Avec tous ces thrillers formatés et banalisés qui sortent ce moment, j'avoue ne pas cacher mon contentement de me retrouver face à ce "Malveillance", un film qui enfin assume des personnages malsains et sadiques ; bref des personnages « humains » quoi ! ...Alors, je vous rassure tout de suite, je ne suis pas misanthrope pour un sou, mais j'en ai marre des films qui présentent des personnages fades, sans caractère, qui se limitent souvent au banal rôle de personnage-fonction. Or, dans ce petit jeu de personnages prêts à nous surprendre, je trouve que "Malveillance" est fort bien garni. L'avantage d'ailleurs avec ces personnages borderline c'est qu'ils sont, je trouve, bien plus attachants, et surtout qu'ils nous réservent toujours bien des surprises sur les limites qu'ils se fixent sur ce qu'ils sont prêts à faire ou à ne pas faire. Or, c’est bien cela aussi la force de « Malveillance » : l’inattendu. Etant osé dans sa posture – le héros du film étant le pervers tout de même ! - le film parvient aussi à ménager un beau suspense et une tension croissante. Et merci Jaume Balaguero de ne pas tomber dans les effets faciles de bruits stridents, d’apparition surprise, etc... Du coup, je trouve que le film n'en est que d'autant plus efficace dans sa capacité à nous immerger. Au final, je m'étonne même qu'en évoquant autant de qualités, je ne mette que 3 étoiles. Pourtant c'est bien là ce qui correspond le mieux à mon ressenti : un bon spectacle, mais sans avoir été bouleversé. Il faut dire que, je trouve, la seule faiblesse du film est qu'il ne sait vraiment exploiter toutes ces pistes et finit de manière un peu plate. Personnellement, étant donnée la montée en puissance que ce film produisait sur le long terme, je suis un peu resté sur ma faim face au fait qu'il ne sache pas emporter la mise sur une dernière envolée finale. Mais bon, c'est chipoter ce que je fais là. N'en perdez donc pas l’essentiel, des films de fin d'année ; "Malveillance" fait partie des films vraiment agréables à regarder.