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loulou451
148 abonnés
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2,5
Publiée le 8 septembre 2009
Un réalisateur surcôté, une histoire invraisemblable de bout en bout, des acteurs d'une pauvreté rare (Hanna Schygulla est tout simplement ridicule), un scénario entendu... Que reste-t-il de Lili Marleen ? Une chanson fabuleuse et les quelques fulgurances de Fassbinder au son de sa musique. Pour le reste, il vaut mieux oublier.
Il y a dans ce film une sorte d'hyper-sensibilité de la part du réalisateur. Bien que cela conduise à quelques défauts (certains effets de style sont un peu trop appuyés, et trop souvent répétés), on se laisse porter par cette très belle histoire. Certaines scènes sont même particulièrement réussies. Ce qui me gène un peu plus, c'est que soient prises certaines libertés historiques. Sur cette période, ce n'est pas forcément bienvenu...
Rainer Werner Fassbinder, héritier de-. De Douglas Sirk dans «Angst essen Seele auf» (Allemagne, 1974), c’est de Josef von Sternberg qu’il s’agît pour «Lili Marleen» (Allemagne, 1981). Davantage qu’un héritage de von Sternberg, c’est de Marlene Dietrich que «Lili Marleen» tire sa force cognitive. Bien qu’implicite, la correspondance entre Hannah Schygulla et Marlene Dietrich n’en est pas moins évidente, ne serait-ce que par la chanson Lili Marleen (initialement interprétée par Dietrich). Toutefois ce serait faire tort à Fassbinder que de n’y voir qu’un hommage abscons (a contrario de ce dont sont friands les cinéastes américains contemporains). Cinéaste du politique, Fassbinder met en scène une critique de l’Allemagne nazie parmi un mélodrame romantique. Si le traitement narratif et esthétique de cette critique demeure classique au sens où le détachement brechtien semble visuellement exempt de ce film, le contre-point du son relève la tiédeur des images et vitalise le sens du film. Sujet à des pointes musicales angoissantes qui reposent sur des stridences ponctuelles, la musique là se révèle bien souvent plus intéressante que l’image. Par ailleurs, l’image ne se manifeste fondamentalement intéressante que lorsque la musique de Lili Marleen vient s’assujettir aux affres de la guerre. A la douceur de la mélodie se superposent conflits d’ivrognes, bombardements meurtriers puis parterre nazi fanatique. Chacune des interventions musicales de la chanson forme un point cardinal de l’œuvre. Et entre ces points résident un certain flegmatisme, une dénonciation trop évidente pour être honnête. Tendant inconsciemment vers la fin du cinéma fassbinderien, «Lili Marleen», postérieur à l’œuvre somme qu’est «Berlin Alexanderplatz», n’est pas une trace de confort mais un traitement qui à se fonder sur la bande-sonore s’attiédit par une plastique et une narration des plus classiques, d’autant plus impertinente au cinéma de Fassbinder.
Une magnifique histoire d'amour impossible dans l'Allemagne en guerre entre deux êtres que tout oppose : un riche suisse d'origine juive et une petite chanteuse de cabaret devenue la figure de proue du régime nazi. Une simple chanson de la 1ère guerre devient un des mythe de la 2ème, dans une magnifique mise en scène de Fassbinder. Une interprétation très prenante de Hanna Schygulla. Cette version romancée de la vie de la vraie créatrice de la chanson, montre bien que l'on peut parvenir à tout, plus par amour que par ambition politique ou idéaliste. Un chef d'oeuvre.
Il s'agit du premier film que j'ai vu de Fassbinder. Le réalisateur s'attarde à démontrer ce qui a fasciné l'Allemagne durant le III° Reich à savoir les symboles, le succès et la gloire. Il est flagrant de constater que le personnage de Lili Marleen est en fait le reflet du destin de l'Allemagne (le double et trouble jeu du personnage principal). Giancarlo Giannini est excellent, Hanna Schygulla a beaucoup de charme et assez crédible et la reconstitution historique exemplaire. Une évocation historique riche, intéressante, bien interprétée et réalisée.
Je trouve que Fassbinder était bien meilleur sur des thèmes historiques-fictionnels que sur des thèmes contemporains-réalistes. Sa réalisation est maniérée, un peu caricaturale; Dans Lili Marleen elle est alliée à une fiction volontairement rétro kitsch, donc ça fonctionne très bien. Probablement son meilleur film.