En mémoire du regretté David Lynch qui nous a quitté hier, un sommet d'art terriblement dramatique et passionnant, avec des images d'époque très réussies qui n'ont pas pries une ride !
Je pourrais jouer la facilité et dire qu'avec une histoire pareille et de pareils acteurs, Lynch ne pouvait pas faire autrement que de réussir son coup. Mais se borner à ça, à quoi bon ? Néanmoins, qu'est-ce que je vais pouvoir dire d'autre ? Je ne peux parler d'histoire puisqu'il s'agit d'une histoire vraie et que Lynch la reprend scrupuleusement points par points. On se documente sur Merrick et tout se déroule devant nos yeux. En revanche, on peut causer un brin de ce que fait Lynch derrière la caméra. C'est un vrai cinéaste qui opère ici. Dans un style plus classique certes, mais avec cette touche si particulière que l'on reconnaît instantanément. Nous sommes loin de l'artiste à l'égo surdimensionné qui faisait du cinéma quasi expérimental et qui nous balançait des trucs comme "Lost highway" et "Mulholland Drive". Mais pour moi, "Elephant man" a toujours été avant tout un film d'acteurs, je n'aime pas l'expression, la trouvant trop cliché, mais ce sont clairement eux qui emportent le tout. Tous sont remarquables. Mais on ne pourra faire autrement que de citer d'abord Anthony Hopkins et John Hurt, tous deux exceptionnels et encore, je ne suis pas sûr que ça suffise à qualifier leur performance. Viendra ensuite Anne Bancroft, dans un rôle secondaire, mais qui a largement le temps de laisser parler toute sa classe. On peut toujours contester aux films leur statut de chef d'oeuvre (heureusement, aucune loi ne l'interdit) mais en ce qui concerne celui-là, je ne vois pas comment c'est possible.
Ma-gni-fique deuxième chef d'oeuvre du grand David Lynch, Elephant Man est une histoire bouleversante et magnifique. John Hurt est magistral, Anthony Hopkins est excellent, l'histoire juste, forte et filmé a la perfection par David Lynch. La fin donne envie de se pendre mais malgré tout, je garde en tête la magnifique scène de la gare que j'ai vu étant enfant sans connaître le film. "I am not an animal! I am a human being!". Bravo monsieur Lynch.
Avec Elephant Man, David Lynch signe un poème de larmes et de foi, un chef-d’œuvre d'une profondeur inégalée où l'ombre dialogue avec l'émoi.
À la lisière du sublime et de l'atroce, Lynch érige un univers où la complexité de la condition humaine devient l’épicentre d’une réflexion qui dépasse le cadre cinématographique, offrant une méditation sur l’identité et l’essence de l’être.
Ici, le noir et blanc décuple les contrastes, chaque plan extérieur semble porter le poids du monde industriel et des âmes qu’il écrase. Une réalité aux bruits métaliques où l'homme n'est qu'une note dans une symphonie mécanique.
Et pourtant, au milieu de cet univers oppressant, Lynch glisse des moments rares et précieux où la bonté et l’empathie semblent présents.
Tout du long, la monstruosité, dans sa plus cruelle ironie, n’est jamais logée dans son apparence, mais dans le regard d’une société voyeuriste, incapable de voir au-delà de la surface. Lynch érige Merrick en figure christique, portée par une prière"Je ne suis pas un animal ! Je suis un être humain !” À travers lui, Lynch transcende le visible, explore l'essence, interroge la chair, l'esprit, l'existence mais où les réponses ne seront jamais explicitées.
La maquette de cathédrale que Merrick construit avec patience n’est pas un simple objet, mais une métaphore lumineuse de son âme : elle incarne un rêve, un élan vers le sublime, une échappée belle. Dans sa contemplation finale, Merrick atteint une forme d’ascension spirituelle, une libération qui, malgré le poids du drame, laisse au spectateur un sentiment d’élévation et de sérénité.
En somme, Elephant Man n'est pas qu'un film. C'est un poème et une prière, qui n’oublie jamais de révéler la lumière qui réside dans les ténèbres. Un monument, autant esthétique qu’intellectuel, un chef-d’œuvre intemporel.
C’est du noir et blanc, mais c’est du Lynch. Et franchement, ça se sent. Voilà l’un des rares films pour lesquels je trouve que l’utilisation du noir et blanc se justifie. Ici, ce procédé contribue clairement à faire basculer cette œuvre dans une autre dimension, apportant une sobriété fort bien venue par rapport à la force des images et du propos. Après avoir dit cela, j’avoue être incapable d’exprimer davantage mes sentiments à l’égard de ce qui reste pour moi l’une des œuvres majeures du cinéma moderne. A vous de la découvrir.
Deuxième long-métrage du génial David Lynch, et probablement son film le plus émouvant. Cette hymne à la tolérance ne sombre jamais dans la sensiblerie facile ou dans le pathos, tant le réalisateur travaille son sujet avec sobriété. Anthony Hopkins et John Hurt sont tous les deux formidables et les seconds rôles sont tous excellents. Elephant Man est également une oeuvre plastique à part entière ( sublime photographie noir et blanc, magnifique musique de John Morris... ). L'histoire de cet homme ( car John Merrick est avant tout un homme, un être humain doué de sensibilité, de raffinement et d'intelligence ) bouleverse, et sa force première est que l'on ne le prend jamais en pitié ( ou presque, car au début du film, il inspire un tantinet ce sentiment ). Mais l'émotion l'emporte avec ce merveilleux final ( que je ne dévoilerai pas ). Elephant Man fut produit par Mel Brooks, qui avait repéré David Lynch et son premier film Eraserhead...Comme quoi, on constate que parfois les producteurs ont le nez creux. Un chef d'oeuvre.
Le chef-d'oeuvre de David Lynch. Ce film bouleversant sur la vie de John Merrick est effroyable, mais également bouleversant et inoubliable. Ce film sur la différence ne peut-être que gravé à vie dans notre mémoire. John Hurt superbe, sans oublier Anthony Hopkins. Grand grand moment de cinéma.
Après un "Eraserhead" très expérimental, David Lynch est embauché pour adapter l'histoire vraie de John Merrick. Un Anglais né difforme au 19ème siècle, et connu sous le nom de "Elephant Man". D'abord exposé comme une bête de foire, il sera étudié et aidé par un médecin humaniste. Malgré ce que suggèrent les premières minutes, "The Elephant Man" est un drame classique... du moins comparé au reste de la filmographie de Lynch ! Il n'en demeure pas moins excellent, prouvant que le réalisateur ne brille pas que dans les films psychédéliques. Le film aborde bien sûr le sujet de la tolérance et du droit à la différence, ou comment un être d'apparence hideuse et terrifiante peut conquérir son public... et même l'intégrer ! Mais le génie de l'ensemble est qu'au-delà de l'histoire tragique de ce protagoniste (qui évite par ailleurs le pathos gratuit), c'est le regard et le comportement des autres qui seront au cœur du film. Cruauté, curiosité malsaine, profit, amusement, peur, répulsion, compassion, amitié sincère ou intéressée : c'est toute une panoplie d'émotion humaine qu'exprimeront les acteurs, à travers une mise en scène intense. En premier lieu, face à un John Hurt touchant et totalement méconnaissable, on suivra un médecin joué avec classe et subtilité par Anthony Hopkins. Il verra en Merrick d'abord un intérêt personnel et un sujet de médecine original, pour développer un attachement, voire une amitié, dont il doutera lui-même. Le tout est superbement réalisé, ce qui est par ailleurs ironique pour un film qui traite de la laideur psychologique et physique de l'Homme ! La photographie en noir & blanc de Freddie Francis est absolument magnifique, exploitant à merveille la crasse des rues de Londres, mais aussi les intérieurs de l'hôpital. Les séquences les plus inquiétantes sont particulièrement réussies, ce qui n'est pas étonnant vue la carrière horrifique de Francis chez la Hammer. Quant à lui, Lynch joue avec ce passé victorien, et exploite en particulier les composantes mécaniques et industrielles de l'hôpital, lui donnant un aspect organique qui évoque "Eraserhead". Touchant, émouvant, superbe, ultra maîtrisé, "The Elephant Man" est donc un classique à voir. Pour l'anecdote, il s'agit aussi de l'un des films produit par Mel Brooks, maître de la parodie américaine à l'époque, qui refusa d'être crédité pour éviter de laisser entendre qu'il s'agissait d'une comédie !
Impressionnant, déchirant, ce film ne peut laisser indifférent. David Lynch travaille le contexte "monstre de foire" avec brio, en nous faisant passer par diverses émotions tout au long de cette sombre et triste histoire. Cette biographie du Dr Treves nous plonge ainsi dans l'horreur, la cruauté et le rejet des autres, en nous présentant la véritable histoire de Joseph Merrick dit "Elephant Man".
Que dire d'autre? A part que c'est surement l'un des plus triste et l'un des plus beaux films jamais tourné. Il faut parfois souligné et surligné les choses souvent évidante, Elephant Man est un vrai miracle.