Qu'est-ce que Paris pour Woody Allen? Une cliché digne des cartes postales serait-on tenté de dire, mais ce serait sous-estimer le réalisateur américain. Ce dernier, après une belle introduction sous fond de "Si tu vois ma mère" de Sidney Bechet ou il filme sous plusieurs angles différents lieux de la capitale, nous dresse le portrait d'un jeune couple américain passant un petit séjour. Alors que l'on s'attend à une quelconque histoire de "je t'aime moi non plus" avec un certain triangle amoureux entre Wilson/McAdams/Sheen, Allen surprend le spectateur en impliquant dans son scénario le voyage dans le temps. Lorsque le personnage d'Owen Wilson, jeune écrivain quelque peu rêveur et mélancolique, se ballade dans les rues de Paris et que sonne minuit, le voilà plongé dans les frivolités des années 1920 ou se côtoient les plus grands artistes de l'époque, des Fitzgerald à Dali en passant par Picasso.
C'est dans ce monde qu'il rencontrera Adriana, égerie de Picasso, et ou les deux tomberont amoureux.
"Minuit à Paris" est une histoire simple, pleine de magie, ou Allen crie son amour pour les années 20 et ses artistes qui y ont vécu, de même que pour la capitale française. Avec l'esprit de "c'était mieux avant", le Paris des années 20 y est présenté de manière fort bien séduisante, pleine de qualités et abstenuée de défauts, remplie de personnes interessantes, tout le contraire de notre temps présent ou les protagonistes paraissent égoïstes, propre sur eux, et méprisants. Il suffit à regarder le portrait qu'Allen fait des parents de Rachel McAdams. Se sont des "bon chic, bon genre", omnubliés par des idées politiques ultra-conservatrices, traitant même le héros péjorativement de "communiste".
Malgré sa beauté ambiante, le film n'est pas dénué de défauts, s'ancrant dans les clichés et ou l'intrigue tourne quelque fois en rond.
Quoi qu'il est difficile de renier totalement ce film malgré ses points noirs, tant l'ensemble est joyeux et nostalgique. Nostalgie du temps passé, du surréalisme auquel "Minuit à Paris" semble suivre la voie, hommage à cette période révolue.