Un film austère, mais globalement très réussi, qui fait une lecture fidèle mais très grise du roman. C’est un choix fait, pour nous permettre de rentrer dans la noirceur de cette vision du "Big Brother", de la dictature et toute la démonstration « lumineuse » de Orwell, incroyable visionnaire.
Même si les moyens de désinformation ne sont pas les mêmes que ceux des années 30 ,employés par les 2 grands régimes totalitaires de l’époque ,et décrit dans le roman en 1947, la technique au XX1eme n’a plus besoin de torture physique ou de répétition en vidéo, , mais le principe est le même et s’est même accentué , grâce à Internet aux Multi- médias, ,à la reprise en boucle de mensonges ,
Orwell visionnaire, homme libre, souvent encensé aujourd’hui, qui écrit cette dystopie comme sa dernière œuvre, un testament juste avant de mourir.
Il y avait probablement d’autres manières d’adapter ce livre culte, en accentuant sur les quelques moments de liberté individuelle, par exemple sur les moments d’extase du jeune couple, car cinématographiquement il n’y a pas beaucoup de contraste et d’opposition entre le mal et le bien. Le casting est discutable aussi, hormis Richard Burton, qui est parfait en dictateur classieux et manipulateur, ( son dernier film) on est déçu par l’interprétation de John Hurt, trop vieux pour le rôle de Winston Smith , manquant d’enthousiasme, un peu éteint pour quelqu’un qui entame une révolte, il ne transmet pas, et idem pour l’actrice Susanna Hamilton, trop fade, un peu passive pour une résistante underground. Leur scènes intimes sont ternes aussi, alors qu’il aurait pu y avoir une fulgurance, une explosion des plaisirs, pour contrecarrer la noirceur de la ligue de vertu.
Mais on comprend que c’est le parti pris du réalisateur dans son adaptation, malgré tout le film est fort ,bien construit, puissant, très violent dans ces scènes de torture, et d’une construction très cohérente. Pas facile d’adapter de toute façon, un roman aussi fort .