« Omar m’a tué » relate l’affaire judiciaire la plus intrigante des années 90.
Inculpé, condamné, emprisonné, amnistié par le Président Chirac mais à ce jour toujours pas disculpé, tel est le destin d’Omar Raddad.
D’autre part, la dimension sociale de l’affaire la rend emblématique.
D’un côté un jardinier immigré, en partie illettré et de l’autre, la victime, une femme issue de la haute bourgeoisie dont l’environnement familial a atteint les plus hautes sphères du pouvoir judiciaire.
Enfin, élément a priori accablant (et spectaculaire) la victime aurait accusé son bourreau en inscrivant sur la porte le fameux « Omar m’a tuer ».
Mais voilà, cette inscription accusatrice recèle en soi, des motifs de disculpation de Mr Raddad.
La lumière était éteinte à l’arrivée des gendarmes, la phrase a donc été écrite dans le noir en plongeant son doigt dans le sang de ses propres blessures ou bien la victime a pris la peine d’éteindre la lumière avant de mourrir. La victime a subi de nombreux coups et se vidait de son sang et son corps à été retrouvé à distance de la seconde phrase inachevée, pourquoi ? Au vue de la souffrance, pourquoi écrire à hauteur et non pas au sol ? La victime ensanglantée n’a laissé qu’une petite trace de sang autour de la phrase. La victime aurait barricadé la porte d’accès puis écrit ces phrases, le tout en agonisant en moins de 15mn… elle se serait déplacée sans laisser des traces de sang qui attesteraient de ces mouvements.
Dans le même temps, si mise en scène il y a, pourquoi déplacer le corps loin de la phrase inachevée ? Comment s’assurer qu’Omar n’aurait pas d’alibi au moment du crime ? Comment barricader la porte de l’extérieur ou comment quitter les lieux une fois cet accès condamné ?
En plus, enquête et rapports d’experts offrent matière à nombreuses critiques, versions contradictoires, disparition de preuves, corps incinéré.
Mais Roschdy Zem hésite, ne trouve pas son angle. Ni contre enquête, ni témoignage impartial, ni critique sociale, ni centré sur le déroulé de l’enquête, ni sur les motivations sous-jacentes, ni sur le portrait de Mr Raddad. En fait, dans sa volonté d’objectivité, il choisit un peu tout ça en même temps. Du coup, le film manque de puissance.
En plus, la photographie et la réalisation est moyenne plus de l’ordre d’un téléfilm de qualité que d’un film de cinéma.
Un point positif l’interprétation de Samy Bouajila.
En résumé un film à voir pour son sujet et un sujet qui mériterait une nouvelle réalisation.