la prestation de Sami Bouajila est quasiment parfaite, ce rôle lui apportera très certainement un césar amplement mérité quand à la fausse accusation de meurtre c'est là que j'aime la réalisation ce n'est pas parce qu'il est arabe car il pourrait être aussi portugais, un peu benêt ou autre il est juste là pour être accusé à la place d'un autre, ce n'est pas un probleme de racisme mais surtout de justice.
D'une facture classique, ce récit d'un fait divers qui défraya la chronique judiciaire se voit sans ennui et bénéficie du talent de Sami Bouajila et Denis Podalydès mais on ne dépasse pas le niveau du (bon) téléfilm démonstratif.
La mise en image de l’affaire « Omar Raddad » par Roschdy Zem est la mise en image de l’affaire criminelle emblématique des années 90 avec sa célèbre phrase « Omar m’a tuer » objet de nombreux détournements humoristiques. C’était aussi faire, comme pour toute affaire criminelle dont le coupable fait doute quand il n’est tout bonnement pas innocent, mettre en cause l’enquête et le système police-justice dans son ensemble. Le réalisateur a donc choisi de mettre en parallèle les évènements vécus par Omar Raddad et la contre-enquête menée par l’écrivain Jean-Marie Rouard. Les deux rôles sont tenus par deux acteurs vraiment époustouflant avec une mention spéciale pour Sami Bouajila bluffant de naturel dans son incarnation y compris physique du jardinier marocain. Si le film se suit comme un thriller, le fait que l’on connaisse la fin, hélas cruelle, ne nuit pas au film et au contraire renforce la curiosité qui nous pousse à nous demander comment une enquête vire à l’erreur judiciaire et à la condamnation d’un innocent. Si l’on peut arguer que le film est à charge contre la police et la justice, il est bon de garder en mémoire que ce n’est que tardivement que ces dernières ont été mises en causes et que longtemps c’est Omar Raddad qui a fait les frais d’une instruction menée en dépit du bon sens pour ne pas dire avec un parti pris manifeste. Sans être pamphlétaire le film pousse à se demander comment jamais à aucun moment il n’est possible, quand les éléments du dossier sont contradictoires, que les acteurs de son montage ne puissent se remettre en cause. Il est en ce sens salutaire pour ceux qui, amenés à être membre d’un jury d’assises, devront toujours être critique devant les éléments présentés par les deux parties du procès.
Le film est dense et court (1h20), peut-être un peu trop dense et un peu trop court pour que tous les aspects du dossier soient proprement exposés. Il est par exemple très peu question de la fameuse faute d’orthographe que Ghislaine Marchal, aurait fait au moment de son agonie. Ce « R » qui aura fait coulé tellement d’encre est à peine évoqué dans le film de Zem, et on ne peut qu’en ressentir une certaine frustration. Le scénario est entièrement à décharge, ce qui fera surement tiquer plus d’un spectateur mais Roschdy Zem n’a jamais prétendu résoudre à lui tout seul cette affaire tortueuse. Il prend le parti du doute et souligne avec une certaine efficacité les failles de l’accusation en omettant (c’est vrai) les éléments à charge qui ont surement été présentés à l’époque. Les reconstitutions du procès sont des scènes assez emblématiques de ce point de vue puisque seules les plaidoiries sont montrées, le réquisitoire étant carrément passé sous silence. Sur le fond, Zem ne présente pas Raddad comme évidemment innocent puisque magrébin, ce serait ridicule et contre-productif. Il montre en revanche que cet homme n’avait aucune chance face au système. Ne sachant ni lire ni écrire et parlant à peine le français (ce qui lui sera carrément reproché pendant le procès comme la preuve qu’il est un immigré n’ayant fait aucun effort pour s’intégrer, dans une scène très courte mais saisissante), Raddad était coupable idéal pour… Mais pour qui au fait ? Qui a trouvé confortable et rassurant (et pratique !) que le jardinier marocain soit l’assassin de sa riche patronne ? Là dessus, Roschdy Zem esquisse quelques pistes, de façon très ténue et évidemment très prudente ! Voilà pour le fond. Quant à la forme, c’est très bien réalisé (avec quelques gros plans très à propos et très beaux) et l’interprétation est formidable. Je passe rapidement sur les performances de Maurice Bénichou et Denis Podalydès très impliqués dans leur rôle pour souligner l’intensité inouïe de l’interprétation Sami Bouajila. Dans le rôle d’un homme digne, silencieux, écrasé par son destin, il serre le cœur dans chaque plan, faisant passer toutes émotions du monde dans son simple regard, une performance assez incroyable pour cet acteur qui n’a encore prouvé toute l’étendue de son immense talent.
Omar m'a tuer est un film sans surprise sur son dénouement, c'est surtout une plaidoirie bien interprété par S. Bouajila qui s'approprie le personnage avec minutie. J'espère qu'il fera en sorte de faire éclaicir toutes ces zones d'ombres pour la révision du procès...
Un fait divers qui s'est mué en scandale honteux pour la justice. Une histoire édifiante qu'il était logique de porter sur grand écran. Malheureusement, petite déception. Toutes les bonnes intentions, évidemment louables de Roschdy Zem sont un peu atténuées par la narration quasi expéditive de l'histoire. Tout va trop: le film ne dure qu'1h25. On aurait tellement aimé voir un scénario plus touffu, soulignant et développant davantage tous les aspects de ce drame toujours en attente de résolution. On a parfois l'impression de regarder un reportage télé, qui vise la synthèse efficace. Et certains personnages auraient mérité qu'on s'attarde davantage sur leur parcours. Mis à part ce regret, rien à dire: les acteurs sont bluffants, l'histoire provoque la colère, et on espère qu'il apportera sa pierre à l'édifice.
Un documentaire sur l'une des affaires phares des années 90, sans l'avouer, Roschy Zem plaide une cause qui semble évidente : l'innocence d'Omar Raddad. D'un point de vue artistique, Sami Bouajila est proche de la perfection et Roschdy Zem arrive à son objectif sans tomber dans le larmoyant.
Un biopic intéressant, peut être un peu trop impliqué et subjectif. Reste une performance magistrale de Sami Bouajila, sortant magnifiquement du lot pour une histoire vraie et intéressante car intriguante. Même si le film ne peut donner réellement de réponse, l'ensemble tend à nous faire douter, ce qui est son but principal.
Plus classique que ça tu meurs,( en même temps c'est un biopic). Le film repose sur la performence de Sami Bouajila extrènement touchant dans son rôle. Après le réalisateur arrive à humaniser Omar de très belle façon sans en faire trop. Mais le film dure une heure 25 et souffre d'un manque d'originalité.
Un film qui se repose malheureusement trop sur la performance de son acteur, Bouajila absolument remarquable. Un film un peu trop synthétique et avec un point de vue trop tranché!
Rien de passionnant ici, le role de podalydes montre juste que si on peut fabriquer intellectuellement un coupable idéal on peut de meme fabriquer un innocent idéal. En tout cas le film n'apporte rien.
Après avoir vu ce film, je me dis que c'est finalement un indispensable. C'est de l'histoire française récente, et c'est une référence fréquente que l'on voit dans la vie quotidienne. Puis c'est plutôt bien mis en scène, apparemment fidèle à l'histoire, rythmé, bref, assez bien foutu pour que l'on s'y intéresse. A voir.
Roschdy Zem fait le choix inspiré de ne pas plonger la tête la première dans le pathos et se contente de présenter les faits tels qui sont, tout en tentant d'éviter plus ou moins maladroitement une approche trop linéaire. De fait, c'est l'absurdité même de cette affaire qui révolte, et Sami Bouajila, à l'image de la réalisation, parvient à incarné Omar Raddad avec force et retenue, sans trop en faire donc et évite le malaise au spectateur.
L'on a tous en tête ce médiatique faits divers survenu en 1991 mais grâce au remarquable travail de Roschdy Zem ,l'on a la possibilité de revivre les évènements de l’intérieur et sous différents angles ,le jeune réalisateur se préservant de tout parti pris fâcheux.A travers le regard d'un fictif écrivain/enquêteur (sobre Podalydes) il décortique les faits tels qu'ils se seraient déroulés et les nombreuses erreurs de procédures qui auraient entachés l’enquête policière.Pierre angulaire de ce projet ,la performance de Sami Bouajila se révèle époustouflante de sincérité et touchante a bien des égards : de ses gestes retenus a ses mots hésitants ,le comédien se glisse avec maestria dans la peau de ce simple jardinier broyé par l'engrenage judiciaire.
Un très bon film qui montre les nombreuses zones d'ombres dans l'affaire Omar Raddad, magnifiquement interprété par Sami Bouajila. Il ne faut cependant pas oublié que le film reste du point de vue du réalisateur, afin de ne pas faire du coupable idéal, l'innocent idéal. Car au final la vérité n'est toujours pas connue. Un film qui fait réfléchir sur le système judiciaire et m'a donné envie de prendre plus amplement connaissance de l'affaire Raddad. Un bon film donc.