573 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
72 critiques spectateurs
5
28 critiques
4
11 critiques
3
11 critiques
2
7 critiques
1
10 critiques
0
5 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Spiriel
44 abonnés
318 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 15 septembre 2009
Un testament légué à l'humanité. Alexandre a-t-il réellement sauvé le monde, ou bien est-il juste fou, noyé dans ses fantasmes et hallucinations? Peu importe. Sentant qu'il s'agit d'un moment décisif qu'il a "attendu toute sa vie", il fait une promesse à Dieu qu'il s'efforcera de tenir quoiqu'il arrive, redressant son intégrité chaque fois qu'elle vascille. "On ne voit rien!" profère Alexandre. Quoi de plus vrai. Que sait-on de nos proches, de la nature environnante? Pourquoi refuse-t-on de s'y attarder? En bref, comment vivre? Dans ce film, Tarkovsky ne donne pas la réponse à cette éternelle question. Il nous encourage néanmoins à y réfléchir avec ce film bouleversant, dans une mystérieuse sérénité qui était absente de ses précédents chefs d'oeuvre. Il est tout de même important de préciser qu'il s'agit peut-être de l'oeuvre la plus difficile d'accès du russe. Inutile d'énumérer les qualités cinématographiques exceptionnelles du film. 2h30 difficiles qui offrent à ceux qui le souhaitent de nombreuses heures de réflexions fondamentales par la suite. Andreï est mort mais son oeuvre a survécu. Profitons-en.
Pour commencer, le titre de ce film n'est pas "Offret" mais "Le Sacrifice". Il ne risquait déjà pas d'être vu par grand-monde à la base, alors si on lui enlève en plus son identité... Dernière réalisation du grand Andreï Tarkovski, ce long-métrage fut mis en scène en Suède et non pas en Union Soviétique (manque de moyens ? J'avoue ne pas m'être renseigné sur le sujet) au cours de l'année 1986. Complexe, cette oeuvre est probablement l'une des moins facilement abordables de son auteur et nécessitera peut-être une approche préliminaire (avec une première exploration dans la filmographie d'A.T.) pour le spectateur ingénu afin d'être correctement lue et appréciée. Exit la science-fiction des plus grands succès Tarkovskiens, place au conte philosophique empreint d'une petite dose de fantastique, à l'allégorie fantasmée bâtie sur une série de détails limpides constituant une intrigue mystérieuse où le temps semble s'être arrêté et les personnages mis face à leurs vieux démons. S'il met une courte demie-heure à réellement commencer (l'introduction étant surtout prétexte à une démonstration de force technique avançant quelques admirables plans-séquences au détriment d'un fond élitiste pédant), "Le Sacrifice" se révèle ensuite être une fable admirable de laquelle il est difficile de décrocher, à condition bien sûr d'accepter un rythme ralenti à l'extrême et le côté absurde de rebondissements irrationnels. Bénéficiant d'une qualité de narration absolument admirable, il a le mérite de ne pas s'évader vers des thèmes qui ne le concerneraient pas directement mais traite justement et frontalement le calvaire existentiel de protagonistes ma foi bien arrangés. Le raffinement de la mise en scène, avec des plans réfléchis et tenus du plus pur style de son auteur (notamment ces envoûtants travellings latéraux, marque de fabrique maison) et la capacité pour le film à toujours demeurer trouble et ambigu jouent très nettement en sa faveur : un véritable enchantement. Formidable.
Andreï Tarkovski, c'est ce que l'on peut appeller du cinéma d'auteur par exellence. Artiste maudit, incompris, connu seulement des cinéphiles "purs et durs", il mériterait une reconaissance bien plus importante. "Le Sacrifice" est son dernier film, d'ailleurs financé en grande partie par des français (un bon point à l'ouverture d'esprit de l'Hexagone !), et tourné en Suède avec une équipe technique et un lieu de décor qui rendent hommage au maitre Ingmar Bergman. Il constitue une longue méditation sur le thème de la rédemption chrétienne. Le début est inquiétant, le rythme étant de un plan tous les quarts d'heure ainsi qu'une surabondace de dialogues philosophiques. Par après, Tarkovski fait enfin du cinéma et propose de nombreux plans majestueux, notamment par les positions et les mouvements des personnages dans le cadre. La peinture fait sentir son influence assez régulièrement. Une particularité du film : la façon avec laquelle Tarkovski laisse libre l'interprétation du spectateur. Impossible d'analyser avec certitude le propos du film : réalité, rêve, symbole, ironie ?? On est néanmoins touché par quelques thèmes qui reviennent, tel le rapport entre l'homme et Dieu (la prière), ou celui entre le père et le fils. Mais d'autres enjeux ont du mal à trouver un sens à nos yeux, d'autant que la longeur et la lenteur empêchent d'être attentif à 100%. Plusieurs visions semblent s'imposer pour déceler une véritable réflexion philosophique. Un film exigeant donc, que ce "Sacrifice", mais qui pourrait satsifaire les cinéphiles les plus ardus, à qui je conseille de tenter l'expérience !
Notre monde est malade. Pour Tarkovski le mal à l’origine de tous les autres est une peur abjecte qui fait de l’homme un être destructeur, pour lui-même et pour le monde qui l’entoure. La peur de la mort est un sentiment tellement horrible qu’il en devient stimulant. L’homme a trouvé une solution pour combattre cette peur, le progrès technologique, une forme de violence extrême qui amène l’ordre et sa laideur là où il y avait la beauté du chaos de la nature. Il s’agit de s’imposer par la force face à une nature imprévisible donc dangereuse. L’homme est vite devenu dépendant du progrès, de son rôle de rempart contre la peur, il n’en a gardé qu’une habitude désastreuse à trouver les applications les plus meurtrières de chaque découverte dans le seul but de créer une illusion de sécurité. Mais au quotidien, le progrès est devenu le moyen le moyen d’oublier cette peur et la confrontation avec la nature en produisant ce dont l’homme croit ne pouvoir se passer, le confort. La peur mène au progrès, le progrès au matérialisme, brisant l’harmonie du monde. Il n’y a plus de place pour la spiritualité, l’homme ne ressent plus le besoin de rechercher d’où il vient où il se rend. Il préfère nier l’inéluctabilité de sa mort en se réfugiant dans le confort, oubliant en fin de compte qu’il court à sa propre perte par le détournement de l’ordre naturel. Certains protestent, mais ils ne font que ça, ils n’ont que des mots là où seule l’action peut ramener l’équilibre entre spiritualité et matérialisme. Il faut que quelqu’un agisse, ce sera ce philosophe retiré du monde. Il devra pour cela sacrifier tout ce à quoi il tient, sa famille, ses amis, sa maison, sa voix et sa raison, pour que Dieu daigne effacer les erreurs des hommes qui l’ont abandonné. C’est prenant, on ne voit pas le temps passé, fasciné par ce discours, et c’est toujours magnifique.
Le film testament d'Andreï Tarkovski est un miracle. Si Solaris m'avait marqué par sa beauté plastique et si Le Miroir m'avait réellement ému, Le Sacrifice m'a bouleversé . En effet, il m'a ébranlé au sens propre du terme : pas de larmes ( encore que ! ) , simplement un changement dans ma perception du cinéma . Le Sacrifice d'un homme anticonventionnel qui a utilisé tout son talent de cinéaste au service du septième Art. Le Sacrifice d'un comédien, le fabuleux Erland Josephson, qui donna en 1985 ses lettres de noblesse à la notion de comédien. Un Sacrifice au nom du Cinéma, sublimé par la lumière crépusculaire, quasiment apocalyptique de Sven Nykvist...Résumer le film n'aurait guère d'intérêt : Tarkovski laisse libre cours à l'imagination du spectateur, lui permettant de vagabonder, de comtempler... Une merveille à la narration atypique ( bien que davantage linéaire à celles d'autres films du réalisateur russe : je pense par exemple au Miroir ). Pour finir cette critique, je dirai simplement : " Au commencement était le verbe...et à la fin demeurait Tarkovski ".
Ce film est phénoménalement ennuyant, pompeux, la photographie est très loin d'être parfaite (beaucoup trop sombre par moment). C'est la première fois de ma vie que je sors du cinéma avant la fin du film (et j'en ai vu plein des films, y compris des bien hermétiques, le dernier où j'ai profondément souffert d'ennui étant "Falkenberg Farewell"). Ma politesse m'a toujours fait rester compte-tenu du travail accompli, mais là c'était trop. La scène chez la bonne où Alexandre raconte son acharnement à jardiner alors que sa mère était mourante m'a achevée. C'est immensément mal joué, l'émotion ne passait pas du tout, la situation est plus que grotesque (en fait il était allé chez la bonne pour coucher avec elle, et il essaye ainsi pathétiquement de l'apitoyer). Les personnages se meuvent comme dirigé à la baguette, on dirait du (mauvais) théâtre filmé, ils parlent comme des récitants cherchant encore à appendre leurs textes, et ne le comprenant pas. La seule scène digne d'intérêt est celle de l'annonce télévisé, avec la crise d'hystérie de la mère. Cinq minutes de vrai et beau cinéma dans 2h30 de pédanterie absolue et vaine, ça ne vaut pas le prix d'un billet et encore moins d'un DVD. Même si on me le donne le DVD je n'en veux pas.
C'est tout simplement un des films les plus forts du cinéma. Rien à dire, efficace et prenant, un classique absolu, et sans doute le meilleur film de Tarkovski, bien que je ne connais pas tous ces films.
Un mot : sublissime !! Tarkovski est bel et bien un des maîtres du cinéma avec ce qui sera son dernier film "Le sacrifice". Montage excellent, beauté des plans et des cadrages exceptionnels, mise en scène originale et une des meilleures que j'ai vu dans un film. Tarkovski fait beaucoup de plans séquences, utilisant toute la longueur d'une bobine (10 minutes) mais usant de la magie de la mise en scène jouant sur des effets de montages sans couper la caméra. Tout est maîtrisé et surtout la bande son extrordinaire, dernier travail auquel il a pu heureusement encore se consacrer avant de mourir. Ultime film du réalisateur mais qui restera à jamais gravé dans ma mémoire comme une des oeuvres qui prouve que le cinéma est avant tout un art.
Dans toute sa filmographie, Tarkovski n'a eu de cesse de poursuivre un objectif: parvenir à hisser le cinéma au même niveau que les autres arts. Et bien dans ces autres arts, ces arts "nobles", il n'y a pas énormément d'oeuvres qui atteignent les sommets sur lesquels siège Le Sacrifice. Extraordinaire.
Le Sacrifice de Tarkovski relève de la poésie en son état quintessentiel et constitue en ce sens l'un des deux ou trois plus grands chefs-d'oeuvre de l'histoire du cinéma mondial. Métaphore relativement hermétique de la Rédemption chrétienne, il s'agit d'un film difficile, exigeant pour le spectateur, mais d'une beauté visuelle et auditive à couper le souffle, ainsi que d'une profondeur que les visionnages successifs n'épuisent pas. Résolument ancré dans le mysticisme slave, il pousse à son comble la tension paradoxale inhérente à l'assimilation paulinienne de la folie et du sacrifice de la Croix. Figure christique, Alexandre semble agir contre toute raison, et loin d'infirmer cette apparence d'absurdité, Tarkovski l'accentue en nous présentant son héros comme atteint de folie. Il sera d'ailleurs enlevé par une ambulance à la fin du film! Et non content d'accentuer la dimension paradoxale du christianisme, le réalisateur russe avoue en outre, toujours par l'entremise d'Alexandre, son attirance pour les spiritualités orientales dont l'opposition à la rationalité occidentale n'est plus à démontrer. On peut ne pas le suivre sur cette voie, mais on ne peut pas nier la splendeur de sa réalisation cinématographique. Le Sacrifice est une oeuvre d'une singularité qui défie le concept mais simultanément d'une universalité qui fait sa profondeur. La récente édition en DVD d'Arte doit vous permettre d'admirer ce pur joyau.
Un film renversant dont l'introduction permet de vivre une expérience unique. La narration de Tarkovski est en effet conçue de telle façon que personnages et spectateurs vivent à l'unisson, comprennent simultanément l'indicible, éprouvent au même instant des émotions d'une force prodigieuse. Ouvrez tout grand votre esprit et profitez du grand voyage. Vous sortirez changé.