Le film démarre très bien avec un postulat de départ riche en parallèles avec notre société actuelle, à l'exception notable du fait que le temps comme monnaie c'est plus contraignant que l'argent, car on peut ne pas dépenser d'argent, en revanche le temps file toujours qu'on le veuille ou non. La première partie montre donc bien l'organisation de la société avec les riches, les pauvres, les quartiers huppés et les zones difficiles, les voleurs de temps, les contrôleurs du temps, les banques, l'inflation permanente, et l'opposition forte entre ceux qui ont besoin de temps et ceux qui l'utilisent pour des futilités (caviar, exposer une voiture, jouer au poker sans limite). Hélas, le contenu de Time Out va s'affadir drastiquement dans la seconde partie, sorte d'histoire d'amour et de chasse à l'homme assez terne et prévisible. La question de la vie éternelle reste bien en filigrane mais à côté le scénario fait des choses médiocres, comme le temps redistribué n'importe comment et le combat des 2 fuyards, qui ne cherchent pas à changer la situation, juste à voler des banques pour jeter le temps à tout le monde: Je trouve que ce choix est dangereux, la technique de Robin des Bois s'applique assez mal à ce type d'environnement et j'aurais préféré une vraie révolution collective. La fin, abrupte d'ailleurs, démontre que Andrew Niccol n'est pas parvenu à faire quelque chose de totalement abouti. Côté acteurs, ils sont à l'image du film, bons au début et plus niais ensuite. Au final, Time Out est un film intelligent pendant seulement 50 minutes, avant de céder à une histoire plus banale et creuse, manquant de pertinence dans ses orientations.