Chronique désenchantée de la vie de Mike et Scott, prostitués homosexuels à Portland. Gus Van Sant signe un portrait attachant d'une jeunesse perdue avec un River Phoenix impressionnant. 3,25
My own private idaho est film particulier et décalé présenté par l'excellent Gus Van Sant. Si la réalisation est bien ficelé et que le réalisateur sait où il va, le coté théâtral et sur-joué ainsi qu'une intrique à mon goût trop légère nuisent à la qualité du long métrage.
Le problème avec Gus Van Sant, comme beaucoup d'autres réalisateurs (Wong Kar Wai me vient par exemple à l'esprit), c'est qu'il sait filmer mais qu'il tourne à vide. Certes on retrouve des thèmes récurrents dans sa filmographie, une certaine errance, l'homosexualité, l'adolescence, etc. Seulement il traine avec ça tellement de clichés, et la façon même dont il évoque ces thèmes qui lui sont chers étant franchement loin d'être transcendante ou originale, je ne peux ressentir qu'une profonde indifférence à son égard. Son esthétique léchée et tape-à-l'oeil, ses personnages stéréotypés, son maniérisme, la superficialité de ses scénarios, tous ses tics et divers défauts font de Gus Van Sant, en dépit d'une réputation flatteuse, un cinéaste « secondaire ». Il manque une vraie densité aux histoires qu'il raconte, il lui manque un véritable talent d'auteur pour être réellement digne d'intérêt, et quand il n'a pas de bons acteurs sous la main ses films montrent clairement leurs limites. Heureusement donc que River Phoenix (malgré son potentiel sous-exploité) et Udo Kier sont de la partie pour relever un peu le niveau de l'ensemble. Car à part les regarder jouer, difficile de trouver un autre intérêt à «My Own Private Idaho». La plupart du temps les acteurs posent (Keanu Reeves est peu crédible), quand ils ne jouent pas des scènes grotesques sensées faire « vrai ». Sans parler des dialogues parfois d'un ridicule! Bref Gus Van Sant tourne en rond et se regarde filmer... Comme d'habitude. C'est mou, c'est narcissique, c'est superficiel, ça sonne faux... au final peu de choses à retenir de ce film, si ce n'est que le regretté River Phoenix méritait plus qu'un rôle de faire-valoir mal écrit. Un long métrage creux et insignifiant, à réserver aux fans hardcore (et courageux) du cinéaste. [1/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Le film de Gus Van Sant possède le même ton décalé que l'on retrouve deux ans plus tard dans Even Cowgirls Get The Blues, et ces deux films ont un certain nombre de thèmes en commun (l'homosexualité, l'anomalie - ici la narcolepsie, le voyage). Ici, la narcolepsie intervient à des moments où le personnage principal, incarné par un très bon River Phoenix, semble être en difficulté et traverser des chocs émotionnels, plus ou moins forts. Globalement, même si My Own Private Idaho possède une certaine fantaisie originale, j'ai trouvé que ce film manquait de percussion (en même temps, c'est un film sur la narcolepsie...) et de direction.
Vraiment sympathique. Enfin un film de Van Sant que j'apprécie à sa juste valeur. Keanu Reeves et River Phoenix ont une très bonne alchimie, leurs personnages sont incroyables, surtout celui de River qui est le plus touchant. Quant à l'histoire, même si elle est bizarrement amenée, j'ai bien accroché, je l'ai trouvé à la fois délirante et émouvante, n'hésitant pas à mélanger divers ingrédients tels que l'humour, la romance, la famille, l'amitié, le road movie... Les répliques sont plutôt bien trouvées et la p'tite bande de marginaux m'a bien fait rire. Pas transcendant non plus mais on passe un (très) bon moment et il est toujours agréable de revoir le regretté River Phoenix dans un rôle taillé sur mesure, à la hauteur de son talent.
Bon les sujets sont un peu floues et le scenar laisse a desirer mais il y a tt de meme une raison de voir ce film phoenix river tres tres bon il tient ce film ( un peu faiblard) sur ses epaules
Grandement aidée par l'excellente mise-en-scène du génial Gus Van Sant, une production réaliste qui bénéficie de l'ambiance de l'époque et de son ton "déglingué". Toutefois je suis d'accord avec benoîtparis, le film n'évite en rien un certain manièrisme [même si je pense personnellement que la scène de chant dans la chambre du motel avec Udo Kier est de loin la meilleure de toutes] et ne fera de toute façon qu'annoncer toutes ces nombreuses réalisations volontairement glauques et plutôt nivelés par le bas que l'on verra plus tard, tout en décrivant une sombre réalité. Ici, c'est le cas puisque en un milieu clos les héros sont à moitié drogués, cyniquement prostitués, ricanent constamment des gens dits-normaux, et le fait est que le fragile personnage de River Phoenix tombe de sommeil et de narcolepsie toutes les deux minutes (ça fait vraiment beaucoup.) Enfin si Keanu Reeves/Scott Favor ne faillit pas un seul instant comme à son habitude, il faut bien avouer que l'ensemble, surtout lors du voyage en Italie, prend l'aspect d'un complaisant montage de vacances - donc d'un film de copins - auquel on on aurait juste donné un aspect plus ou moins naif, ainsi que shakesparien. Simpliste buddy-movie à la trame un peu facile et jouant sur le classique antagonisme Riche/Pauvre, l'image de My Own Private Idaho est très soigné, parfois surprenante, gaie, à la B.O. non moins fracassante, mais qui ne brille pas particulièrement par son originalité ni par la vélocité de son rythme.
Le message de Gus Van Sant pour son troisième film était clair. Il voulait réaliser une oeuvre comme personne ne l'avait fait auparavant, comme personne n'aurait eu l'idée de le faire, avec sa propre originalité sur un sujet que très peu de personnes aurait eu l'audace d'évoquer à savoir la prostitution masculine. En ressort un joyeux bordel où le cinéaste passe très visiblement de Shakespeare à quelques moments irréalistes entrecoupé de songes et de séquences underground. Mais le problème de ce joyeux bordel original, c'est qu'il y est trop facile de s'y perdre et aussi de s'y ennuyer un peu, ne pensant pas tout le temps à creuser suffisamment la profondeur des personnages (la façon dont est évoquée la narcolepsie de l'un des protagonistes est inégale !!!) et oubliant très souvent son mince argument scénaristique. Le jeu de Keanu Reeves est moyen, celui du regretté River Phoenix est très beau, bref un peu à l'image de cette oeuvre intéressante par certains aspects mais franchement très moyenne par d'autres.