5207 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
336 critiques spectateurs
5
75 critiques
4
139 critiques
3
67 critiques
2
33 critiques
1
13 critiques
0
9 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Marie Breton
83 abonnés
266 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 8 novembre 2022
Je pense sincèrement, et ce n'est pas pour faire l'intello, que le livre est meilleur. Mais, c'est peut-être une bonne idée d'en faire encore un film, en ces temps modernes où nos grands-parents sont tous morts et ne sont plus là pour nous parler de ce qu'est vraiment la guerre alors qu'elle continue de faire rage dans le monde entier.
Ce que je reproche au film, c'est sa longueur.
Certaines scènes sont très fortes, et peut-être même ce film contient-il la meilleure scène de tous les films de guerre récents, la plus humaine et la plus émouvante que j'aie vue depuis longtemps.
Dommage alors de ne pas en faire un concentré et d'écourter d'une vingtaine de minutes pour d'autres passages moins nécessaires.
Pour apprécier le film à sa juste valeur il vaut bien comprendre les motivations qui ont poussé le réalisateur Edward Berger à porter cette œuvre à l’écran. Le film n’a pas pour vocation à être un documentaire sur la Grande Guerre mais un formidable message pacifiste, dans la même veine que l’œuvre de Remarque. Les historiens du dimanche seront certainement déçus mais ceux qui aiment le cinéma pour ce qu’il est – un art – comprendront la beauté du film, son importance et son originalité qui vient en partie du fait qu’il s’agisse d’une production Allemande.
Il est vrai qu’en France, notre esprit Cartésien nous pousse à aimer l’histoire pour tout ce qu’elle a de plus ennuyant et on s’attarde trop souvent sur la chronologie des évènements, la reconstitution qu’il en est fait, les chiffres, la véracité et la mesure du propos. Demandez à des guides de voyages étrangers, ils vous diront que les Français sont toujours ceux qui posent le plus de questions a vous glacer le sang : « à quelle date ça s’est passé ? Qui a tiré le premier ? Combien de soldats ? » Si c’est ce que vous cherchez passez votre chemin, le film en appel aux émotions. Alors de grâce débrancher un instant votre cerveau et regardez ce film avec votre cœur pour en tirer la quintessence et ressentir un instant – si tant est que cela soit possible depuis son canapé – ce que subirent ces millions de gens qui partirent au front. Les images sont sombres, brutales, sans concession dans la retranscription des horreurs de la Première Guerre Mondiale. La bande son raisonne sans relâche comme le bruit sourd des usines a obus. Toute la technique est au service de l’immersion et des émotions qui en découlent.
Plus encore – et c’est la toute l’originalité du film – on guette dans ce vacarme le soubresaut d’une vague d’héroïsme ou de patriotisme qui viendrait ternir le propos. Lorsque des soldats Allemands capturent une tranchée Française façon Call of Duty, on se dit, ça y est, il s’agit d’un énième film de guerre Hollywoodien empreint d’héroïsme. Le doute ne dure qu’un instant des lors qu’un convoi de chars fonce sur la tranchée anéantir les maigres progrès de l’infanterie. Ces monstres de métal, délibérément gigantesques, rappellent étrangement l’Elephant Celebes, peinture de l’artiste Allemand Max Ernst et ancien soldat du Reich, qui aura survécu à cette guerre et en sortira avec les mêmes traumatismes que Remarque. Cette scène – comme bien d’autres à travers le film - met en exergue l’absurdité d’une guerre ou le soldat n’est que bien peut de chose, ou tout instant de bravoure n’est finalement qu’instinct de survie avant la prochaine souffrance.
Il aura donc fallu un film Allemand pour nous rappeler que l’écrasante majorité des soldats de la Grande Guerre accueillirent l’Armistice non pas avec le sentiment du devoir accompli mais celui d’avoir été le témoin d’une folie qui – espéraient ils – ne se reproduirait jamais. Un tel film n’aurait pu être produit que par l’Allemagne ou la France, tant les deux pays partagent le même souvenir traumatique de cette guerre – a quand d’ailleurs une adaptation d’un Voyage au bout de la nuit ? De part et d’autre du Rhin nous ne parlons jamais de victoire ni de defaite mais toujours d’armistice, de paix, d’hommage aux soldats – inconnus d’ailleurs – de la honte de nos dirigeants pour nous avoir entrainer là-dedans. Qui oserait prononcer le mot de victoire après une telle boucherie ? Trop souvent malheureusement nos amis Britanniques, Américains ou Russes se plaisent à exalter le patriotisme et un chimérique héroïsme de guerre dans leurs productions cinématographiques. Il fait bon de voir un film de guerre sans héros autre que la paix.
L'histoire est simple. Trop simple. spoiler: Des jeunes gens à peine sortis de l'enfance et pas encore entrés dans l'âge adulte, dont le personnage principal Paul Baümer, se font monter le bourrichon dans leur lycée par un vieux schnoque va-t-en-guerre afin qu'ils se portent volontaires pour la première mi-temps de la grande boucherie mondiale. «L'ennemi très très méchant. On est vachement super cool. Dieu avec nous. La maman patrie qu'il faut sauver, toussa!». Tout un programme. Voilà donc les jouvenceaux sur la route, confiants et joyeux, youpladi youplada, exaltés par la perspective d'une saine vie au bon air dans les riantes contrées françaises où la ferraille vole bas en généreuse quantité. Après c'est la guerre, pas celle de leur imagination, bien dégueulasse et terrifiante où ils essayent tant bien que mal d'exister dans la boue, le sang. Plutôt mal que bien d'ailleurs. C'est toujours la même chose. L'horreur est humaine.
Troisième adaptation du célèbre manifeste pacifiste qui n'a jamais empêché aucune guerre. Faut croire qu'on aime ça dans le fond. La première date de 1930 et avait rencontré un franc succès à l'époque, Oscar et tout le tremblement. L'accueil en Allemagne avait alors été un peu plus mitigé, on se demande pourquoi. Une seconde, en 1979, moins célèbre car conçue pour la télévision mais néanmoins de très bonne qualité, avec Ernest Borgnine dans le rôle de Kat. Puis cette dernière. Qui ne fait pas dans la dentelle, c'est le moins qu'on puisse dire. Ne nous mentons pas, le scénario a sérieusement pris la tangente par rapport au bouquin. Mais quelle baffe que cette impressionnante immersion. Et en allemand, ce qui le fait très très bien. Le spectateur est projeté au milieu du carnage. Et ça ne donne vraiment pas envie. Dommage que des invraisemblances viennent ternir le tableau.spoiler: Une meute de Saint-Chamond dans un "pays de personne" complètement détrempé sans infanterie collée aux basques. L'utilisation massive de lance-flammes par les franzosen format trop-facile-qu'on-vous-fait-rôtir-les-miches-et-bien-à-découvert-en-plus, les longues ballades bucoliques peinardes derrière la ligne de front (comme dans le pansement féministe de TF1 "Les combattantes") mais qui à l'époque, sans laissez-passer, pouvait conduire en express le biffin de base au mitard sans toucher 20000 quand ce n'était pas au poteau. Et enfin l'action située dans les tout derniers jours du conflit.
Cela reste un film très correct. Décevant un peu quand même. Long aussi. Comme la guerre probablement.
Une bonne superproduction, avec de bons acteurs. Mais quel gâchis.
Si vous avez lu le livre, fuyez, vous serez déçu. Pourquoi oublier des pans entiers de l'histoire originale, les plus intéressants? Ou alors il fallait appeler ça autrement.
Si vous connaissez un peu les vrais faits historiques, vous allez vous énerver. Pourquoi donc élucubrer cette bataille du 11/11?? Les tranchées en pleine guerre de mouvement, les lance flammes dans les mains des Français, les chars sans infanterie autour, les paysans qui canardent des occupants désarmés, etc etc,
Des délires sans aucune valeur ajoutée à la fiction, c'est ça le plus navrant.
Une grande réalisation, surtout question décorum, les moyens se voient à l écran, c est immersif surtout dans les premières minutes et c est déjà pas mal. Une certaine qualité donc qui se voit a l écran pour reproduire le contexte et les batailles avec réalisme. Pour le scénario, l originalité est sans doute le point de vue allemand dans les tranchées de 14-18. Des réserves en revanche quand à la réalité historique : l attaque le 11 novembre (vraiment ??), les français avec des lances flammes (n importe quoi ...), est on réellement proche du roman ? Bon enfin à quelques écarts historiques près ça reste une réalisation impressionnante surtout dans cette restitution un champs de bataille de première guerre mondiale, le reste est relativement convenable question scénario et jeu d acteurs, sans être exceptionnel cela permet de suivre ces parcours.
Ce qui fait défaut à cette adaptation cinématographique du roman de Remarque n’est autre que le point de vue interne adopté par le livre et tenu du début à la fin, là où le film y recourt ponctuellement dans la perspective d’effets qui, parce qu’ils sont concertés, le fruit d’un calcul, annihilent l’authenticité et la charge immersive de l’œuvre originale. L’absence de focalisation unique, la dispersion du récit entre les tranchées, le chef-lieu et le wagon de l’armistice situé dans la clairière de Rethondes, tout cela occasionne une artificialité dommageable : l’omniscience focale, l’explicitation des enjeux et des motivations de chaque acteur donnent l’impression de suivre un cours d’Histoire synthétisant en deux heures la Grande Guerre. Le cinéma, là-dedans, se réduit à sa dimension technique, comprenons la qualité de la reconstitution, la fluidité du plan-séquence, la photographie soignée ; jamais il n’est abordé par le prisme du mystère et de l’intériorisation d’une guerre récitée mais peu éprouvée. Nul hasard, par conséquent, si le long métrage a récolté deux Oscars techniques, celui des meilleurs décors et direction artistique et celui de la meilleure photographie, comme son prédécesseur et modèle 1917 (Sam Mendes, 2019). La partition musicale de Volker Bertelmann s’avère digne d’intérêt parce qu’elle compose des pistes lancinantes perturbées par des décharges électroniques comme éclate un obus dans un paysage sonore aussitôt troublé. Pour autant, Im Westen nichts Neues demeure conventionnel, et ses partis pris esthétiques frôlent la complaisance dans les sévices représentés ; autant dire qu’il trahit davantage qu’il ne traduit visuellement l’œuvre littéraire de Remarque. On préférera, et de loin, Die Brücke (Bernhard Wicki, 1959), peinture bouleversante de sept adolescents qui, après avoir été endoctrinés, défendent bec et ongle un pont alors même qu’il ne représente aucun intérêt stratégique.
16 164 abonnés
13 124 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 9 novembre 2023
Remake impressionnant du classique de Lewis Milestone et de la version tèlèvisuelle de Delbert Mann, d'après le cèlèbre roman de Erich Maria Remarque! L'histoire d'un jeune soldat allemand qui dècouvre les horreurs de la Grande Guerre dont l'inèvitable comparaison avec "1917" donne l'avantage à l'oeuvre de Sam Mendes! Ce qui, chez Mendes, est technique et virtuositè, s'èlève chez Edward Berger en ultra-violence et en souffrance physique, prèsentant la guerre à la Elem Klimov! Ce qui ne va pas dire que "À l'Ouest, rien de nouveau" version 2022 n'est pas un excellent film de guerre! On est pour ainsi dire en apnèe durant les 2h30 de projection dans une suite remarquable d'observations sur ces jeunes soldats allemands et leur comportement, leurs actions et leurs rèactions, confrontès à l'enfer des tranchèes et à la mort dans ce qu'elle a de plus atroce! L'angoisse fait vite place à la folie de Paul Bäumer avec une èpoustouflante interprètation de Felix Kammerer qui porte le mètrage sur ses èpaules! Netflix produit le film, tandis que Hollywood lui dècerne à juste titre 4 Oscars! C'est maitrisè, immersif, âpre et bouleversant! Tout ce que l'on aime dans le genre...
Un fois n'est pas coutume, un film sur la 1ère guerre mondiale et du côté Allemand !! L'histoire est intéressante jusqu'à l'armistice et un dernier assaut inutile !! Quelques longueurs malgré tout dans le 2ème acte mais certaines scènes sont superbement photographiés et rythmés !!
C'est plutôt bon et d'un point de vue technique le film n'a rien à envier aux plus grosses productions américaines, la photographie, les décors et les scènes de combats sont plutôt réussies. D'un point de vue historique ce n'es sûrement pas ultra réaliste, le film voulant avant tout montrer les absurdités de la guerre et les objectifs de mission parfois futile, les généraux n'hésitant pas à sacrifier des milliers d'hommes pour quelque mètres de terrain. Globalement un bon film sur la première guerre mondiale, pas aussi intense et réussi que "Les sentiers de la gloire" mais tient la dragée haute à "1917 ".
L'angle d'attaque, qui se focalise sur les jeunes soldats inexpérimentés qui vont à la guerre la fleur au fusil est diabolique. Cela met en évidence d'une manière percutante l'inanité de la guerre. On découvre la gestion des vêtements et des chaussures des tués au profit des nouvelles recrues. 40000 tués par semaine du côté allemand dans l'année 1918! Les combats dans les tranchées et sur les champs de bataille sont efficacement réalistes (exemple des chars qui écrabouillent les soldats dans les tranchées, de la boucherie!). Quelques scènes humanistes s'opposent à l'attitude indécente des généraux va-t-en-guerre irresponsables (accentuée par l'écoute d'un extrait de l'opéra La WALLY de Catalani)! Efficace mais un peu trop long!
Le livre Im westen nichts neues, écrit par Erich Maria Remarque, était une dénonciation pacifiste, inspirée par son vécu réel, de la première guerre mondiale (se rattachant ainsi à un courant important de la littérature de langue allemande de l’entre deux guerres, avec notamment Hermann Hesse et Stefan Zweig). Son ouvrage sera brûlé par les nazis, et son auteur déchu de sa nationalité allemande.
Il avait déjà été adapté au cinéma, à d’autres époques (1930 et 1979). Cette nouvelle version, signée par Edward Berger, montre de manière réaliste et sobre l’horreur et l’inutilité de cette guerre de tranchées, en se focalisant essentiellement sur les jours précédant l’armistice. Point d’héroïsme comme dans le cinéma américain, point de lyrisme comme dans le cinéma français : juste de la faiblesse, du désarroi et de la peur. On est bien éloigné de la caricature des soldats allemands, et il est certes intéressant de voir représenté un point de vue germanique, moins fréquent au cinéma que les points de vue français et américain, sur cette guerre. Les acteurs sont tous remarquables dans leur transposition à une autre époque, et la photographie des paysages emplis de brume est très belle.
Une scène caractéristique du film (en son milieu) me semble celle d’un soldat allemand qui, après avoir poignardé un Français au corps à corps, se trouve soudainement plongé dans un océan de remords et d’effroi. C’est cette expérience là, combien paradoxale sur le plan moral, dans son application de l’impératif kantien du devoir, mais sa contradiction au premier commandement de la religion judéo-chrétienne, cette expérience douloureuse que certains Allemands ont vécu et ne voulaient plus revivre, en voyant la guerre comme une absurde et vaine calamité de leur existence, désolante et sordide.
Pour les passionnés de cette période, c'est 2h20 de ce que l'on peine à imaginer quand nous avons le nez dans les livres. Un chef-d'œuvre qui prend au ventre.
A L'OUEST, RIEN DE NOUVEAU (2022): La fleur au fusille, Paul et ses camarades seront encore loin de comprendre la souffrance des tranchées. Cette impression de devenir un homme, cette joie de défendre sa patrie, de montrer son courage et de partager cette complicité dans l'affrontement... un sourire sur des visages juvéniles, empreinte d'une parfaite ignorance. Soudain, à l'Ouest, un lourd rideau sombre dévoilera une autre vision ... celle d'un épouvantable cauchemar. "A l'Ouest, rien de nouveau" sera une effroyable marche aux côtés des soldats Allemands dans une Première Guerre mondiale incroyablement violente et meurtrière. De pauvres appelés, chaire à cannons au service de l'imbécilité humaine. Une réalisation qui n'hésitera pas à présenter la cruauté des combats, racines d'une incroyable douleur pour tous ces hommes unis dans cette absurdité assassine (comme toutes les Guerres). Si vous avez aimé "Il faut sauver la soldat Ryan" "1917" "Fury"... des réalisations au plus près de la réalité, ce film ne devrait pas vous déplaire. A voir absolument.