Insaisissables — Le hold-up magique où c’est surtout le scénario qui disparaît
Quand Leterrier sort son chapeau, tu ne sais jamais si c’est un lapin ou une bouse
Louis Leterrier, c’est ce magicien de kermesse qui peut t’enchaîner un tour stylé, puis se prendre les pieds dans son propre foulard. Un coup il te sort Le Transporteur, un truc musclé et efficace comme un uppercut de Jason Statham, et le coup d’après il te pond Le Choc des Titans, film qui ferait presque passer un tuto PowerPoint pour une fresque épique. Avec Insaisissables, le bougre tente de refaire le coup du spectateur trompé par l’illusion, mais c’est un peu comme si Gandalf essayait de refaire You Shall Not Pass! avec une baguette du McDo. Ça a de la gueule deux minutes, puis tu captes que tout ça n’a pas la profondeur d’une flaque d’eau.
Le scénario : un Rubik’s Cube cassé repeint en doré
Le film passe son temps à te balancer des retournements de situation, sauf que la plupart, tu les vois arriver comme un TER lancé à 40 km/h. Tu regardes les “twists” et tu te dis : “Ah oui, ça… je l’ai déjà vu dans Le Prestige, Ocean’s Eleven, Scooby-Doo et même dans ma vie quand mon ex me disait qu'elle 'avait besoin d'espace'.”
La différence ?
Nolan te fait un tour de magie qui te retourne la colonne vertébrale. Leterrier t’agite les mains devant la tronche et finit par dire : “Tada !” alors que tu vois le double fond du chapeau depuis 45 minutes.
Ça imite, ça copie-colle… mais ça n’invente rien. C’est le stage de 3e du cinéma qui veut faire croire qu’il est ingénieur.
Les Cavaliers : une équipe de super-héros du dimanche
Les “Quatre Cavaliers”, c’est une sorte d’Avengers low-cost :
– Jesse Eisenberg fait du Eisenberg, version magicien arrogant,
– Woody Harrelson joue un mentaliste qui devrait surtout arrêter de lire dans les pensées et commencer à lire des scénarios,
– Mark Ruffalo… bah il est là parce qu’il fallait un mec qui fasse sérieux.
Leur chorégraphie est fun, leurs tours sont stylés, mais on dirait une version TikTok de Harry Potter : beaucoup de gestes, pas beaucoup de magie. Qu’on ne s’y trompe pas, ça divertit, mais ça n’a pas le souffle épique d’un duel Dumbledore / Voldemort. Là, c’est juste quatre adultes qui veulent braquer une banque en faisant des grands gestes comme s’ils invoquaient un Pokémon.
Le film imite Le Prestige, mais c’est comme comparer un iPhone à un Nokia 3310 peint en noir
Leterrier veut clairement jouer dans la cour des grands.
Il pointe le film de Nolan du doigt comme un gosse en disant “Moi aussi je peux faire pareil”.
Sauf que Le Prestige, c’est un récit brillant, méchant, hypnotique, philosophique, un duel mental qui te laisse à poil devant ton écran en murmurant “putain…”
Insaisissables, c’est un peu Le Prestige si Alfred avait été remplacé par un stagiaire payé en sandwichs triangles.
Ça veut du twist monumental, ça veut du dénouement renversant, mais ça finit en pétard mouillé. Même un tour de magie raté à Disneyland fout plus d’impact.
Mais alors ? On jette tout à la poubelle ?
Pas vraiment…
Parce que malgré son scénario qui tient debout grâce à deux cure-dents et un bâton de colle UHU, le film a un truc :
du rythme, du fun, de l’esbroufe, des idées visuelles qui claquent comme une gifle de Batman à Robin.
L’idée des magiciens braqueurs ? Brillante.
L’exécution ? Bancale, mais divertissante.
On a parfois l’impression de regarder un épisode de Lupin sous Red Bull, mais ma foi, y’a des jours où ça fait le taf.
Ce film, c’est un fast-food cinématographique : tu sais que c’est pas de la haute cuisine, mais tu le bouffes quand même en te disant “allez, ça passe”.
Conclusion : maintenant tu le vois, maintenant tu l’oublies
Insaisissables, c’est un tour de magie sympa mais oublié dès que tu récupères ton manteau.
Ça brille, ça bouge, ça t’en met plein la rétine, mais ça manque d’âme, d’audace, et surtout de vraie magie.
Si Nolan est Merlin l’Enchanteur, Leterrier est le cousin beauf qui fait des tours avec une pièce derrière ton oreille.
Mais hey, c’est fun.
Juste… n’attends pas qu’il te sorte un lapin : au mieux, il te montrera un hamster essoufflé.
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