Il est difficile de rester indifférent devant ce drame juridique porté par les solides épaules de Sami Bouajila, absolument impeccable dans son incarnation d'Omar Raddad. Dans sa réalisation, Roschdy Zem s'intéresse surtout aux rapports humains et aux personnalités plutôt qu'aux éléments judiciaires proprement dit, livrant un plaidoyer efficace mais mâtiné d'élans de naïveté pour témoigner de ce fait divers ultra médiatisé. D'un parti pris évident mais d'une force indéniable.
Si le film montre les carences de l'enquête qui a manqué de professionnalisme, il est un peu laborieux et trop linéaire dans sa réalisation. Par contre, très belle performance de Sami Bouajila qui incarne parfaitement Omar Raddad.
Omar m’a tuer (2011), réalisé par Roschdy Zem, retrace l’affaire judiciaire autour d’Omar Raddad, accusé du meurtre de sa patronne, Ghislaine Marchal. Le film met en lumière les incohérences du procès et les failles du système judiciaire français de l’époque. Roschdy Zem adopte une approche à la fois sobre et émotive, alternant entre l’enquête minutieuse menée par l’écrivain Jean-Marie Rouart et le calvaire d’Omar en prison. Sami Bouajila incarne un Omar poignant, victime d’un système qui l’écrase. Bien que la réalisation soit efficace, le film reste parfois trop sage dans sa critique. Note : 3/5.
Excellente interprétation de Sami Bouajila, et très bon film de Roschdy Zem. Même si nous connaissions l'histoire il est bon de nous la rappeler pour ne pas oublier qu'avec un innocent on peut construire un coupable et mettre un homme en prison sans aucune preuve valable.
Une belle surprise l enquête est de qualité très bien mise en scène on ressent une tension forte durant tous le film. L acteur principal sublime si. Rôle pour nous donner une interprétation juste et touchante , d un calme olympien... Beau voyage au travers des méandres de la justice et de son fonctionnement que nous ne comprenons pas toujours.... Cette erreur à ce jour toujours inexpliqué reste un moment noir de la Justice celle ou on a voulu accuser une minorité pour cacher un crime d argent bien plus important ....histoire touchante sans tomber dans le mélodrame elle fait réfléchir et les conséquences que ces erreurs judiciaires peuvent entraîner
Pour commencer, les acteurs principaux sont parfaits surtout Sami Bouajila qui est vraiment poignant. On est dans une histoire vrai donc c’est un peu plus facile d’émouvoir le spectateur, j’ai trouvé l’ensemble bien mené sans tomber dans la surenchère d’émotion ou de grosses ficelles en tout genre. La réalisation est sobre, efficace, même si le film soufre d’un manque de risque, d’originalité dans la façon de filmer. Il y a tout de même quelques scènes vraiment saisissantes. Même si le film a un parti pris dés le départ, plus ou moins discutable ( on peut se demander si on ne nous cache pas des faits irréfutable contre Omar Raddad) , ça fait plus que réfléchir car si le doute doit toujours bénéficier à l’accusé, j’espère ne jamais être inculpé, car si dans cette affaire il n’y a pas un doute c’est qu’il n’y en a jamais et le texte final du film n’est pas fait pour nous rassurer . Donc on a choisi délibérément de nous montrer qu’un coté de l’affaire et dans ce sens le long métrage est une réussite car on ressort de la salle avec de gros doutes (en gardant à l’esprit tout de même que dans ce film on ne nous dit pas tout) …
Film réussi et d'une rare sensibilité. Sami Bouajila est remarquable et retrace parfaitement le calvaire vécu par un innocent depuis maintenant 20 ans victime de l'implacable machine judiciaire et policière.
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3,5
Publiée le 7 novembre 2015
En exposant les faits sans donner d'avis, Roschdy Zem choisit pour sa deuxième mise en scène derrière la camèra une des affaires judiciaires les plus mèdiatisèes en France dans les annèes 90: L'affaire Omar Raddad! Pour interprèter ce pauvre jardinier qui fut condamnè à dix-huit ans de rèclusion mais qui bènèficia d'une rèduction de peine à la suite d'une grâce partielle, il fallait un acteur qui impose naturellement son humanitè et son talent! Roschdy Zem choisit son pote Sami Bouajila qui livre une composition juste et remarquable, limite mutique! Son personnage cherche à être rèhabilitè et on lui refuse toutes les possibilitès de l'être! ça fait très peur et sur le plan humain il faut être très fort pour vivre avec ça! Tout bonnement monumental, Bouajila est habitè par son personnage et arrive à nous èmouvoir par un simple geste (magnifique quand il retrouve son fils à sa libèration) ou un regard! Instructif, intèressant et souvent poignant dans ses meilleurs moments, cette chronique judiciaire est passionnante à suivre même si le mètrage aurait gagnè à être plus long! L''essentiel est tout de même là puisqu'on est touchè par cette histoire avec beaucoup de zones d'ombre où l'on redècouvre une affaire délicate qui est loin d'avoir dit son dernier mot...
Seconde réalisation pour l'acteur (et désormais réalisateur) Roschdy Zem qui s'est attaqué à un travail complexe, car si Omar Raddad est bien l'accusé aux yeux de la justice, ce dernier a toujours clamé son innocence (son ADN n'a jamais été retrouvé sur les lieux du crime) 10 ans après les faits (celui d'un jardinier accusé du meurtre de son employeur, une riche veuve, les faits remontent à 1991). Pour mener à bien son film, le réalisateur s'est inspiré du roman (et accessoirement, de la contre-enquête) de Jean-Marie Rouart : "Omar : la construction d'un coupable", ainsi que du propre roman d'Omar Raddad : "Pourquoi moi ?". En résulte une étonnante (et inquiétante) chronique judiciaire où la justice française a semble t-il fait du grand n'importe quoi en multipliant les erreurs ou aberrations parfois choquantes. Présumé coupable avant même que l'affaire ne soit résolut, voilà ce qu'il s'est clairement passé et le film nous permet de revivre minute par minute le calvaire enduré par Omar Raddad. Sami Bouajila l'incarne avec beaucoup de justesse, sans pathos, une retranscription parfaite dans l'ensemble malgré une baisse de régime vers la seconde partie.
Après avoir vu ce film, moi qui ne peut absolument pas piffer Roschdy Zem, je me dis qu'il ferait mieux de rester derrière la caméra car le résultat est ici étonnant pour une seconde réalisation (après "Mauvaise foi")! En effet, c'est propre et soigné, une bonne photographie et un Sami Bouajila remarquable dans ce rôle où on a du mal à le reconnaître. La musique a tendance à tirer un peu trop vers l'émotion mais l'interprétation est parallèlement tellement juste qu'on en oublie le surplus. D'après une histoire vraie, un jardinier maghrébin, parlant très mal le français, est accusé pour le meurtre de son employeuse ayant inscrit sur le mur avec son propre sang "Omar m'a tuer"... Le film raconte son combat fructueux avec la justice française et établit le parcours d'un innocent dans une horreur à peine croyable. Sami Bouajila signe une interprétation rare, sensible et intense, très intériorisé et donc très puissante. Face à ceci, on suit l'itinéraire d'un écrivain pleinement engagé contre les injustices et qui s’intéresse fortement au cas du jardinier Omar. Il y a deux temporalités différentes, sans cesse indiquées par des sous-titres (un peu chiant à la longue), toute deux marquées soit par Bouajila (1991-1998) ou Podalydès (1994-1998). La partie de l'écrivain en quête de vérité et de justice s'oppose totalement au rythme palpable de l'autre. C'est un peu l'enquête remplie de suppositions (surtout qu'on reste dans l'ignorance à la fin, ce qui frustre quelque peu). Le jeu de Podalydès, ou plutôt son personnage (trop frais par rapport à son rôle de Sarkozy, je le voyais encore...) est énervant et frénétique, presque fatigant face à celui de Bouajila qui se contient. J'ai eu l'impression que la partie du jardiner n'était pas suffisante pour constituer un film, donc les scénaristes ont rajouté l'écrivain, ceci permettant d'éclaircir lentement le propos. Mais bon, Podalydès et Salomé Stevenin ont du mal à se faire leur place, leurs scènes sont très vite ennuyantes et épuise le rythme global du film. Leur histoire aurait pu être formulé autrement, car c'est vraiment ce qui m'a gêné. Je retiens la justesse de Bouajila (mmmh çà sent le César, moi je vous le dis!) et la puissance des scènes de famille, avec de très bons second rôles, ainsi que la leçon de vie fournit.
Si le portrait humain est réussi grâce à l'excellence de l'interprétation, le parti pris uniquement à décharge limite les moments se centrant sur les faits qui deviennent donc ennuyeux. Un film inégal.