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Romanista
12 abonnés
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2,0
Publiée le 19 février 2014
Ce qui est intéressant dans ce film, c'est le point de vue différent d'un ripoux qui une fois n'est pas coutume ne se sort pas de toutes ses sales affaires, ses valises sont trop lourdes et il est dépassé par les évènements. Sa descente crescendo le font basculer dans le doute et ses certitudes s'effacent. Woody Harrelson joue dans son registre et le fait bien donc son interprétation n'a rien d'extraordinaire. Le manque de rythme nuit quand même à ce polar, des passages longs qui ennuient.
En regardant la propagande qui sert de bande annonce a ce film ridicule, on pourrait croire qu'il vaille le coup d'être vu en entier. Faute grave! Pas de scénario... Une histoire basique qui traine interminablement... A brûler et a oublier très vite cette daube
Oren Moverman, qui n’en n’est là qu’à sa deuxième réalisation, après le convainquant The Messenger, livre un drame complexe et psychologique. Les initiés aux lourdes et pessimistes pérégrinations du formidable James Ellroy auront à cœur d’y retrouver tous les critères qui auront faits le succès du romancier des années durant. Paradoxalement, le public non averti aura quant à lui nettement plus de mal à juger de la teneur de Rampart, film presque dépressif qui trace les derniers instants de liberté d’un monstre social inadapté. Tous les personnages de la bibliographie de James Ellroy traînent des casseroles, marchent sur le fil du rasoir, mais ici, le personnage central, qui figure dans toutes les séquences, n’a plus le moindre avenir. Le propos est sombre, difficilement appréciable pour celui qui ne pensait y voir qu’une descente aux enfers policière telle que pouvaient les mettre en scène David Ayer.
Ni héros ni même anti-héros, Dave, le policier dont on parle, est une ordure. Sexiste, machiste, raciste, assassin et voleur, le panel complet du parfait mauvais bougre. Le film ne raconte pas comment il en est arrivé là mais fait office de continuation. Les bavures, méfaits et autre excès de zèle continuent et envoient notre sinistre agent droit dans le mur, un mur que l’on ne verra pas mais que l’on imagine inévitable. Alors que le cinéma aborde souvent le thème de la rédemption, ici le personnage est littéralement incapable de changer, semble t-il coincé dans une époque qui ne lui est pas compatible. Persuadé d’incarner la loi et l’ordre, persuadé de faire le bien, le flic ripoux nargue ses congénères, ne semble pas éprouver le moindre remords alors qu’il chasse les femmes dans les bars, qu’il s’incruste auprès d’une famille recomposée qui ne veut plus du mal entre ses murs.
Lourd propos que voilà tenu par un cinéaste résolument tourné vers l’humain d’avantage que vers le spectacle. Qui de mieux que James Ellroy pour dépeindre le mal qui ronge un agent de l’ordre? Sans doute personne et Oren Moverman saute sur l’occasion. Si le réalisateur sait pertinemment que son film se fera discret, il ne renâcle toutefois pas à apporte du soin à sa mise en scène, malgré quelques tours de caméra parfois douteux. Les plupart des séquences sont tout à fait formidables, constituées de gros plans ou de plans distants qui montrent soit les expressions des personnages soit le cadre dans lequel ils évoluent. Soulignons toutefois que l’agent Dave n’est pas le seul esprit torturé du récit, Robin Wright en avocate nymphomane n’est pas mal non plus, sans parler de Ben Foster en clochard alcoolique impotent.
Mais par-dessus tout, le troisième artisan de ce projet, l’indispensable interprète, ne doit pas être négligé. Woody Harrelson y est là absolument formidable. L’acteur, qui l’on retrouve régulièrement mais peu souvent sous un jour comme celui-ci, impressionne de justesse, semblant aussi à l’aise en flic corrompu et au bout du rouleau qu’il ne l’était en tueur maniaque pour Oliver Stone. Son interprétation, qui n’est pas restée inaperçue outre Atlantique aura semble t-il fait peu d’émus de par le monde. Quoi qu’il en soit et pour la maigre importance qu’accorde Harrelson aux récompenses, voilà une interprétation qui n’aurait pas dépareillé dans la catégorie meilleur acteur à la cérémonie des Oscars. Bref, au final, ceux qui aiment y verront un film complet, choc et élaboré. Les autres s’ennuieront ferme, pour sûr. A choisir son camp donc, comme je l’ai fait. Superbe. 16/20
Grandeur et décadence d'un pauvre type, pétri de certitudes et resté collé après-guerre du Vietnam. Un sale flic dont on méprise l'attitude machiste et sexiste, un sale patriarche qui dirige la famille avec désinvolture et mépris, seulement guidé par le sexe et la violence urbaine. Mais le destin change la donne et l'histoire se joue à l'envers.
Le type dégringole de son piédestal : un autre homme apparait paumé, miséreux, ravagé par ses vices et on se surprend de compassion. Un film troublant sur l'ambivalence humaine. Un rôle magnifique pour Woody Harrelson qui bouffe l'écran. C'est un grand comédien et il passe de blockbuster en film d'auteur avec un grande aisance depuis plus de 20 ans déjà. Dans sa lignée et de la nouvelle génération , on pense à Matthew McConaughey qui semble être son fils spirituel.
Oren Moverman est réalisateur brillant et son film est d'une grand d'humanité, à voir sans aucun doute.
Un vrai grand film noir, psycho-thriller mené à un rythme tranquille, et la fin vous appartient... La violence et le sordide sont sobrement égrenés, pour ne laisser aucun espoir de rédemption au ripou qu'on déteste virtuellement au gré de ses explosions - qui disent la fragilité de cet anti-héros solitaire.
The Messenger était magistral, Rampart l'est moins mais il reste très bon, avec un scénario bien construit, un casting exceptionnel et une réalisation loin d’être mauvaise. En bref un superbe film.
Pas étonnant de retrouver James Ellroy à l'écriture de cette chronique policière montrant comme dans ses précédents récits des forces de l'ordre qui violent les règlent qu'elles sont censées faire respecter. Le bouc émissaire de "Rampart" est un flic qui connait parfaitement son travail mais profondément grossier, raciste et misogyne. Il s'agit finalement plus d'une chronique que d'un polar comme "Dark Blue" dont l'esprit est très proche, car on suit une tranche de vie de ce flic outrancier en étant toujours placé de son point de vue et sans qu'il y ait d'autres enjeux scénaristiques développés. Et pourtant, malgré sa liste de défauts longue comme le bras, il faut reconnaitre que ce personnage est attachant : bravo à Woody Harrelson.
A la manière d'un Harvey Keitel dans Bad Lieutenant, Woody Harrelson tente de porter sur ses épaules un film sombre et spécial et un personnage à la fois fragile et détestable... Malheureusement, la sauce ne prend pas... N'est pas Abel Ferrara qui veut! On s'ennuie ferme du début à la fin et une fois le générique arrivé, on se dit clairement qu'on a perdu son temps... Il y avait pourtant de l'idée dans cette histoire de rédemption. Le fond aurait pu être touchant, mais la forme ne suit pas.
Portrait d'un flic véreu qui s'enfonce dans son trou pourri. Woody Harrelson est comme toujours très bon mais il n'y a pas d'histoire... Et le côté facho du perso et donc du film dérange
Moyen. Je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus abouti. Au final beaucoup d'idées intéressantes mais qui ne vont pas au bout de leur raisonnement. Une relative sous-exploitation d'acteurs, pour ne citer que l'immense Steve Buscemi. Woody Harrelson est par contre lui au sommet de son art, dans un rôle qui lui est taillé sur mesure.
Malgré une mise en scène maniérée, Rampart est un film policier intense, d’une grande noirceur, et à l’âpreté féroce, qui ne se regarde pas, mais qui se vit. Rampart est un film percutant, étouffant, une pépite mésestimée et magnifiée par un Woody Harrelson en état de grâce démoniaque. Une belle preuve que le polar sombre n’est pas mort a Hollywood !
Film brut, dur, sans concession, sur la vision de la police et de la justice d'un flic de LA. Woody Harrelson et Oren Moverman font de Dave Brown un flic ripoux qu'on est prêt à pardonner jusqu'au bout. Chapeau.