Dans sa vaine quête de s'acheter une légitimité aux Oscars, Netflix a choisi de nous pondre un navet gratiné. Un drame calibré pour une ou plusieurs récompenses qui seront le cas échéant parfaitement imméritées. On s'ennuie ferme durant ce pensum de deux heures et quarante-sept minutes, à côté duquel la perspective de regarder de l'herbe pousser ou de la peinture sécher vous fera trépigner d'enthousiasme.
Ana de Armas n'a pas la splendeur physique pour incarner un sex-symbol comme Marilyn Monroe. Elle est certes une actrice respectable, mais ce n'est pas Meryl Streep. Son jeu manque d'envergure, d'intensité et sa personnalité de charisme.
Visiblement, le réalisateur Andrew Dominik n'était pas non plus le bon candidat pour ce film. Qu'a-t-il fait en vingt ans de carrière ? "Chopper" (2000), "L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford" (2007) et "Cogan : Killing Them Softly" (2012) et c'est tout. Pas de quoi se relever la nuit.
C'était sans doute trop difficile de faire un film glamour, hollywoodien, plein de chansons et de couleurs, autrement dit un long métrage distrayant qui respire la joie de vivre, plutôt que ce drame insipide et éprouvant qui insiste lourdement sur le côté destin brisé et tragédie personnelle.
Marilyn Monroe est devenue un mythe parce qu'elle incarne l'idéal féminin de l'âge d'or de Hollywood. C'est ce rêve en forme de symbole dont l'imaginaire collectif veut se souvenir, pas de la réalité d'un quotidien forcément pénible, triste sort de l'être humain qui doit se battre pour exister.
Et cette idée saugrenue de préférer une image 4/3, à croire que le format est devenu un atout artistique ! C'est un aspect technique, pas esthétique. À chaque époque son format. Nos téléviseurs sont 16/9 (équivalent à 1.78), les réalisateurs n'ont qu'à s'y plier. S'ils veulent faire une sortie salle en bon vieux Cinemascope 2.35 ou en IMAX 1.43 comme Jack Snyder avec son long métrage "Justice League", c'est une autre affaire. Lors d'une retransmission télévisée ou en streaming, des bandes noires sont rajoutées en haut et en bas dans le premier cas, et l'image est zoomée et recadrée en plein écran dans le second cas. Le résultat est satisfaisant. Pas ridicule comme dans "Blonde", avec des bandes noires verticales à gauche et à droite de votre beau téléviseur. Une aberration dont l'inutilité sidère, d'autant que le film n'est sorti que dans quelques salles dans le seul but d'être éligible aux Oscars, avant d'être diffusé mondialement en streaming.
Si vous aimez le cinéma gratifiant et roboratif, les années 50 et 60, et Marilyn Monroe qui est l'icône absolue et universelle du XXe siècle, alors fuyez ce faux biopic parfaitement désolant, relecture maladroite du roman éponyme paru en 2000 de l'écrivaine américaine Joyce Carol Oates.