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Najou
14 abonnés
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4,0
Publiée le 16 mai 2013
Mon coup de cœur cinéma du moment. La narration lente, les bruits exacerbés, les paysages, les ambiances, tout est très réussi pour moi. Quant à l’époque on m’avait dit « Va voir Harry, un ami qui vous veut du bien, c’est très Hitchcockien », j’aurais aimé voir ce film, car lui l’est vraiment.
Ah, ma bonne dame, mais que va devenir le cinéma coréen si ses meilleurs réalisateurs traversent l'un après l'autre le Pacifique, alléchés par l'odeur du dollar ? Park (Chan-wook) s'en tire mieux que Kim (Jee-woon) parce qu'il a un script légèrement plus potable mais c'est tout juste. A partir d'une idée de départ qui est un évident clin d'oeil à L'ombre d'un doute de Hitchcock, le scénario de Stoker glisse, imperturbable, vers le gothique et l'horreur, dans un climat de plus en plus morbide et malsain. Moui, si l'intention est de nous montrer que le crime fait partie des beaux arts, le film est un ambassadeur convaincant. Avec son fidèle directeur de la photo, le cinéaste use et abuse de figures de style à grands coups de travellings arrière et de gros plans saisissants. Tout ça, pour quoi ? Une assez classique histoire de serial killer pimentée par une très habile perversité dans son déroulé. Si on évite le grand guignol, les acteurs semblent cependant figés et dépassés par la mise en scène, hormis la talentueuse Mia Wasikowska. Malgré ou à cause des arabesques virtuoses de Park, Stoker n'a pas le goût âpre des films tournés par le maître sur ses terres.
Park Chan-Wook comme d’autres réalisateurs asiatiques avant lui (John Woo,– Tsui Hark, Ringo Lam , Ang Lee,…) , est venu tenter sa chance à Hollywood pour une sorte de faux remake de « L’ombre d’un doute » (Hitchcock,1943) sorti de l’esprit torturé de Wentworth Miller, acteur quelconque de série télévisée (« Buffy contre les vampires », « Prison Break ») reconverti à l’écriture de scénarios. L’entreprise s’avère plutôt vaine et Park Chan-Wook n’arrange rien à l’affaire en usant de tous les effets de caméra possibles. Ce procédé assez typique du réalisateur finit par faire ressortir cruellement la vacuité narrative de « Stoker ». Si le film a un mérite, c'est de nous faire mesurer la différence de classe entre un réalisateur de génie et un autre largement surestimé dont le soi-disant chef d’œuvre « Old Boy » (2003) avait été un peu trop vite porté aux nues. Quand on sait où l’on va comme Hitchcock, la simplicité s’impose comme une évidence et le maître du suspense n’avait pas eu besoin en 1943des moyens dont dispose aujourd’hui Park Chan-Wook, pour faire transpirer l’ambiguïté sexuelle de la jeune fille sous le charme de son oncle pervers et faire monter crescendo la tension chez le spectateur . « A l’ombre d’un doute » demeure d'ailleurs l’une des œuvres majeures du réalisateur qui la chérissait tout particulièrement . Park Chan-Wook qui lui n’avait sans doute rien d’intéressant à dire sur le sujet s’est contenté d’offrir une succession d’effets visuels en toc qui n’ont pour résultat que d’embrouiller un propos jamais très clair. L’idée de prolonger la relation entre l’oncle meurtrier et sa nièce était pourtant intéressante mais Park Chan-Wook s’est perdu dans l’image sans doute trop parfaite qu’il a de lui-même en voulant démontrer que comme Hitchcock il a un "style". Il n’a réussi qu‘à faire un film où ses acteurs paraissent désincarnés notamment une Nicole Kidman "botoxée" qui dans un tel contexte parait presque cybernétique. Une occasion ratée qui ramènera peut-être Chan-Wook à plus de modestie. Ne s’attaque pas à Hitchcock qui veut, Gus Van Sant pourtant beaucoup plus déférent avec son « Psycho » (1998) s’y était déjà un peu abîmé.
Pas la moyenne, car je n'aime pas les films qui s'annoncent comme un remake de "L'ombre d'un doute" d'Hitchcock, alors que le scénario en est si éloigné. Ensuite, la fin m'a paru grotesque, et le côté gore franchement dispensable. Par contre, la prise de vue est une merveille, et le jeu des acteurs irréprochable, même si le choix de "l'oncle" ne m'a pas paru judicieux. En deux mots, bien réalisé mais bâti sur du sable.
Ça fait du bien de revoir Park Chan Wook, mais là, en réalisant son premier film hollywoodien, j'avais quelques craintes. Mais elles ont très vite été dissipées grâce au talent de ce réalisateur hors normes : une bande son tout d'abord signée Clint Mansell de toute beauté, des plans magnifiques, un montage magnifique... Il faut ajouter au cela la prestation phénoménale du trio d'acteurs et on obtient un film dérangeant et oppressant. On regrettera néanmoins si l'on est difficile un scénario un petit peu délaissé au profit de l'esthétisme pur. Mais attention, cette histoire de famille a largement de quoi nous tenir en haleine !
L’ambiance est bien foutue, de l’inquiétante musique, une intrigue d’introduction pour l’obscur Charlie Stoker qui s’immisce dans la famille après la mort subite de son frère, laissant une épouse et une fille dans la peine et la mélancolie, le trouble commence à s’installer par cet inconnu si familier révélant au fur à mesure ses sombres secrets. La motivation perfide de l’homme est stoppé nette, malgré cela, le retournement de situation final nous rappelle à nous méfier des apparences, très intelligent film, un choc pour un symbole de vigilance.
C'est aussi fascinant et dérangeant de par sa réalisation stylisée et son atmosphère que c'est ennuyeux et creux de par son scénario et ses acteurs fadasses. Une famille Addams sous Xanax!
Stocker : Film saisissant de par sa complexité d’interprétation. Une histoire assez floue, la mort d'un père et l'arrivée d'un oncle inconnu, voilà en gros résumé l'intrigue du film. On passe toute la première moitié du film à se demander où ça va nous conduire, vers quoi on va arriver, etc. Beaucoup de mystères, sur cet oncle sortie de nulle part, sur cette fille étrange. Et c'est petit à petit qu'on découvre, entraperçois des détails, des éléments qui éclairent un peu tout ça et l'histoire commence à prendre forme. C'est proche du génie dans la manière dont les choses sont amenées, racontées, et dire que c'est un scénario de Wentworth "Scofield" Miller, ça m'a beaucoup surpris. La réalisation de Park Chan-Wook est sublime et rend l'intrigue très accrocheuse. Bien qu'on oublie très vite Nicole Kidman, Matthew Goode est absolument parfait, froid, sérieux et énigmatique. Mia Wasikowska est très convaincante dans ce rôle de jeune fille perdue et mystérieuse. La force du film est due en grande partie à toutes les interprétations que l'on peut faire de cette histoire, je n'en dirais pas plus pour éviter de gâcher la surprise mais c'est vraiment intéressant et très bien travaillé. Un très bon thriller à voir et à revoir surement afin de bien comprendre ;)
J’y suis allé sans réelle conviction parce qu’il y a depuis bien longtemps que je n’attends plus grand-chose de Park Chan Wook auteur d’un seul film génial (Old Boy) et d’un autre qu’on va qualifier de sympathique (J.S.A). Si je me suis souvent montré virulent envers lui, je vais ici changer de discours. Je ne peux en effet pas cette fois lui faire de reproches sur les maladresses du script vu que c’est Wentworth « Michael Scofield » Miller qui en est l’auteur. De plus, il faut avouer que sans lui, Stoker ne serait rien d’autre qu’un film pour vidéo club. C’est sa réalisation léchée et pleine de gimmicks qui sert ici de cache misère et parviens à masquer la pauvreté d’une intrigue à la résolution si flemmarde que j’ai eu envie de crier au scandale dans la salle. Park reproduit ici ce qu’il sait faire de mieux. Il crée une atmosphère où violence, tabous, érotisme et même fantastique s’entrechoquent. Sinon niveau casting, je ne connaissais pas Matthew Goode et je l’aime bien. Il a une bonne bouille. Reste cependant une question non résolue : QU’EST-CE QUE JUDITH GODRECHE VIENS FOUTRE ICI ?
Le premier essai hollywoodien de Park Chan Wook était particulièrement attendu. L'auteur / réalisateur qui a connu une reconnaissance mondiale avec sa trilogie de la vengeance (et un prix bien mérité à Cannes pour Old Boy) et son rayonnemment international n'est pas prêt d'en finir avec Stoker, tant celui-ci s'impose comme une belle réussite. Accompagné d'acteurs talentueux tout à fait formidable, le réalisateur Coréen livre un film habilement construit. Le scénario - un temps présent sur la black list des meilleurs scénarios américains difficile à produire - reprend les thèmes favoris du metteur en scène. Stoker est un long métrage sensuel, à la lisière de l'érotisme, qui traite du passage à l'âge adulte et de la contamination de la violence. En véritable esthète, Park Chan Wook voit Stoker comme un véritable exercice de style et chaque plan révèle une idée, son montage joue sur les métaphores et comparaisons et si le final n'étonnera personne, il est la conclusion logique d'un film attachant, beau à se damner et brillant.
Le style glacial et travaillé de Stoker, accompagné d'un jeu d'acteurs brillant, fascine! Un vague malaise s'installe dès les premières minutes et perdure jusqu'aux dernières; on a là une oeuvre immorale qui s'épargne la peine de s'embourber dans le pourquoi du comment du mal, dotée d'une esthétique et d'une mise en scène intenses qui transcendent un scénario presque classique (bien qu'on y retrouve certains des thèmes controversés qui semblent tenir à coeur au réalisateur) se démarquant grandement de l'intrigue entremêlée et complexe (mais si parfaitement maitrisée) d'un Old Boy. Stoker, loin de provoquer la désapprobation du spectateur vis à vis de ses personnages viciés, provoque l'admiration béate et éhontée de celui-ci pour ces icônes auréolées de surnaturel ! Une bien belle chronique familiale en somme, délicieuse à regarder et à écouter (avec une superbe BO de Clint Mansell) et un bel hommage (?) à l'auteur de Dracula. Félicitations, une fois de plus, à Park Chan-Wook !
Un film techniquement maîtrisé: les décors et le montage sont très réussis, notamment. Néanmoins, à mes yeux, l'histoire, dont les prémisses me semblaient prometteurs, tourne à l'eau de boudin et s'achève dans le caniveau. spoiler: Je réprouve tout particulièrement l'idée selon laquelle la folie meurtrière est héréditaire, ou "dans les gènes" comme on l'entend trop souvent. L'héroïne se retrouve in fine privée de son libre arbitre, et réduite à n'être plus que, selon le bon vouloir du scénariste, l'alter ego de son oncle meurtrier ou le bras vengeur de son père assassiné.
Et je ne parle même pas du mauvais goût de certaines scènes, comme par exemple le moment où, comme cadeau pour ses 18 ans et pour marquer son passage à l'âge adulte (sic), l'héroïne chausse sa première paire de talons hauts.
Ce serait drôle si ce n'était pas aussi dangereux.
C'est quand même incroyable d'observer la capacité de Park Chan-Wook a proposer autant d'idées novatrices de mise en scène, même quand il s'agit d'histoires sans le moindre sens. Quelle virtuosité, quelle malice et quel génie...c'est formidable!