Le Miroir
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 novembre 2008
Tout est déjà dit, je crois... Je rajouterai qu'en effet, c'est un miroir! Le seul film dans lequel je me suis vu en souvenir, puis je me suis vu me souvenant... Certaines scènes semblaient habiter dans ma tête et n'attendre que de voir ce film pour ressurgir et prendre sens. Merveilleux!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 octobre 2007
Un peu plus à chaque film, Tarkovski cherchait la voie d'un cinéma poétique qui s'adresse aux sens
plutôt qu'à l'intellect. Il n'y a pas chez lui de divorce entre le beau et le vrai, et les images dont la beauté émeut doivent aussi être l'expression authentique du réel dans ce qui le caractérise par
excellence, sa temporalité. Objet d'intuition et non d'analyse, la nature de l'être se dévoile comme
temps au point de rencontre de notre âme avec le monde. Ce dévoilement qui par le cinéma prend la
forme d'images et de sons, quoi qu'il soit d'une éternelle vérité, ne doit pas prendre une forme
abstraite: l'image est singulière, contextualisée. Si Le Miroir a pour objet l'existence, celle-ci ne
saurait se donner autrement que comme une existence, ici, celle d'un russe confronté au temps perdu, voyageant à travers les nappes de passé que lui ouvrent ses affects et sa mémoire. L'histoire
personnelle s'amplifie en histoire de la Russie et de l'Occident, de leur rapport à la beauté et à la
vérité; sont ainsi convoqués Leonard de Vinci, Bach, Pergolese, Rousseau, le christianisme... Avec
Le Miroir, Tarkovski largue les quelques amarres qui le liaient encore à la forme classique: l'irréversibilité du temps est abolie par la décomposition totale de la narration et un montage
interdisant toute tentative de synthèse par l'entendement. Une certaine idée du cinéma-total est par ailleurs à l'oeuvre, l'image cinématographique entrant en correspondance avec la musique, la poésie, les arts picturaux. Mais celui-ci ne se construit pas par intégration des matières artistiques -son, couleur, figure, mots, rythme-, par une mise en forme totalisante, propre au classicisme (Les Parapluies de Cherbourg pouvant ici servir de paradigme). Le Miroir fonctionne de manière plus flottante, par chevauchements et résonnance, fonctionnement dont la réussite est plus aléatoire mais conjure tout risque d'artificialisme et de dictat de la forme, l'artiste s'inclinant devant la vérité qu'il donne
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 13 avril 2022
La première scène. La scène d'ouverture. Un jeune homme bègue apprend à parler correctement lors d'une séance d'hypnose. Il s'adresse à la caméra, on voit l'ombre de la perche du micro, le ton est donné : Andreï Tarkovski va parler de lui à travers son film, il va se livrer à cœur ouvert à son spectateur, brisant la frontière entre la fiction et la réalité, et la superbe scène d'ouverture place les jalons de l'œuvre à venir.

L'art de Tarkovski est peu évident à aborder. De par sa lenteur contemplative et ses longues réflexions philosophiques sur le bonheur, la foi, l'Homme et le sens de la vie, entre ses fidèles adorateurs et ses inlassables détracteurs il a déchaîné les passions dans la sphère du Septième Art. Ma position est assez claire, à voir mes films préférés et la place de choix que je réserve à Stalker et surtout à Le Sacrifice. Le réalisateur russe astreint beaucoup à la réflexion par ses œuvres exigeantes, mais il sait y incorporer autre chose : une ambiance. Cette ambiance est ce qui déterminera si le spectateur va prendre sa claque cinématographique monstrueuse ou hurler à l'imposture d'un cinéma trop sec et clinique pour s'y sentir impliqué.

À titre personnel je n'ai jamais trop été frappé par l'ennui devant ses films, à la seule exception de L'Enfance d'Ivan qui cependant comporte bien d'autres qualités pour tolérer quelques longueurs. L'exigence des films de Tarkovski sait rendre au centuple ce pour quoi le spectateur s'est battu - arriver jusqu'à la fin sans plisser des yeux - et délivre toujours une beauté et une profondeur vertigineuse qui n'aura de cesse de hanter son sujet pour les jours à venir. C'est d'autant plus triste qu'après avoir adoré des objets de fascination comme Solaris et Nostalghia je me suis mis à méchamment piquer du nez devant Le Miroir...

Revenons à la scène d'introduction, voulez-vous. Le cinéaste parle dans ce film de lui-même, il se remémore des souvenirs qu'il met en images, il nous perd dans les limbes de sa mémoire. Personnellement ce genre de scénarios, c'est totalement ma came, et quand c'est porté par un réalisateur que j'adore autant que le brillant cerveau à l'origine de Stalker je ne vois aucune raison à ce que je reste totalement hermétique au film. Pourtant Dieu sait que j'ai dû m'y coller à quatre fois (en relançant le film depuis le début à chaque fois bien entendu) avant de pouvoir enfin arriver au bout ! Et encore, au bout... mon visionnage a quand même salement été amputé de longues plages de somnolence quoi.

Alors autant mettre les choses au clair : ça ne reste pas n'importe qui derrière la caméra, ni même tenant la plume. On le reconnait le Tarkovski génie plasticien, spirituel dans l'âme (j'adore les pléonasmes), l'atmosphère incorporée dans le récit dans les premières minutes - voire plusieurs dizaines de minutes - est remarquablement efficace et, jouant de la non-linéarité de son intrigue et de partis pris abstraits que j'apprécie tout particulièrement (le choix de la même actrice pour jouer l'ex-femme et la mère du protagoniste, symbolisant la confusion des souvenirs opérés par la mémoire), laisse présager la plus fascinante des autobiographies.

Cela dit... En repoussant toujours plus loin la confusion et les expérimentations, ma fascination s'est vite altérée en perplexité. À redoubler de mystère et s'enfonçant toujours plus dans des directions multiples qui s'entrecroisent, j'ai très rapidement perdu le fil en même temps que le film semblait instaurer une constance dans son intrigue. La narration est non-linéaire, le ton l'est, et c'est au bout de 45 minutes que j'ai commencé à lentement décéder sur mon siège et à sombrer non seulement dans l'incompréhension totale, dans la froideur face aux situations mises en scène et dans l'ennui le plus mortel qui soit. De temps en temps je me rattachai à un plan magnifique, à une scène formellement formidable (la lévitation est vraiment un motif récurrent chez l'ami Andreï, et à voir comment il filme ça je ne m'en plains pas, au contraire).

Qu'un film soit esthétiquement magnifique c'est une chose. Qu'il ait une thématique cohérente et aboutie de bout en bout aussi. Mais qu'il soit désespérément chiant en est une toute autre. Peut-être que je ne suis simplement pas touché par la vie d'Andreï Tarkovski, mais je suis resté totalement insensible à ce qui m'était montré. Alors que ça n'annonçait que du grand pour la suite, la scène d'introduction est le seul élément qui a pu un tant soit peu me faire rentrer dans le film pour une bonne demi-heure où l'atmosphère n'opérait pas trop de fioritures extrêmes.

On savait Le Miroir comme une œuvre infiniment difficile d'accès, la moins appréhendable de son auteur, qui nécessite un visionnage supplémentaire, ou deux, ou trois, sûrement d'ailleurs le reverrai-je un jour pour mieux voir où il veut vraiment en venir, mais quand c'est trop c'est trop, et malgré ma volonté et de rares moments d'extase, j'ai finalement - dans ma fatigante lassitude - sombré dans mes propres onirismes plutôt que dans ceux de Tarkovski.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 novembre 2010
Il occupe une place de choix dans mes films favoris. On sent bien à la vision de l'œuvre que Tarkovski est bel et bien un génie du cinéma
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 août 2011
Bouleversant..... touche à l'essentiel, à l'âme....
Si beau.....
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 février 2021
Sûrement la critique la plus difficile à faire qui soit car c'est l'un des rares films où l'art cinématique est utilisé dans sa forme la plus pure. Les plus grands films se ressentent et on les comprend sans avoir à les intellectualiser, c'est le cas ici. Tarkovski pousse ici le sens d' "image artistique" à son meilleur en les laissant s'exprimer d'elles mêmes. Aucun point de vue n'est imposé par l'auteur malgré l'aspect autobiographique de l'oeuvre ce qui relève du miracle.Tarkovski comprend l'importance du symbolisme et l'utilise de manière récurrente à juste titre, comme l'écrit Ricoeur : " (le symbolisme) c'est le logos même d'un sentiment qui sans lui resterait vague, non explicité, incommunicable. Nous sommes en face d'un langage insubstituable." Chaque image de ce film restera gravée dans ma mémoire comme symbole de beauté.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 octobre 2011
J'ai vraiment beaucoup aimé ce film!! son rytme,l'image et ce va et viens entre passé et présent! cette sensation d'être dans un rêve! le cinéma Russe à vraiment des chef d'oeuvres qui mérite d'être découvert!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 octobre 2010
Magnifique et d'une grande modernité. Inexplicable. Du grand art avec une esthétique sublime!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
L'amour, la souffrance, la beauté, la vie, l'enfance, la mort, la nature, sous leurs plus belles formes. Si cela fait autant mal, c'est que Tarkovski a peut-être réussi à suggérer l'humanité avec une parfaite justesse. Son Miroir est en nous, nous sommes percés au grand jour.
miyel19
miyel19

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5,0
Publiée le 14 avril 2008
Ce film est un hymne d'amour à la nature, à l'humanité, l'autoportrait d'un artiste sur le point de mourir, qui revit son enfance, l'histoire de son pays. Les images mêlent passé et présent, la nature est filmée comme dans aucun autre film : le vent qui souffle dans les arbres, qui fait tomber des objets au ralenti, une maison qui brûle dans la forêt, sous la pluie, tous les éléments s'animent pour participer à cette exploration de l'âme, symbolisant notre relation au monde et notre participation à un tout. Un film d'une grande poésie.
Lauradesfleur
Lauradesfleur

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3,5
Publiée le 15 mai 2023
Un beau film qui nous fait part de manière très esthétique et singulière la vision que nous avons nous-même de nos souvenirs
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