Wow, l'ovni par excellence ! Même sans savoir que le génie de Lynch est derrière tout ça, on comprend déjà que c'est un pur chef-d'oeuvre ! Perso j'ai eu quelques haut-le-cœur en visionnant le film. Si vous êtes prêt pour une aventure dans le glauque, le sordide, l'angoisse et la noirceur de vos pires cauchemars... Voyez ce film !
Un film en noir et blanc lent où la musique et les dialogues se font rares et où on ne comprend pas grand-chose. Et pourtant c’est génial ! Avec ce premier long-métrage, David Lynch signe un film envoutant qui signe l’arrivée dans le milieu du cinéma d’un des réalisateurs les plus atypiques et les plus intéressants que le 7ème art ait connu. Par ses images hallucinantes (issues d’un tournage extraordinairement long : environ 4 ans) et son travail sur le son, Lynch hypnotise le spectateur et le fascine. Un trip hallucinatoire qui connut un petit succès grâce aux séances de minuit qui existaient à cette époque aux États-Unis, qui est toujours aussi envoutant quarante ans plus tard et qui, plus est, laisse entrevoir des éléments du futur auteur vénéré qu’est David Lynch (on retrouve par exemple le même sol que celui de la Red Room dans Twin Peaks). À voir à condition d’accepter de se laisser porter par les images et le son et de ne pas chercher à comprendre totalement ce film expérimental.
Au moins ne pourra t-on pas accuser David Lynch d'avoir débuté en faisant dans la facilité... Pour son premier film, on retrouve les qualités qui ont forgé sa légende : pleins d'idées, d'audace, d'images folles et une beauté irréelle presque enivrante : sincèrement, offrir une photo aussi hypnotique avec un budget aussi dérisoire (100 000 dollars!!) : bravo, monsieur ! Mais comme vous l'aurez compris à ma note, ce « Eraserhead », je ne l'ai pas trop aimé. Le cinéaste en parle comme d'une « sorte de poème en style libre » doté d'un scénario de 22 pages : pourquoi pas, mais au niveau du concret, cela se ressent fortement sur l'intérêt du spectateur. Certes Lynch multiplie les tentatives et les scènes plus étonnantes les unes que les autres (qui ne sont pas sans évoquer les futurs classiques de David Lynch, notamment « Elephant Man », « Blue Velvet » et surtout « Mulholland Drive »), sa vision très organique, malsaine de la vie, des cauchemars, de l'individu se réfugiant dans les rêves pour échapper à l'isolement et à la folie du quotidien ayant quelque chose de fort. Mais voilà, 22 pages de scénario, quoi... Sur 90 minutes ! Déjà que j'avais eu du mal à rentrer dans l'œuvre avec cette scène d'introduction pour le moins inconfortable, la suite, de plus en plus bizarre au point d'en devenir presque absconse, ne va pas déroger à cette impression initiale, et à force de ne presque rien comprendre, la suite logique est l'ennui. Alors oui, la beauté des images nous interpelle, et pour se lancer dans le cinéma, il fallait quand même être sacrément courageux pour commencer avec cette œuvre aussi personnelle qu'inclassable : insuffisant pour susciter autre chose qu'une estime distanciée. Une (très) étrange curiosité.
Culte et original mais très ennuyeux des délires répétitifs qui obsèdent Lynch tous réunis dans ce film en noir et blanc. Je le déconseille aux moins de 13 ans. 3/5
Eraserhead est le socle central de la pensée lynchienne : instaurer un adjectif pour son cinéma est la moindre des choses. David de son prénom côtoie les plus grands cinéastes qui marquent de leur emprunte la structure cinématographique. Eraserhead est une sorte de projet de fin d'année dans une école de cinéma. Le film aligne du génie et des maladresses. Mais lorsque la jeunesse fougueuse fait des erreurs, c'est qu'elle apprend et tente de progresser. Eraserhead est un tableau vivant. Un esthétisme en noir et blanc qu'on assimile rapidement comme un reflet des sociétés modernes teintés de tristesse, d'automatisme mais également de perdition de l'état humain. La thématique de l'adultère et de la parenté est l'enjeu central dont le couple joué par le fantastique Jack Nance et Charlotte Stewart est confronté. Si comme moi, vous n'avez guère compris plusieurs pans entiers du film, ce n'est pas une faute. C'est que nous avons vécu l'oeuvre et conçu notre propre interprétation. Néanmoins, l'intégralité des personnes qui apprécie l'oeuvre s'accorde sur un point : une esthétisme superbe, des personnages et des situations complètement barrés (qu'on retrouvera dans les autres films de Lynch) mais surtout l'amour que David offre dans chacun de ses plans. Récemment, j'ai terminé la série Twin Peaks et certaines ressemblances entre les 2 univers sont particulièrement troublants : la photographie d'un champignon atomique à côté du lit de Henry ou encore la branche d'arbre sur la commode qui ressemble étrangement au guide de l'agent Cooper. Pour revenir à Eraserhead, déroutant soit-il, le voyage vaut un sacré détour artistique. Qu'on aime ou qu'on déteste, le film ne laisse pas indifférent.
Eraserhead est l'un de ces films qu'il est impossible de comprendre tant la complexité est grande, et tant la bizarrerie est importante. Le premier film de David Lynch apporte beaucoup au reste de son oeuvre, des séquences hallucinantes rappelant un cauchemar (rappelant la Loge Noire de Twin Peaks), où encore des personnages inexplicables (mais c'est quoi ce bébé?). Le virage est parfois si important que le spectateur se sent perdu et commence à perdre un petit peu patience, mais l'atmosphère est si désagréable et étrange que le spectateur ne peut qu'être sublimé par tous ces éléments. Jack Nance est également excellent. Un film important, mais pas forcément majeur dans la carrière du papa Lynch.
un film ignoble à réserver aux seuls amateurs de cinéma qui dispose d'une carte illimitée. L'histoire en noir et blanc est difficile à suivre et arrivé à la fin, on ressort sans comprendre.
Œuvre-cauchemar, ce premier long-métrage de David Lynch nous plonge dans l'esprit torturé d'un homme dépassé par la mélancolie de son quotidien. À travers une histoire non linéaire, le cinéaste évoque de nombreuses angoisses existentielles qui prennent ici la forme de monstres purs et simples : l'enfermement du couple, la peur de l'enfant non-désiré, le difficile rapport au sexe opposé, la solitude des villes... Sa mise en scène est d'une maîtrise absolue, et l'image noir et blanc superbe.
Un film séminal. Tout Lynch est déjà là, sa peur des normes (ici les normes et les liens sociaux imposés par la société sont vécus comme une prison), ses fantasmes (on retrouve tout ce qui va venir ensuite, le tapis zébré de Twin Peaks, la scène de music-hall de Mulholland Drive, le vers géant de Dune, etc.) et la présence du diable (au début et à la fin). Le tout filmé avec cette caméra qui fixe longtemps les images jusqu'à ce qu'une ouverture se fasse (cf la fille du radiateur). Radical et assez effrayant. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com
Film-poésie noire visuelle et sonore, Eraserhead est une expérience lente, angoissante et insensée qui ne ménage pas le spectateur non-averti. Il n’y a pas vraiment de violence mais une ambiance lourde, de longues scènes en noir et blanc, une bande son plutôt bruitiste, dans un univers qui présage des futurs films du réalisateur, bien que plus onirique et minimaliste, avec aussi moins de moyens.
•L’histoire
Il est difficile de parler d’histoire ici. Comme à l’habitude de David Lynch, ce n’est pas le sens qui est le plus important, même si finalement l’évolution des événements est presque plus facile à suivre dans les grandes lignes que dans un Lost Highway ou un Mulholland Drive. Un homme vit seul dans un petit appartement près d’une usine. Il est amoureux d’une femme qui l’invite à dîner chez ses parents, mais durant ce dîner il apprend que la femme est enceinte, et qu’il doit l’épouser. Tout cela serait pour le mieux s’il n’y avait pas ce bébé plus qu’étrange, face auquel on ne sait pas vraiment quoi faire. Quand la mère part, trop agacée par les pleurs de ce petit monstrueux, le « papa » se retrouve face à ses peurs et à ses espoirs qui se concrétisent dans des scènes de rêves absurdes et fantastiques, dans lesquelles il rencontre des femmes hors normes pleines de promesses et de menaces.
•Ce n'est que mon avis
Nous avons eu la chance de voir Eraserhead au cinéma suite à sa restauration. Je n’avais jamais vu ce film, le premier de David Lynch, et c’est vrai qu’il représente une bonne introduction à son œuvre future. Assez simple et avec peu de personnages (c’est presque entièrement un huit-clos entre l’homme et son bébé dans leur minuscule appartement, à part la scène de repas au début et les échappées fantasmatiques du personnage), il est très contemplatif, et on retrouve ces éléments surréalistes et totalement gratuits qui créent l’ambiance à la fois drôle et profondément dérangeante qui fait la pâte du réalisateur. Il y a : spoiler: de minuscules poulets rôtis qui s’agitent en crachant du sang, un père de famille qui reste figé avec un large sourire alors que tout le monde autour pleure et s’agite, une entreprise qui fait des gommes avec le cerveau d’une tête trouvée dans la rue (d’où le titre du film), ou encore une femme aux joues de hamster qui ecrase des fœtus en souriant et en chantant « in heaven everything is fine » (chanson qui sera reprise par les pixies).
J’ai notamment beaucoup apprécié l’utilisation de la marionnette – bébé, ayant un faible pour les marionnettes en général, qui apportent souvent une magie inattendue. Dans ce film elle réussit à être parfois attachante et souvent concrètement hideuse. Les effets visuels comme sonores ont tendance à maltraiter à dessein le spectateur : bruits lancinants ou stridents presque industriels d’appareils électroménagers ou de la ville, transitions instantanées entre des décors obscurs et des écrans d’un blanc aveuglant (surtout au cinéma, ça fait mal aux yeux !). A voir en prenant son temps, si on est un peu maso, et si on apprécie déjà le réalisateur, le cinéma expérimental, l’expressionnisme ou encore les radiateurs.
Venez voir mon petit blog dark en évolution, laissez un commentaire pour m'encourager si vous le trouvez intéressant! oiseaux-crames.blogspot.fr
Le film est évidemment un classique du cinéma underground, et marque la naissance d'un cinéaste devenu fort célèbre. Mais dieu ce que c'est soporifique ! Cette irrésistible envie de tomber dans les bras de Morphée tient à la lenteur extrême du récit et à la quasi absence de dialogues, mais aussi à la triste pauvreté des obsessions du jeune Lynch qui nous assomme avec des pluies de fœtus et autres nouveaux-nés monstrueux, tandis que son héros fantasme sur la plantureuse "girl next door". Pénible...!
Étant un grand fan de David Lynch, je connais son univers mais dans cette oeuvre je n'ai pas réussi à adhérer à son cinéma expérimental. On est dans un Alice au Pays des Merveilles en version Lynch alors évidemment ça nous change de Tim Burton. J'adore les films glauques ou l'on en tire des interprétations nous même. J'adore Alice au Pays des Merveilles. Mais ce film m'a fait l'effet d'une banana split. Le mélange du chocolat et de la banane ne me plaît pas du tout. En revanche le but de Lynch est brillamment réussi, il nous "offre" un univers glauque, morbide et sinistre.
A la découverte sur grand écran de cet "Eraserhead" à l'occasion de sa ressortie en copie 4K, on peut aisément comprendre la sensation qui envahissait les spectateurs de l'époque, découvrant un OVNI, assistant à la naissance d'un metteur en scène. Depuis David Lynch a fait bien du chemin mais il est toujours resté fidèle à ses obsessions qui sont déjà quasiment toutes dans "Erarserhead", cauchemar éveillé tourné en cinq ans dans un superbe noir et blanc : le goût pour les images chocs dans un univers onirique, un travail sur le son minutieux, un penchant pour les moments musicaux chantés devant nous par un personnage et même ces fameuses lumières clignotantes visibles dans plusieurs de ses films... Cela dit, en dépit des qualités artistiques certaines du film (son travail sur le son est hallucinant, le choc des images est terrifiant), difficile d'y rentrer complètement. C'est d'ailleurs, avec "Inland Empire", l'un des films les plus hermétiques de Lynch. Difficile d'avoir un semblant d'intrigue pour s'y raccrocher (aux contraires de "Blue Velvet", "Lost Highway" et "Mulholland Drive" qui prend des éléments de films noirs au milieu des obsessions du réalisateur) et difficile de ne pas se sentir franchement mal à l'aise devant la foule traumatisante d'images que Lynch nous offre (le fœtus, franchement glaçant) et devant la prestation hallucinée de Jack Nance, acteur improbable. Cauchemar éveillé, "Eraserhead" nous plonge dans les méandres d'un univers unique en son genre où Lynch semble nous dire : "préparez-vous, j'arrive". Et le cinéma comme la télévision s'en porteront à merveille...
Bon. Ce film a clairement une valeur d'enrichissement cinématographique équivalente à... mettons 100 fois Independence Day. On pourra difficilement avoir vécu voire rêvé quelque chose d'aussi bizarre que cette histoire. On ne pourra pas non plus être insensible à la vision graphique de la chose. Mais on apprécierait que l'intrigue, une fois analysée et approfondie, nous donne un résultat différent d'une simple description des images qu'on a pu voir. Cinq étoiles pour la créativité mais zéro pour le reste.