Elephant Man est un biopic émouvant sur la vie de Joseph "John" Merrick. Le choix du noir et blanc colle parfaitement avec l’époque de l’Angleterre victorienne, à l’ère de l’industrialisation.
L’histoire se déroule au XIXᵉ siècle à Londres. Nous suivons John Merrick, joué par John Hurt, souffrant de difformités dues à une maladie. Il est retenu en cage et sert de gagne-pain à Bytes, joué par Freddie Jones, qui l’expose comme une bête de foire tout en le maltraitant
Le Dr Frederick Treves, interprété par Anthony Hopkins, va le remarquer et se rendre compte de la maltraitance qu’il subit. Il décide donc de l’emmener à l’hôpital pour le soigner et aussi l’étudier. Au début, John est très méfiant, ayant peur des autres humains après tout le mal qu’il a subi, et il a donc du mal à parler. Cependant, après beaucoup d’efforts, il finit par s’exprimer parfaitement devant le directeur, dans une scène magnifique où il révèle sa part d’humanité.
De plus, il montre une grande sensibilité et une fibre artistique, notamment en construisant tout au long du film une maquette d’une église, alors qu’il n’en a vu qu’une petite partie, s’appuyant donc sur son imagination.
Le Dr Treves se bat pour montrer aux autres que John est un être humain comme les autres. Il l’initie à l’art et à la haute société, en invitant des artistes dans sa chambre, beaucoup voulant le rencontrer, il devient alors une véritable “star”. L’infirmière Mothershead, jouée par Wendy Hiller, s’attache également à John. Elle remet d’ailleurs en question la moralité de Treves, lui rappelant que rien n’a vraiment changé pour John : il est toujours observé comme une bête de foire, et les artistes se servent de lui. Cette remarque provoque une remise en question chez Treves.
Parallèlement, un homme fait entrer des visiteurs la nuit dans la chambre de John pour se moquer et l’humilier, dans une scène déchirante accompagnée d’une musique rappelant le cirque, la BO est d’ailleurs excellente. Bytes en profite alors pour le reprendre et l’emmener dans un cirque de “freaks”, où il continue de le maltraiter.
Les “freaks”, révoltés par l’acharnement de Bytes, vont libérer John et se venger.
John cherche ensuite à retrouver Treves, mais dès son retour, il est pris à partie par la foule londonienne, donnant lieu à une scène bouleversante où il affirme être un être humain.
Il retrouve finalement Treves et le monde artistique, dans une dernière séquence magnifique au théâtre où il est acclamé.
L’ambiance du film est parfois onirique, notamment lors des évocations de sa mère ou dans la belle fin, où il décide de se coucher comme tout le monde (malgré le risque d’asphyxie) et accepte son sort après avoir enfin trouvé le bonheur.
Le film se conclut d’ailleurs sur un rêve.
On sort de ce film profondément chamboulé après avoir vu la marginalisation et l’acharnement de la société dont John a été victime toute sa vie.