Les direct-to-dvd on parfois du bon. Comme partout, il faut savoir trier, être curieux. On peut alors dégoter de petites productions forts sympathiques telles que « La Maison des Ombres », thriller fantastique britannique. Marier le classicisme d'un pensionnat pour enfants aux sombres histoires de fantômes est un excellent compromis garantissant une certaine originalité et fraîcheur au film. L'histoire se déroule en 1921, renforçant la curiosité du spectateur et son immersion dans l'univers vite angoissant de cet établissement rural, coupé du monde ou presque. Ce film a quelque chose de décalé, de singulier que je ne saurais expliciter mais qui le rend particulièrement attachant. Sa force réside peut-être dans sa simplicité, sa sobriété, sa franchise. L'intrigue est efficace mais ne se complique jamais à outrance . Très souple, elle se penche souvent sur la psychologie de l’héroïne, un chasseuse de fantômes torturée par son passé amoureux et au subconscient hanté par son passé familial. La jeune femme (Florence), assez désagréable au premier abord bien que mignonne, va se révéler de plus en plus attachante au fur et à mesure que ces révélations de fantômes et cette enquête de meurtre vont … se concrétiser. Les péripéties tourbillonnent, le mystère nous est petit à petit dévoilé jusqu'à la révélation finale, étonnante ! Les personnages secondaires sont peu nombreux mais tous utiles à l'avancement du récit (pas de place pour le superflu) : l'approche amoureuse et ambiguë de Florence envers Robert Mallory, est délicate ; Le personnage de Maud Hill (la « vieille » dame) est dérangeant tandis que le jeune (dont j'ai oublié le nom) s'avère touchant, en plus de jouer comme un chef ! Soi dit en passant, l'actrice principale, Rebecca Hall, interprète avec justesse et charme son personnage,fragile et indécis. La mise en scène est un cran au dessus des productions du genre, et malgré le budget sûrement loin d’être mirobolant, Nick Murphy (le cinéaste) a réussi à doté son film d'une ambiance artistique réussie. Le traitement de l'image est pale ,angoissant et majestueusement gondolé; les décors sont travaillés avec soin et la mise en scène est bien léchée. Tous ces éléments insufflent davantage de crédibilité au récit. Non vraiment, « La maison des ombres » est une petite production honnête et qui vaut le détour. Plus réussi qu'un « 6ème sens »,dans le genre. Vraiment pas mal.