Ce film est un très bel hommage au cinéma des années 1920-1930 à travers la chute d'un grand acteur du muet et l'ascension d'une actrice de talent dans un genre cinématographique nouveau. Les clins d'oeil au cinéma sont nombreux, entre les multiples scènes jouées par Dujardin (Zorro, le mousquetaire, l'aventurier, la réalisation de son film, etc...), les passages avec les affiches, les dialogues écrits, le dernier plan parfait et beaucoup de créativité (les petits personnages dans la tête de Dujardin, le rêve introspectif de ce dernier qui commence à entendre des bruits, le plan devant la boutique,...). Si le côté noir et blanc et muet peut être assez repoussant à la base, il s'avère au final très dépaysant et réussi, grâce à l'humour omniprésent (le chien, John Goodman, le Bang!, le flic), les très bons choix musicaux qui accentuent les émotions, les mimiques excellentes de Jean Dujardin, le charme et la fraîcheur de Bérénice Bejo, ainsi que des moments burlesques typiques de ce style de film. Le scénario ne manque pas d'originalité, avec une histoire d'amour pas banale, de bonnes idées (les enchères, la conduite approximative, la bobine sauvée, ...) et une plongée dramatique maîtrisée quoiqu'un peu longue autour de George Valentin. Les dernières scènes permettent une très belle transition vers le cinéma parlant et montre le talent pur de Michel Hazanavicius, qui est parvenu à rendre The Artist extrêmement intéressant, malgré le muet et le noir et blanc.