Voilà bientôt cinq ans que l’on attendait des nouvelles d’Eric Guirado. Son précédent film, Le fils de l’épicier, était une des bonnes surprises de l’année 2007. Cette fois-ci il s’attaque à une histoire vraie. Possessions revient en effet sur l’affaire Flactif qui avait défrayé la chronique en 2003. Un promoteur du Grand Bornand avait été assassiné avec sa femme et ses trois jeunes enfants par un de leur voisin. Le film retrace bien la progression dramatique de l’histoire : de la première rencontre au massacre, le scénario prend son temps pour mettre en place un suspens dont on connait déjà l’issue fatale. Mais malheureusement il prend peut être un peu trop son temps. Jusqu’à la dernière partie, forcément plus prenante, on s’ennuie un peu... La suite sur : http://lecinedefred2.over-blog.fr/article-possessions-100807324.html
L'histoire qui a eu lieu certes est dramatique mais n'est pas forcément à mettre en film. Car 2/3 du film ne parle de rien d'autre que d'une famille à la montagne. En revanche l'interprétation de Julie Depardieu et Jérémie Renier dans leur scènes fortes est remarquable.
On est ici plus dans le cinéma social que dans le thriller. Tout se joue sur la montée en puissance de l'envie et de la colère des protagonistes. Des détails bien saisis sur le mépris de la famille du promoteur qui se cache derrière une bienveillance apparente. On regrettera quelques répétitions un peu lourdes sur la "société de consommation". Quant à l'horreur du crime, elle n'est que suggérée. Là aussi, le réalisateur fait dans la facilité. Il est en effet plus risqué et plus difficile de filmer un meurtre d'enfants que de jolis paysages de montagne. A se demander qui sont les véritables victimes. Pour résumer, un film tout de même à voir, ne serait-ce que pour l'exceptionnelle prestation de Jérémie Renier.
On ressort de là un peu déçu de la lenteur de certains passages. Avec le recul (j'ai eu la chance de le voir en avant première il y a presque 3 semaines) il était plutôt bien construit... Mais une question subsiste... Pourquoi toujours prendre les gens du nord pour des fous???
Le réalisateur met l’accent sur les personnages plus que sur les faits, privilégie la psychologie des protagonistes ne voulant pas en faire un documentaire. Ce choix laisse un peu perplexe. La rencontre des deux couples, la vie de chacun, les sentiments, la jalousie.. tout çà est posé sauf qu’il manque des maillons à l’histoire et que de ce fait, le film est plein d’incohérence. Surtout si on ne connait pas le fait divers dont s’est inspiré le réalisateur. Le film parle surtout de jalousie, envie. Mais là c’est la même chose, ce n’est pas très bien exploité. On ne comprend pas très bien le mécanisme qui pousse à ce point les personnages de Maryline et de Bruno à commettre un tel acte ! Le sujet n’est pas exploité. Rien n’est vraiment traité en profondeur. Et la fin du film est précipitée et baclée. Par exemple, les problèmes d’argent du couple Castang suggérés à quelques reprises prennent toute la place au début de l’enquête !
Le scénario étant inspiré d’un fait divers, on ne peut que acquiescer. Quant au casting, l’excellent Jérémie Régnier incarne Bruno Caron, il a pris 18 kgs pour le film. Il incarne un vrai “beauf”, un type qui veut prouver à sa femme qu’il n’aime pas se laisser marcher sur les pieds. Tellement poussé par son épouse, il va finir par perdre pied et commettre l’irréparable avec froideur et colère. Julie Depardieu est Maryline Caron , parfaite. Dans un rôle bien loin de ses rôles loufoques, décalées ou rêveuses. Maryline est une femme envieuse, jalouse, manipulatrice. Le couple Castang est incarné par Lucien Jean-Baptiste et Alexandra Lamy. Le rôle de Alexandra Lamy n’est pas vraiment exploité.
Possessions nous permet de nous rappeler de ce fait divers atroce. Le casting est intéressant. On en ressort dubitatif !
Un film qui pourrait également illustrer l'adage : "l'enfer est pavé de bonnes intentions."
Car, au-delà du sanglant fait-divers à l'origine du film,(l'affaire Flactif), le scénario retrace un processus psychologique vraissemblable, qui peut avoir mené au drame.
Le réalisateur a évité un écueil important : Son angle de vue permet d'aborder le sujet sans aucun voyeurisme malsain, tout en permettant un portrait nuancé des protagonistes du film.
La tragédie se noue au fil des incompréhensions et des différences culturelles. La déception, puis, lentement, les rancoeurs et les frustrations quotidiennes du couple (extraordinaire) Julie Depardieu/Jeremie Renier , sont savamment et malheureusement entretenues par les vaines promesses et la bonne volonté maladroite du couple (formidable) Lucien Jean Baptiste/ Alexandre Lamy .
Le réalisateur signe là un magnifique drame sur fond de fracture sociale et humaine.
Mais ce qui terrifie le plus, c'est que nous avons le sentiment, une fois le film terminé, que cette tragédie peut recommencer à tout instant, ailleurs...
Si ce film peut éveiller les consciences,se sera toujours celà de gagner.