Le Miroir
Note moyenne
4,1
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71 critiques spectateurs

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stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 décembre 2012
Le miroir est une véritable splendeur qui exalte tous les sens. Une beauté visuelle évidente : les paysages torturés, les maisons qui brûlent, les plans qui magnifient les saisons, le vent qui fait tressaillier les arbres. Beau travail également sur les sons, utilisation non pompeuse de la musique classique (Mozart, Bach magnifié au plus haut point), bref ce film est une oeuvre d'art. Tarkovski se permet des mouvements de caméra des plus astucieux (voir les fameux déplacements des corps féminuns dans des couloirs aseptisés). Le scénario est évidemment des plus obscurs : le narrateur, un cinéaste qu'on voit à peine, confond dans ses délires oniriques, sa mère avec sa femme, son fils avec sa propre personne. Peu importe, ce qui signifie que le film nous hypnotise. Un personnage hautement narcissique mais à qui on pardonne, magnifié par la majesté du propos. Le cinéaste parvient à capter quelque chose d'unique dans les regards des personnages, la tristesse, la solitude ... Il y a un peu de Bergman dans Le miroir (les rapports familiaux, une certaine sécheresse, importance de la musique). Tarkovsky ajoute, avec justesse, des réelles images de la guerre avec les chinois, des soldats embourbés, rompant donc la narration. La nature est magnifiée comme ses rapports avec les êtres humains. Une des plus belles scènes du film : lorsque l'enfant appèle sa mère et que nous découvrons une vieille femme, l'âge de la mère du narrateur. Un chef d'oeuvre à la beauté extatique pure.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 740 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 août 2024
Hypnotisant par sa mise en scène, émotionnellement brillant par son histoire, "Le Miroir" de Tarkovsky, est un film de "nostalgie" où l'on plonge sur la vie d'un personnage rempli de mélancolie et d'interrogation. Par son montage, son mixage sonore, on plonge dans l'intimité de ce personnage. On en ressort épuisé par le niveau proposé. Également, il s'agit d'un des plus beaux films du Cinéma ! Une photographie magnifique. Tarkovsky rentre dans le petit cercle des réalisateurs les plus importants en termes de mise en scène ! Excellent film
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 juillet 2014
Un film étrange et difficile d'accès qui bénéficie d'une réalisation sublime. Tarkovski réalise ici une sorte de puzzle dégingandé de souvenirs d'une mère. C'est foutraque, chronologiquement ébouriffant et toujours assez neurasthénique, il faut bien le dire. Si l'ennui n'est jamais bien loin, on ne peut qu'être fasciné par certaines scènes totalement bouleversantes ou d'autres absolument glaçantes. Des pics sensoriels qui accélèrent le cœur mais qui restent trop rares au milieu d'un flot d'images sans liens et qui peuvent laisser perplexes. Bref, difficile d'entrer dans ce film même s'il reste un magnifique témoignage des souffrances et boursouflures de la société soviétique.
Mathias Le Quiliec
Mathias Le Quiliec

80 abonnés 378 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 novembre 2020
Ca m'embête vraiment mais je vais devoir me ranger du côté de ceux qui ont trouvé le film chiant et pas indispensable d'avoir vu avant de mourir pour tout cinéphiles ! Pourtant les premières minutes semblent très mystiques, mélangé à de jolie couleurs et à des prise de vue pas dégueu de Tarkovsky, le début du film intrigue et c'est ce qui m'a plut et accroché. Mais combien de temps 20 minutes ? 25 minutes, après c'est l'ennuie qui m'a guidé, je ne suis d'ailleurs pas allé jusqu'au bout. Comme pas mal de chez d'oeuvre subjectif, le bon cinéphile reconnait évidemment le travail formel de Tarkovsky mais ne comprend rien au reste. Un coup le point de vue du gosse, ensuite la mère, la femme , le père etc ... Si encore quelque chose nous retenait, oui la beauté du film pendant un temps, mais ça ne suffit pas. Nettement en dessous d"Andrei Roublev" vu au cinéma l'an passé et qui pour moi reste le meilleur Tarkovsky visionné à ce jour. Déception.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 mars 2019
C’est un grand cinéaste russe effectivement au même titre que son homologue américain de « 2001, l’odyssée de l’espace ». Que de poésie lyrique dans la forme de sa mise en scène contemplative et qui se déplace la caméra en avançant vers le temps, ça ne court pas mais marche au rythme de la mélodie, du classique éblouissant. De l’œuvre d’art parsemée de mirage et d’illusion optique, on se serait cru effrayé par l’effet voulu venu de l’immensité silencieuse agissant la nature tout autour. Des oiseaux qui s’envolent évaporés, des traces vaporeux qui s’évanouissent successivement, une maison mystérieusement hantée et son miroir habité. Du spiritualisme universaliste dans ce pays « d’Andrei Roublev » réglementé, le régime ne laisse filtrer aucune fuite dans ce scénario, de la démagogie historique, quelques rares gouttes laissées, ce n’est que du pure souci voué au détail. Après la planète esprit eau de vie « Solaris », voilà l’esprit terrien envoûté à son tour du monde cosmique, la lévitation de la belle au bois dormant, des personnages toujours aussi troublés pour transporter leurs états d’esprit. Les souvenirs du passé jusqu’au présent s’y mêle ou l’ouverture d’un univers parallèle cinématographique en ouvrant simplement la porte. Le thème fantomatique de cette réalisation est intrigant pour le cinéma angoissant, ça m’inspire l’école des métiers du multimédia. On se fraye un passage devant ces cheveux plongées emmêlés, une chambre de cinéma obscur inconfortablement fascinant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 mars 2008
Le film fonctionne par effet "rétroactif" extremement fort, je veux dire par-la que plus on y repense, et plus le temps passe, et plus il prend de l'ampleur et du sens. Une sorte de Madeleine proustienne cinématographique, un hymne à la vie et aux souvenirs qui l'accompagnent.
Vincent P
Vincent P

29 abonnés 40 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 avril 2016
Sublime rêve éveillé, d'une beauté fulgurante, sur la nature complexe de l'humain et de ses souvenirs, à travers le prisme du miroir....
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mars 2018
septiemeartetdemi.com - Si l'art est de la beauté qui a du sens, alors Le Miroir mérite toutes les palmes. Il ne faut en revanche pas s'attendre à trouver le sens en question ; c'est un film complètement inintelligible, comme un poème lu trop vite. Des poèmes l'illustrent, d'ailleurs, lus par l'auteur pendant que les images défilent, telle une métaphore récursive de l'œuvre, incapable de se suivre. Quand elle n'explore pas l'étrangeté opaque de personnages dont il est impossible de se rappeler de scènes à d'autres, elle cède la place à l'esthétisme graphique de plans toujours en mouvement, comme désireux d'être le reflet de leur frère ennemi le scénario.

Beauté et incompréhensibilité, si elles sont encore l'apanage de grands artistes (Arronofsky, ça sonne russe, non ?) ne font pas bon ménage car ils réduisent l'appréciateur au silence, que ce soit en le laissant bouche bée ou en lui dérobant sa sagacité. Parlez de ce film s'il vous faut l'interpréter et partager votre vision (et il est probable que vous ressentirez ce besoin), mais ne défendez pas votre point de vue mordicus, car il sera aussi indéfendable qu'un avis négatif contre ce film l'est.
Carne
Carne

106 abonnés 1 116 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 octobre 2006
Une claque magistrale réalisée par un artiste inclassable. D’une narration à la complexité édifiante, Andrei Tarkovski en tire une oeuvre d’une beauté inouïe où un homme qui ne cherchait que le bonheur revoit sa vie en confondant ses souvenirs.
A travers des plans sophistiqués, une musique stridente et un scénario superbement écrit, Tarkovski prouvait alors, au même rang que Kubrick, que le cinéma est un véritable art où plusieurs relectures de ses films sont nécessaires pour en comprendre la portée, la symbolique, la métaphysique,...
Vivement que je découvre les autres chefs d’œuvre de ce metteur en scène dantesque pour ne pas mourir idiot !
Spiriel
Spiriel

43 abonnés 318 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2008
Réputé pour être le film le plus hermétique de l'auteur, à cause de sa narration si difficile à lire (mais tellement riche et significative!), Zerkalo est caractéristique de la démarche de Tarkovsky. Si personnels, et pourtant tellement universels. Là où la plupart construisent une thèse à travers le film, le russe s'interroge sur les fondements de l'existence, ceux qu'on ne remet jamais en question, qui nous concernent tous mais qu'on ignore superbement, trop occupés à des futilités. Ces films visent à poser une question, émettre un doute, d'autant plus troublant que le cheminement intellectuel pour y arriver est infaillible. Mais si Tarkovsky est le réalisateur le plus cérébral du cinéma, il s'adresse aux sens du spectateur avant de l'inviter à réfléchir. Sa façon de faire ressentir les éléments est inimitable, et en ce sens ses films sont les seuls que je qualifierais d'oeuvres d'art (désolé JLG), en ce qu'ils reposent avant tout sur la sensorialité et non les sentiments, et qu'ils font naître, comme s'ils nous touchaient physiquement, des choses chez le spectateur qui n'est pas présent dans le film. C'est cette quête d'infini, de spiritualité et d'absolu qui aura guidé toute la carrière du cinéaste. Dans ce film il y a deux Andreï. Le cinéaste qui utilise le "flux" pour apprivoiser le temps et le transcender, et le personnage, qui constate la vacuité de la recherche du bonheur à travers le prisme du souvenir, et qui est lui impuissant face au temps, qui cherche sa nature propre à travers la fusion qu'il avait avec la Nature lors de son enfance (la maison dans la campagne a été reconstituée pour être celle d'Andreï enfant). Le film est également un puissant portrait de femme, sa mère et son ex-compagne, qui n'est pas sans rappeler, surtout à la coiffure, l'épouse du Sunrise de Murnau, dont elle partage une idée d'universalité et de pureté. La densité thématique du film est inextricable, mais comme un tableau de Vermeer il ne s'agit pas de le voir qu'une fois.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 novembre 2007
Le Miroir peut à juste titre être considéré comme le film le plus personnel de son auteur, même si dans tous ses films on suppose qu'il a mis une grand part de lui-même. Le film raconte l'histoire d'un homme qui, au bord de la vie, se remémore des scènes de son enfance, des scènes de son couple. Le film fait preuve d'une telle poésie et d'une telle maestria qu'il évoque en nous de façon précise des sentiments que l'on peut ressentir sur notre passé, sur les relations que nous établissons avec nos proches.
Raphaël P.
Raphaël P.

31 abonnés 126 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 avril 2015
Je vous le dis d'emblée : "Le Miroir" n'est pas le meilleur film que j'ai vu de ma vie et n'est pas le film qui m'a le plus touché. C'est juste un chef-d'oeuvre. Sorti tout droit du cerveau de Tarkovski et plus particulièrement de sa vie, "Le Miroir" raconte l'histoire de son auteur, de la Russie mais aussi de l'Art. Tout ça retranscrit dans un film expérimental doté d'une mise en scène absolument parfaite et d'images sublimes. Il est l'un des rares films qui soient arrivé à me faire pleurer rien qu'en filmant de l'herbe. Bravo l'artiste.
Autrui
Autrui

26 abonnés 206 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 décembre 2009
« Homme libre, toujours tu chériras la mère!
La mère est ton miroir, tu contemples ton âme… »
Un miroir un peu hermétique, certes. On peine à distinguer les contours du mystérieux reflet. Et pourtant, de là naît un charme universel : des souvenirs, véridiques ou fantasmés, reviennent les uns après les autres, dans le déroulement infini de la lame psychique de Tarkovski. Nous entrons alors dans un autre monde ; passé ? présent ? qu’importe, tant qu’il est sur l’écran et que nos yeux assoiffés de beauté s’apaisent au fur et à mesure.
Au spectateur, reviennent avec l’écume des beaux jours des images : une maison dans la forêt, des chemins de la Russie profonde évanouis à cause d’une lumière trop belle, un adroit mélange de sépia et de noir et blanc…et, les yeux grands ouverts, on se demande parfois si on n’aurait pas vécu ces moments-là dans une autre vie.
Fryzer
Fryzer

18 abonnés 388 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 juin 2024
Oui bah Tarkovsky t’es juste l’intellectuel que tu penses être, j’ai juste rien à dire appart c’est du grand génie, un rewatch encore meilleur que la première fois, la barre est tellement haute, un des meilleurs films audiovisuels que j’ai pu voir de mon existence.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 mai 2015
Si les trois premiers longs métrages de Tarkovski ont, à mon sens, été de plus en plus marquants et puissants (avec comme sommet l'hypnotique et magistral Solaris), Le Miroir constitue une légère déception pour un cinéaste qui m'avait, jusque-là (je n'ai vu que ses 3 premiers films) habitué à l'excellence. Surement l'une de ses œuvres les plus autobiographiques, à travers laquelle il nous fait suivre une succession de souvenir d'un mourant, allant des années 1930 aux années 1970.

Un récit assez décousu finalement, où l'on voit un vieil homme qui revient sur sa propre vie, de manières non chronologiques, et qui se remémore ses rencontres, ses souvenirs de jeunesse et ceux qui l'ont marqué, notamment deux femmes, sa mère et sa femme (admirablement jouée par la même actrice, Margarita Terekhova). Tel Marcel Proust, il semble rechercher le temps perdu, explorant son âme et ses souvenirs auxquels Tarkovski donne un fort sentiment de mélancolie à travers des tableaux, souvent magnifiques.

La force de Le Miroir se situe là, à travers des images auxquels Tarkovski donne de la puissance et ce dès le début du film, via ce premier retour en arrière et les magnifiques plans filmant la campagne et l'attente d'une femme. Le metteur en scène d'Ivan Roublev déborde d'idées, tant dans l'écriture que dans sa mise en scène, ses cadres débordent de détails et d'intérêt sans en devenir lourd tandis que l'on retrouve à travers ses souvenirs un miroir omniprésent et le symbole du temps qui passe. Le Miroir est riche et créatif, et Tarkovski aborde la vie et la façon dont on voit la sienne et ce qu'on en garde, tout comme il dresse sa vision de la famille et de l'image de la mère.

Pourtant, Le Miroir me laisse sur une certaine déception, cette impression d'avoir admiré de magnifiques tableaux mais qui manquaient d'émotion et de lyrisme, à l'exception de quelques scènes, surtout au début à l'image de l'inoubliable incendie (comme dans Solaris ou L'enfance d'Ivan, Tarkovski a l'art de filmer la nature comme personne). Plus le film avance, plus cette succession de souvenirs manque de clarté qui, ajoutée à cette absence d'atmosphère, aboutie sur quelques longueurs lors de la seconde partie du récit et un côté déroutant qui a fini par m'éloigner du récit. Finalement c'est un gout amer pour un film qui a si bien débuté et qui montre, à nouveau, tout le talent de Tarkovski pour donner une beauté plastique à ses œuvres, tout en y explorant l'âme de ses personnages mais qui ici, et contrairement à ses films précédents, manque d'émotion et de clarté parmi cette succession de souvenirs.

Première légère déception avec le cinéma de Tarkovski, lui qui m'avait hypnotisé et marqué avec des films comme Andreï Roublev et surtout Solaris. Une oeuvre puissante et belle mais qui manque d'émotions et de sens pour totalement convaincre, et ce malgré un réalisateur qui montre toutes les facettes de son talent.
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