Bon je sais pas trop quoi dire, si ce n'est que c'est très bien... Le film arrive à faire un mélange parfait entre beaux paysages montagneux, ça aurait été dommage de s'en passer même si c'est centré avant tout sur les deux alpinistes (enfin surtout un) et justement toute la psyché qui accompagne les gens assez fous pour se lancer dans l'ascension de tels sommets (et de vouloir les enchaîner).
Un passage m'a particulièrement touché, le moment où Herzog et Messner (si je ne me trompe pas) sont tous les deux d'accord pour dire que l'important c'est de marcher, et de visiter tout ce qu'il faut visiter. C'est aussi un peu ma conception, enfin ce que j'aimerai faire, voir tout ce qu'il y à voir, se retrouver confronté à la splendeur des choses.
Le film est intéressant également dans le rapport à la mort qu'ont les alpinistes, depuis que je m'intéresse à la montagne (ça fait un peu plus d'un an, même si ça m'a toujours fasciné mais sans que ça prenne le pas sur le reste comme c'est entrain de le faire) je vois les noms d'alpinistes et je vois "mort lors de l'ascension" "mort dans la descente" "mort d'une chute", ils n'ont pas de mort naturelle ces gens là. Quelque part c'est beau de côtoyer autant la mort sans la désirer et de juste l'accepter et de se dire que la "performance" (encore que ça ne soit pas exactement ça) vaut le coup de prendre ces risques.
Personnellement ce n'est pas la mort qui me ferait vraiment peur, mais la peur de la mort est plus terrifiante je trouve, elle pousse à faire demi-tour, à abandonner.
Bref c'est très intéressant si on aime un temps soit peu la montagne et qu'on s'intéresse à ce qui peut bien passer dans la tête de ces gens là.
Les alpinistes se considèrent aussi comme fous. Car leur projet est insensé. Cette ascension est surtout une affaire de partenaire solide. Il faut compter l’un sur l’autre. Vous verrez ici les deux héros parler de leur projet pendant les 4/5 du film. La vie, la mort, le danger, vivre sans danger, est-ce utile? Et à la toute fin, on ne verra plus que du blanc et de la tempête car personne n’est monté avec eux pour les filmer. Ils reviennent ayant accompli un exploit surhumain.
Documentaire sur des alpinistes qui risquent leur vies pour le challenge de grimper l'impossible. Ce qui est intéressant ici ce n'est pas la beauté des paysages qui d'ailleurs n'est pas très esthétique dans le film. Mais les déclarations du randonneur qui se questionne sur son envie et son désir de frôler la mort et sa relation avec la Société. Plus philosophie que cinématographique
Sur fond de défi physique complètement fou, un portrait incroyable et surprenant de Reinhold Messner qui est probablement l'un des plus grands alpinistes du vingtième siècle. Quelques plans montagneux splendides en résonance avec la plongée dans la psychologie de ces hommes hors du commun. Fascinant, une invitation à l'exploration des grands espaces.
Un film formidable, un équilibre entre lespaysages extraordinaires de l'Himalaya, la tension innérente à tout projet extrême, et les entretiens existentiels que Werner Herzog sait orchestrer tout simplement parceque la vision qu'il a de sa propre place sur terre, sans qu'il puisse vraiment l'expliquer, rejoint celle de Reihnold Messner et (sans doute) son compagnon d'expédition. Un epu court, on écouterait parler Reihnold des heures et les images ramenées par sa caméra à la main sont un peu courtes également. Mais l'ensemble est très équilibré et constitue une très bonne approche de l'humanité du plus grand des himalayistes.
Werner Herzog a le talent d’accoucher les névroses. C’est connu en ce qui concerne ses films tournés avec des acteurs largement dans le champ psychiatrique, Bruno S. dans L’Énigme de Kaspar Hauser, Klaus Kinski dans Fitzcarraldo et Aguirre ou la colère de Dieu. C’est aussi évident dans ses reportages, Grizzli Man et Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft. Dans Gasherbrum, la montagne lumineuse, sorti en 1989 dix-neuf ans après les faits, il accouche l’alpiniste Reinhold Messner qui part dans une irrépressible crise de larmes en guise de réponse à sa question sur la réaction de la Mama Messner lorsqu’en 1970 Reinhold est revenu du Nanga Parbat sans son frère Günther mort dans ses pentes d’une manière jamais élucidée. La double ascension réussie du Gasherbrum II puis du premier du nom est le prétexte à cette interview au plus intime de l’impudique Messner qui n’hésite pas à se mettre à nu, au sens propre dans les lacs glaciaires, comme au sens figuré. Son intelligence n’a d’égale que sa folie, palpable et revendiquée.