Comme beaucoup de monde je pense, j’étais persuadé que la saga "Saw" allait en rester au 7ème épisode puisque la boucle d’un scénario palpitant avait été bouclée. Certes il y avait la porte entrouverte sur une éventuelle poursuite de l’œuvre de Jigsaw avec le médecin incarné par Cary Elwes, mais je croyais sincèrement que les producteurs allaient abdiquer devant les derniers épisodes (erf, il faut bien le reconnaître !) un peu moins bons que les premiers, au risque de tuer définitivement la notoriété de la franchise dans le cœur des fans. Hélas ou fort heureusement (c'est selon), le risque fut consenti devant l’opportunité de rapporter encore un beau paquet de billets supplémentaire. Nous savions John Kramer mort… Mais alors, comment faire pour donner au moins un nouvel opus, pour ainsi dire le 8ème ? Un préquel ou un truc du genre ? Difficile, étant donné que nous savons déjà tout sur le célèbre tueur, même si j’admets qu’on ne nous a peut-être pas tout dit. Un spin-off ? Ma foi c’est possible, au vu des nombreux adeptes qu’a fait le célèbre tueur au puzzle. Ou alors tout simplement une suite, plus ou moins dans la continuité de là où nous en étions restés ? Eh bien je serai un peu tenté de dire que c’est un peu tout ça à la fois, en quelque sorte un savant mélange des trois concepts que je viens de citer. En cela, l’idée est assez remarquable. Certes en regardant ce film, on s’interroge sur la qualité de ce "Saw" numéro 8, surtout dix ans après la mort du personnage central. Et on se surprend même à penser qu’on a le cul entre deux chaises, et ce pour plusieurs raisons : en plus de la question soulevée quant au comment c’est possible, on se trouve confronté à des incohérences… qui finalement n’en sont pas, à l’exception d’une ou deux. Comme d’habitude, chaque détail compte. Comme d’habitude, chaque mot prononcé sur les bandes enregistrées est judicieusement choisi, et en plus on retrouve une musique assez immersive, au cours de laquelle on reconnaîtra le thème principal même s’il a été réarrangé ou remasterisé ou un truc du genre. Mais dans tous les cas, qu’est-ce que c’est prenant ! Les pièges sont toujours aussi bien foutus, et la signature de Jigsaw est bien respectée, dans le sens qu’il y a toujours une porte de sortie. Toujours ? Mmm pas si sûr. Le fait est que le récit brouille bien les pistes, notamment avec cette bascule quasi incessante entre l’endroit où se déroulent les tortures et le côté flics, ce qui donne un peu de peps à un rythme qui du même coup s’en trouve revigoré. Dans tous les cas, l’intrigue prend le pas sur le gore, comme d’habitude là aussi. Et la fin ne lésine pas sur les explications, et c’est l’occasion de voir que nous avons laissé échapper des indices qui auraient pu nous mettre sur la bonne piste. Amateurs, admirateurs de la franchise, confessez que vous avez envie de voir ce qu’il en retourne mais que vous avez peur d’être déçus. Quoiqu’il en soit, si vous n’avez pas encore vu ce "Jigsaw", il vous en manque un. Et si vous ne faites rien, de toute façon il vous en restera un. Alors ? Fuir ou frémir ? A vous de choisir…