme Peggy Dodd (Amy Adams) dont la prédominance intermittente sur son gourou de mari n’est qu’à peine effleurée. Mais ce n’est pas très grave tellement la confrontation est jouissive. La volonté de dominer Quell, jugé par tout le monde comme un esprit faible ne quittera pas Dodd qui ne parviendra jamais à déceler dans la soumission de son élève ce qui relève du simulacre ou de la sincère conversion à ses thèses. À ce sujet, Anderson nous livre à la toute fin une explication en pied de nez, offerte comme une moquerie envers toutes ces stars qui se sont laissé abuser par les pratiques douteuses de la scientologie. D’un point de vue esthétique le film est somptueux grâce aux tons mordorés de Mihai Malaimare Jr, nouveau chef opérateur de Francis Ford Coppola (« Tetro », « Twixt ») mais c’est surtout la musique de Jonny Greenwood de Radiohead qui confère au film son aura envoûtante et voilée de mystère. Un film inabouti certes mais d’une virtuosité rarement atteinte grâce aux efforts d’un trio qui a su trouver l’état de grâce. C’est déjà énorme et pas si fréquent !