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Arthur Guezou
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3,5
Publiée le 22 avril 2023
Le dernier film de Park Chan-Wook ne m'avait pas séduit, mais bon, je m’essaye à nouveau à son cinéma avec “Stoker”. Finalement, je trouve ce film vraiment séduit ; assez complexe, avec une histoire élaborée qui s’éclaircit un peu tard mais une mise en scène en or.
Effectivement, la réalisation est très minimaliste ; la beauté des plans réside dans le détail. Je ne suis pas fan des “décadrages” mais ça a son charme ; par contre, les mouvements de sa caméra sont constamment impressionnants. La direction photographique est vraiment qualitative et est remplie de symbole marquant, la lumière et les teintes de couleurs jouent un rôle important, tout comme les jeux de reflets. Par ailleurs, la musique est quelque chose d’incroyable ; elle est magnifique et très onirique ; elle mérite même d’être écoutée sans l’image. Très simplement, la mise en scène est détaillée et ne laisse rien au hasard.
L’histoire est vraiment prenante et intéressante ; par contre, j’ai un petit hic sur la psychologie des personnages qui restent un peu étranges ; il y a des bipolarités trop étranges. L’oppression exponentielle se ressent, elle est même palpable. Je trouve simplement que certaines séquences sont assez contingentes. Malgré mon attachement pour la protagoniste, elle agit de manière un peu aléatoire. Sinon, la narration est excellente car on en apprend assez juste pour nous tenir en haleine. Les jeux de mystère sont très bien amenés, et le tout est vraiment bien écrit.
Effectivement, l’histoire n’est pas parfaite mais je trouve que la réalisation n’en est pas loin. C’est pour cela que je recommande ce film.
On reconnait dans Stoker les thèmes favoris de Park Chan-wook : cruauté, vengeance et famille. L'histoire aurait pu paraitre classique dans les mains de tout autre réalisateur mais là c'est à la fois fascinant et dérangeant, envoutant et étrange.
Le trio d'acteurs joue à la perfection, ils ont chacun leurs caractéristiques qui apportent toute sa profondeur au film.
Pas mal... Mais le film met un temps fou à décoller... Il m'a fallu attendre plus d une heure pour que l intrigue prenne vraiment chez moi... Avant cela, il ne se passe pas grand chose à part ce qui est décrit dans le pitch... La mort du père et la venu soudaine de l oncle mystère... Il y a différents niveaux de lecture du film d'après ce que j'ai pu lire... C'est assez subtile visiblement... Peut être trop pour moi... Oui parce qu à la fin, j'ai vraiment pas tout capté... Néanmoins, la mise en scène est très soignée... Les acteurs sont plutôt bons... Mise à part la fille gothique qui fait la gueule tout le long du film... Dans l'ensemble, j'ai trouvé ce film intéressant, mais un peu trop lent à démarrer, avec pas mal de branlette intellectuelle de la part du réal... Par ailleurs, j'ai trouvé le scénario assez confus... Au final, chacun y voit ce qu il veut voir...
Park Chan Wook se rate lamentablement pour ce film réalisé aux Etats-Unis avec comme acteurs Nicole Kidman et Matthew Goode. L'histoire n'a ni queue ni tête et ne mène pas à grand chose, pas vraiment de finalité dans cette histoire allant dans tous les sens. On se rend juste compte que tous les personnages du film sont juste complètement timbrés. La fin est purement et simplement ratée de chez ratée. Une grosse déception pour un réalisateur qui est pourtant très bon habituellement.
Creux, vide et malsain, passez votre chemin ! Réalisateur et scénariste à l'esprit quelque peu tordu c'est peu de l'écrire. J'aime bien cette trilogie d'acteurs, mais en matière d'écriture et de réalisation n'est pas Hitchcock qui veut !
Ce film a une esthétique, un raffinement et un rythme lent qui dissimule une fatalité glaçante...Une splendide scène de duo au piano avec les deux magnifique acteurs laisse entrevoir un bonheur possible et tout se révèle peu à peu inexorablement.. Matthew Goode, son air angélique et son regard halluciné hypnotisent la caméra, Il est prêt à jouer le vampire de "Discovery of Witches"... Chacun sait que les vampires sont immortels, on se console comme on peut !
Old Boy, c'était intense, décadent, violent, visuellement puissant... Mais avec ce Stoker, on jurerait que Park Chan-Wook ne s'est concentré que sur ce dernier point : un visuel très travaillé. Peut-être même trop. Les transitions entre les plans sont remarquables (l’œuf qui devient un œil), les scènes qui interagissent en écho sont intelligentes (les lampes qui balancent dans l'une forcent la lumière de l'autre à se balancer de même, les personnages vont pour ouvrir une porte et finalement c'est tel autre qui en ouvre une, les clapets des congélateurs, étuis et piano qui se répondent...) et la fin qui explique les images du début est une bonne idée (pas nouvelle, mais soignée). En revanche, si l'on sort de ce cadre formel des plus peaufinés, on ne sait pas bien par quel défaut commencer. Débutons donc avec le rythme, ce qui est le plus simple à définir puisqu'il ne se passe quasiment rien : malgré les 1h30 de film, on s'ennuie ferme. Il faut attendre trois quarts d'heure pour que l'action (un bien grand mot) ne daigne démarrer, ne consistant qu'en une petite scène de strangulation filmée à cent mètres (on ne voit rien, pour une fois qu'il se passait quelque chose...) et un coup de fusil à la fin (dont le sang projeté au mur n'est même pas au bon endroit, au passage). Ensuite, le fond de l'histoire qui pompe allègrement sur le complexe d'Oedipe est d'une finesse de bulldozer : la gamine qui n'aime pas sa mère mais passe ses après-midi avec papounet allongés dans l'herbe, mais papounet meurt, ce n'est pas grave puisqu'arrive tonton (alias Captain Sexy, avec les gros plans de ses yeux et sourires narquois qui vous feraient acheter n'importe quelle boîte de céréales), qui lui enfile des talons hauts comme une Cendrillon (sur un discours gênant : "tu seras une femme, la mienne pourquoi pas, comme j'ai attendu tes 18 ans c'est légal"... Berk). On a d'ailleurs l'impression que ce retournement de situation de la gamine qui se fait courtiser par "papa mais pas tout à fait" nous rappelle un film... Ah oui : Old Boy. Tiens tiens, on ne se renouvelle pas. Le casting étoilé ne sauvera pas le film (Mia Wasikowska s'ennuie, Nicole Kidman peine à convaincre et Matthew Goode est filmé comme un Ken de Barbie ce qui le décrédibilise totalement). Le format visuel est soigné (parfois jusqu'à en être boursoufflé), mais l'intrigue est à la limite d'une caricature oedipienne qui se double d'une mollesse absolue : on s'ennuie.
On ne compte plus les cinéastes du monde entier qui partent tenter leur chance à Hollywood. Dès qu'un réalisateur creuse son sillon sur la scène internationale, les majors américaines ne perdent jamais de temps pour se l'approprier. Bien souvent pourtant, ces réalisateurs ont du mal à y imposer leur style et leur vision artistique. Ainsi, tout aussi talentueux puissent-être des cinéastes comme Matthieu Kassovitz, Florent Emilio Siri, Paul McGuigan, Hideo Nakata, John Woo et Tsui Hark entre autres, cela ne leur aura pas empêché de se casser les dents sur les impératifs commerciaux hollywoodiens.
Après le succès mondial de Old Boy, la renommée de Park Chan-wook fut telle qu'il ne manqua pas lui aussi d'être courtisé par les majors américaines. Croulant sous leur propositions pendant dix ans, il a pourtant tardé à réaliser son premier film américain. Et lorsqu'il accepte en 2013, ce n'est pas pour proposer un remake facile de l'un de ses propres films coréens (remember Michael Haneke et son Funny Games US), mais bien pour adapter un scénario original (écrit par l'acteur Wentworth Miller) dont le point de départ évoque fortement celui de L'ombre d'un doute d'Alfred Hitchcock.
Adolescente solitaire et asociale, India a récemment perdu son père. Lors des funérailles, elle rencontre son oncle, dont tout le monde semblait ignorer l'existence jusque-là. Charmeur et serviable, il propose de rester quelques jours avec India et sa mère dont les rapports sont plus que tendus. Commence alors un insidieux jeu de la séduction entre les deux femmes et leur hôte.
On pouvait toujours craindre de voir le cinéaste diluer son style sous la contrainte des desideratas de ses nouveaux patrons américains. Au vu du pitch a priori simpliste de Stoker (titre ouvertement explicite, évoquant l'auteur de Dracula), on pouvait même s'attendre à voir Park Chan-wook remiser son intégrité artistique au placard comme tant d'autres cinéastes avant lui. On se sera simplement trompé, et ce malgré l'apparente sagesse graphique de ce nouveau film.
Car même si le réalisateur ne renoue pas ici avec la violence frontale qui aura fait sa renommée, force est d'admettre que le propos du film (qui traite de sexualité, d'attirance incestueuse et de pulsions homicides) n'a rien d'inoffensif. Bien au contraire, le mystère de l'intrigue et l'ambivalence qui se dégage de ses protagonistes évoquent ouvertement les personnages contradictoires des précédentes oeuvres du cinéaste.
D'autant que par sa parfaite connaissance de la grammaire cinématographique, Park Chan-wook fait de ce qui aurait pu être un banal thriller domestique, un sommet de sophistication formelle et symbolique riche en métaphores visuelles, en sous-texte freudien et en suspense. Sur ce dernier point, il suffit de voir comment le réalisateur transforme une banale veillée funéraire en un authentique moment de suspense dans lequel India fait tout pour se dérober à la vue de son oncle.
Dès lors, Park Chan-wook commence à souligner le rapport quasi-télépathique qui lie les deux personnages. Les silences en disent ainsi bien assez sur les errements psychologiques de chacun des protagonistes et sur la tension sexuelle incestueuse qui s'installe entre eux. Le désir prend progressivement forme dans cette confrontation triangulaire jusqu'à attiser la jalousie entre une mère esseulée et sa fille.
L'éveil à la sexualité de cette dernière se révèle alors pleinement en présence de cet oncle séduisant. Preuve en est cette somptueuse scène du morceau de piano interprété à quatre mains ou même la séquence déterminante de la douche qui semble conditionner la sexualité d'India à la seule pulsion homicide. Riche en symboles évocateurs et en références subtiles, le film peut alors très bien se voir comme un conte initiatique illustrant la métamorphose morale de sa protagoniste, laquelle réalise pleinement sa nature au contact de son oncle.
Le choix du titre lui-même n'est certainement pas anodin en ce qu'il nous évoque l'auteur de Dracula. Le rapport prépondérant du personnage d'India à la nature, son lien télépathique avec son oncle, la volonté de celui-ci de l'initier à ses instincts, et la fameuse séquence du vin, tout ceci tend à souligner la métaphore du vampire tentateur annoncée par le titre. On en verra pourtant pas le moindre croc, juste une symbolisation évidente.
Il faut saluer l'interprétation irréprochable du trio d'acteur. De Nicole Kidman en veuve esseulée à Matthew Goode (Ozymandias dans Watchmen) en oncle tour à tour charmeur et inquiétant, en passant par Mia Wasikowska en adolescente ambigüe, tous incarnent leur rôle avec un talent indéniable.
Il est alors un peu dommage que le scénario ne creuse pas plus en profondeur les tourments de ses personnages. On pourra même lui reprocher quelques facilités narratives, notamment dans le dernier acte. Ces quelques menus défauts n'entachent pourtant pas le travail exceptionnel de Park Chan-wook qui transcende les failles de son scénario par une mise en scène sidérante de beauté lyrique et baroque. Le réalisateur signe ainsi avec Stoker un authentique chef d'oeuvre en parfaite cohérence avec l'ensemble de son oeuvre.
Une très belle découverte! les détails du film, la tension et l'ambiance font le charme de ce film, Matthew good joue très bien son rôle et à la qualité de savoir installer une tension sexuel entre les acteurs. Il n'y a pas beaucoup d'action car c'est un film basée sur la psychologie des psychopathes, on voit comment la jeune fille incarnée par mia wasikowska devient une psychopathe, l'envie de tuer est devenu un fantasme, tourné d'une façon perverse.
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1,0
Publiée le 29 novembre 2020
Prenez l'histoire de Stoker papa meurt, l'oncle apparaît de ses voyages, maman tombe amoureuse de l'oncle, l'oncle a un désir sexuel fou pour sa nièce. Ajoutez à tout cela un collage de scènes soi-disant cool comme l'éclatement d'une ampoule au pied en très gros plan, l'étalement de balles de tennis sur un terrain, des boîtes de chaussures joliment placées sur un lit, un œuf enroulé autour d'une table avec un bruit de craquement bizarre, la fille habillée avec d'étranges restes d'autres films, l'oncle qui conduit une voiture de sport à côté d'un bus scolaire rempli de filles qui crient, les bruits horribles de la fille qui mange à chaque repas, et ainsi de suite. Un gâchis total d'images que nous sommes censés voir comme un film d'art. Nicole Kidman a simplement fait ce qu'elle a fait dans beaucoup de ses films précédents en se comportant de façon étrange. Enfin et surtout la très surestimée Mia Wasikowska qui joue tout simplement les excentriques et ne sait rien jouer d'autre. Ce film est typique de la production actuelle des réalisateurs qui se font un nom avec des choses hors normes en prétendant que c'est de l'art. C'est l'un des pires films de cette décennie la....
Il m'a fallu plusieurs visionnages pour adhérer, non pas que je doutais de la qualité du film. Mais voir Park dans un film américain me laissait perplexe au départ et puis enfin de compte on se rend compte que ça reste du Park chan wook avec cette âme maléfique qui nous tient en haleine et qui prends une ampleur inégalée, un réalisateur hors pair et précieux.
Voilà un thriller bien étrange. Il fait partie de la famille des psychopathes! Des vrais psychopathes, pas pour rire, hein! Du même niveau que le silence des agneaux, voyez-vous. Donc, ça tue, c'est inquiétant, imprévisible. Et on ne trouve le leitmotiv que le plus tard possible pour bien faire monter la tension et éveiller l'attention du spectateur. De ce côté là, c'est réussi. De même que le jeu des acteurs est très bien. Mais il y a ce côté un peu surnaturel qui fait qu'on n'adhère pas au film. Qu'on ne s'y plonge pas. Il manque un je ne sais quoi. Tant pis! Pour les amateurs de thriller de psychopathes...
Le gros point noir de la carrière de Park Chan-wook selon moi, Stoker est d'une médiocrité consternante, un scénario si convenu, si grossier, n'est heureusement pas l'oeuvre de Park Chan-wook, mais même la mise en scène est à jeter. Si on excepte quelques jeux de lumière plutôt sympathique, on tombe dans une esthétique tape à l'oeil, digne d'un clip sans réelles ambitions, et le reste du temps c'est juste d'une platitude totale, aucune audace dans la façon de filmer la violence. On retrouve en plus de ça un défaut qui vient de Thirst, c'est que ça n'avance pas, suivre ce personnage m'indiffère au plus haut point, on enchaîne des scènes purement illustratives des agissements de Charlie de son point de vue à elle, on a le droit à des flash backs si peu inspiré visuellement, et qui arrive en fanfare à la fin du film, aucun travail de subtilité, de narration, tout est expliqué avec simplicité, hormis la fin il n'y aucun axe fort, bref, une écriture paresseuse de bout en bout. Je vais aussi faire un point sur les acteurs, car là où Bong Joon-ho a réussit à se dégoter un superbe casting pour son premier film aux États-Unis (Snowpiercer), ici c'est le néant. Hormis Nicole Kidman (dont le personnage est inintéressant au possible au passage), on se tape des acteurs inconsistants, entre Mia Wasikowska (Alice aux pays des merveilles...), et Matthew Goode, qui à part Downtown Abbey n'a aucune carrière, c'est vraiment dommage. Park mérite mieux que ça... Bon, pas besoin d'épiloguer sur Stoker, c'est une vraie faute de parcours, un vrai mauvais film, dont même la musique signée par Clint Mansell est inexistante. J'ai tout de même confiance pour son prochain film aux États-Unis, The Brigands of Rattlecreek, un western avec Matthew McConaughey qui à le don de m'intriguer.