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Hastur64
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3,0
Publiée le 7 mai 2014
« Stoker » fait partie de ces films qui misent une grosse part de leurs effets sur l’ambiance et s’ils n’arrivent pas à créer cette ambiance ils sombrent assez vite dans le nanar. Fort heureusement ce film réussit à créer une ambiance tout en ambiguïté et en raffinement esthétique. Dès le début du film on voit un trio de personnages dont on pressent qu’ils sont loin d’être normaux. Le film va alors, nous balader pendant une heure autour du personnage de l’oncle Charlie dont les motifs restent mystérieux, tantôt séducteur avec la mère tantôt très, très amical avec la fille, il nous semble toujours dangereux sans qu’on sache ce qu’il cherche auprès de ces femmes. La fille et la mère elles aussi sont dans une ambiguïté permanente sans qu’on arrive à savoir si c’est par méfiance ou par nature. L’aspect très esthétique des personnages et des décors, presque affecté, renforce ce malaise à saisir les enjeux de cette cohabitation. Le seul bémol est qu’arrivé au moment de la révélation, les faits nous semblent un peu fades et on n’est pris a regret pas un sentiment de tout ça pour ça. L’interprétation des trois acteurs est vraiment très aboutie et est pour beaucoup dans la réussite de ce jeu de manipulation. Un film à l’ambiance et au jeu d’acteur très bons, mais dont le scénario sans être mauvais, loin de là, se révèle sur la longueur un peu faible. À voir néanmoins pour l’ambiance très hitchcokienne.
Enfance, innocence, vengeance, trois mots en tête d’affiche, trois mots qui ne décrivent en rien ce que représente « Stoker » pour le spectateur. Ce film, et là est située sa force, est une expérience à vivre. Une expérience un peu traumatisante, parfois malsaine, mais tout de même assez unique. Chan-Wook Park fait une première incursion en terre inconnue. Le réalisateur quitte sa Corée natale pour tenter la grande aventure américaine. L’homme ne semble pas avoir été contraint d’adopter les codes occidentaux. Sa mise en scène est davantage travaillée que dans les habituelles productions hollywoodiennes. Tout est filmé avec goût, l’ensemble est de toute beauté, autant dans les transitions que dans les mouvements de caméra. La patte coréenne est bien là, et ce, tout du long de l’œuvre. Dès les premiers instants, le spectateur est subjugué par une superbe introduction. Un monologue porté par la petite voix traînante de Mia Wasikowska, accompagné par un magnifique thème musical et des images intrigantes. Une qualité omniprésente, et probablement imputable aux talents de Chan-Wook Park. Pour continuer sur l’aspect technique, les décors, à savoir la maison des Stoker, sont parfaitement convaincants. Essentiels pour une œuvre dont l’intrigue se passe quasiment toujours en intérieur, ils présentent des tons jaunes, verts ou bleus, concordant avec la tromperie et la froideur des lieux. L’histoire de « Stoker » se suit sans difficulté grâce à une réalisation claire et un scénario bien ficelé. Chose à signaler, c’est Wentworth Miller qui signe le script. Puisque le métier d’acteur ne lui a pas convenu depuis l’arrêt de « Prison Break », le voici attelé à l’écriture. Il peut en être fier de son « Stoker ». C’est une œuvre sombre, oppressante et dérangeante mais aussi incroyablement envoûtante. Reconversion réussie ! Côté casting, il y aurait beaucoup à dire, en particulier sur le trio familial. L’héroïne, interprétée par Mia Wasikowska brille par sa non-expressivité. Elle est glaçante du fait que l’on ne sait jamais ce qui se passe dans sa tête. Le genre de jeune fille qu’on n’aimerait pas compter parmi ses amis. Sa mère est jouée par Nicole Kidman. Là où certains la trouveront brillante dans un registre plus sombre, j’ai trouvé que sa performance tire certaines scènes vers le bas. L’actrice, suite à de trop nombreux abus de chirurgie esthétique, a son visage figé. Elle ne véhicule pas les émotions nécessaires à faire de son monologue (spoiler: peu avant sa confrontation finale avec Charles ) un moment fort de l’œuvre. Impossible de se concentrer sur les dialogues, tant on attend désespérément une expression naturelle. « Moulin Rouge » est bien loin Nicole... Mais la révélation de cette distribution est Matthew Goode. Déjà charmant (et charmeur) dans le très beau « A single man », l’acteur dévoile ici toute la profondeur de son jeu. Capable de passer de la plus grande douceur à la démence, il est exceptionnel. Son sourire contribue grandement à l’impression glaciale que dégage son personnage. Il y a également une erreur de casting, et elle est française, saurez-vous la trouver ? Judith Godrèche, parce que oui c’est elle l’erreur, est heureusement anecdotique et aura eu peu de lignes de dialogue à apprendre, pour le plus grand bonheur de mes oreilles. Après avoir parcouru certaines critiques, j’ai lu une hypothèse sur la nature vampirique de la famille Stoker. C’est une idée intéressante et qui se tient. Cela expliquerait quelques points restés obscurs, et souligne la richesse de « Stoker », une œuvre sujette à débats et réflexion.
Entre érotisme et désir macabre un thriller envoutant,oppressant avec un casting é de références du genre à la Hitchcock avec un grand respect. A voir d'urgence
Un film doté d'une ambiance tendu, tordu également. Un film très posé, très lent, mais c'est ce qui fait tout son charme. Le réalisateur a pris des risque et j'aime ça. La façon de filmer m'a scotché, tellement d'intensité d'en chaque plans, dans chaque détails. Avec un mélange de tensions meurtrière mais également sexuelle. Les personnages d'India et de son oncle Charly sont vraiment perturbant, complètement en accord avec le film (et vraiment bien joué). Je pense que la scène de la douche, est la scène vraiment importante du film. On vois la ressemblance et l'attirance entre India et son oncle. (Pas plus de détail sur la scène, je ne veux pas spoiler). Ca commence doucement, et tout monte, la tension, l'attirance. Rien à dire sur le casting, ils sont parfait. Mia Wasikowska (India) m'a impressionnée ! Quand à Matthew Goode (Charly) il nous fait passer une tension impressionnante, rien que par le regard. Nicole Kidman quand à elle, ne peut plus rien transmettre de son visage, aucune émotion ne passe, les défaut du botox tout ça. Un trhiller a voir !
La première incursion du surdoué coréen Park Chan-Wook en territoire américain avait vraiment de quoi intriguer. Alors quand, en approfondissant un peu mes recherches sur ce Stoker, je découvre que le cinéaste s'est adjoint les services de Clint Mansell à la BO, a conservé son chef-op (et donc me dis-je, très certainement l'omniprésence visuelle de l'ambiance de ses films, presque turgescente, que j'aime tant) et qu'en plus le scénario est écrit par Wentworth Miller (pas forcément un gage de qualité a priori mais quand même quelque chose d'assez intriguant là-aussi) ; je n'ai eu d'autre alternative que de foncer. Alors, qu'en ressort-il, de ce thriller psychologique et macabre ? Et bien en fait, un paquet de choses. Un paquet si gros qu'il confère au film une richesse sidérante, opaque peut-être, mais aux interprétations si diverses que leur nombre et l’impossibilité de les départager renchérissent sur le trouble apporté par la musique de Mansell et la maîtrise virtuose de la caméra dont témoigne Chan-Wook, qui allie la grâce esthétique qui permet une vraie impression poétique à une puissance macabre dérangeante. Au-delà du simple hommage à Hitchcock (Sueurs froides est le film préféré du réalisateur coréen), auquel il emprunte ses thématiques et ses personnages, Stoker est, de façon palpable, un film sur le passage à l'âge adulte. Mais on peut également y voir un film de vampires ("Stoker" serait-il une référence au nom du père de Dracula ? L'oncle Charlie n'a t-il pas un comportement suspect ? Thirst, le précédent métrage de Chan-Wook, ne traitait-il pas, justement, de vampires ?). On est ensuite en droit de se demander quelle est la nature réelle des personnages, leur vécu et la réalité de leurs interactions, ce qui rend le récit opaque, sibyllin et troublant. C'est ici, comme je l'ai déjà évoqué, que se manifeste la maestria de Park Chan-Wook et sa facilité à conférer au film une aura morbide et glauque sans pour autant sombrer à l'excès dans des processus angoissants qui auraient fait basculer Stoker dans le film d'horreur flippant mais en manque de finesse et d'énigme. Il serait aussi vain de détailler tous les processus techniques que de disséquer le génie, ce qui lui ôterait d'ailleurs son potentiel mystique, ou plutôt la réceptivité du spectateur vis à vis de lui. Mais je me dois quand même de parler ne serait-ce que de ces magnifiques passages ou la réalisation se déconnecte complètement des perceptions des personnages, pour une narration externe qui empêche la prise de repères sur les protagonistes. Rien que l'ouverture et ses arrêts sur image signalent que tout au long, on sera impuissant à décrypter Stoker ou comprendre sa trame et ses multiples implications. Il ne reste plus alors, qu'à se laisser bercer par le halo macabre dont le film est nappé, poésie glauque mais magnifique qui finit par demeurer la seule chose stable de l'oeuvre à laquelle on puisse s'accrocher. J'aime assez le concept choisi, celui de rendre le spectateur impuissant, de le perdre dans un monde labyrinthique empli de métaphores et de possibilités. Beau, troublant, complexe et virtuose. Une vraie et très agréable mini-claque.
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2,5
Publiée le 25 avril 2014
Un conseil: mèfiez-vous de votre propre famille...Thriller pervers et stylisè qui se balade entre le rèel et le surnaturel, "Stoker" reprend trait pour trait la trame et l'histoire d'un des films les plus angoissants d'Alfred Hitchcock, le parfaitement bien nommè "Shadow of a Doubt" avec Joseph Cotten et Teresa Wright! Rèalisè par le corèen Park Chan-wook a qui l'on doit dèjà le saisissant "Old Boy", le film raconte comment une jeune fille, qui voit tout et entend tout, tombe sous le charme d'un oncle aussi sèduisant qu'inquiètant! Premier film amèricain du turbulent Park Chan-wook pour une histoire d'emprise familiale ambiguë (mais souvent froide), qui rend un hommage èvident au maître du suspense, avec des scènes de piano, de paire de chaussures et d'escalier, èlectrisantes! Mise en scène subtile jouant sur les symboles et interprètation complexe où Nicole Kidman trouve ici un rôle à sa mesure face à l'ènigmatique Mia Wasikowska et à l'intriguant Matthew Goode! Des plans et des travelings vertigineux avec au final très peu de dialogues qui ressemblent à des faux semblants! Manque cependant la noirceur totalement folle du cinèaste corèen ("Old Boy" en a encore sous le pied), diminuèe disons le par le système hollywoodien (des acteurs asiatiques aurait donnè un film plus rèussi). Pour la petite anecdote, la famille d'India a ètè baptisèe du nom de l'auteur de « Dracula » , l'irlandais Bram Stoker! Sinon que vient faire Judith Godrèche dans "Stoker" ?
On ne peut que saluer le style de la réal avec un vrai parti pris intéressant. Les acteurs aussi sont intéressants. Mais grosse déception sur le scenario : beaucoup de questions sans réponses, des incohérences et puis au final pas mal d'ennui Dans la veine de cette réalisation je vous conseillerais plus "Esther ou même the children "
D'après ce que j'ai cru comprendre, ce film se veut être un hommage à Hitchcock. Personnellement j'y ait surtout vu un film fade et impersonnel. La qualité de la photographie reste cependant à souligner. Il est vrai que les gros plans sur les nombreux objets donnent une force visuelle non négligeable, tout comme les quelques jeux de lumière. L'atmosphère est particulière et propice à des personnages singulier mais le film n'est finalement pas aussi original qu'on pourrait s'y attendre. Certes les symboles sont nombreux et facilement perceptible mais le film s'y attarde bien trop. Le film est par ailleurs très lent, ce qui est en partie compréhensible étant donné que c'est uniquement l'évolution psychologique des personnages qui importe, cela étant les innombrables longueurs sont difficilement supportables. D'autant qu'au final on ressort avec l'impression qu'il ne s'est pas déroulé grand chose. Niveau acteurs pas grand chose à redire, ils sont plus que correct, en revanche difficile d'éprouver quoique ce soit pour les personnages. Le film nous maintient à une distance constante des personnes. Il est tout aussi difficile de s'identifier à eux que de s'intéresser à eux. La mère interprétée par Nicole Kidman nous lasse rapidement quand à la fille, elle s'avère plutôt agaçante dans son attitude complètement blasée, froide à l'extrême et presque muette. Quand à la trame en elle même, encore une fois elle n'est pas très original, en fait le déroulement du film est même prévisible et sans surprise. Dès le départ on devine aisément que l'oncle est un tueur, qu'il va abattre la tante et initier petit à petit sa nièce à ses pulsions malsaine. On sent venir la jalousie égocentrique de la mère, tout comme la chute de la fille qui va passer du coté obscur de la force. La thématique de l'enfant destinée à devenir tueur n'est pas nouvelle et bombarder le film de symbolique comme l'ange, l'araignée, le pinceau n'apporte pas un second souffle au genre. Par ailleurs on se passerait bien de certaines scènes, notamment la masturbation dans les douches pour symboliser l'excitation de la gamine au morbide. Là encore le film en montre trop et tire en longueur. En bref ce film contentera peut être les amateurs du genre mais selon moi il ne restera pas dans les mémoires.
Bel esthétisme. Grâce à son fidèle chef opérateur, la photographie est superbe. Les acteurs, sublimes eux aussi. C'est pervers, c'est morbide, c'est tordu. Tout ce qu'il faut pour gêner le spectateur. Parfois, on s'y perd entre le réel et le fantasmé. Un bon thriller.
A la question Park Chan Wook a-t-il du talent ? La réponse est évidemment oui. A la question est-il un grand réalisateur ? La réponse est non ! Ca avait commencé de façon poussive avec Lady Vengeance et cie puis ça s'était confirmé avec Thirst (seul Old Boy surnage comme une déflagration pure, sèche et sans fioritures)... Pour le reste, on retrouve à chaque fois de grandes et belles idées de mise en scène mais le tout est irrémédiablement plombé par des lourdeurs, d'interminables détours qui finissent par user la patience du spectateur... Problème de scénario sûrement (on sent qu'il veut tout mettre, ne sait pas choisir entre de multiples pistes narratives). Alors il faut bien reconnaître qu'il y a du très bon, j'ai vraiment aimé le début parce que j'y sens des atmosphères de films que j'ai aimé: Dead of night (Bob Clark), The Other (Robert Mulligan), Théorème (Pasolini) et qu'il y a ce côté conte cauchemardesque qui fascine. Hélas peu à peu, on s'enlise, la machine tourne à vide et la sensualité vénéneuse des débuts laisse place à une intrigue qui s'étire en longueurs et devient terriblement terre à terre, banale et pas crédible une seconde...Bref décidément, ce Park Chan-Wook ne cesse de décevoir malgré quelques envolées surpuissantes de grand cinéma. C'est ce qui me rend d'autant plus triste...
Une œuvre étrange et déroutante mais envoutante. Visuellement, le film est une merveille d'inventivité ; le travail sur le montage et le rythme est très perturbant et le trio d'acteurs est impeccable, froid et mystérieux. Le scénario dévoile parfaitement le mystère au fur et à mesure sans être trop explicatif. Finalement, c'est le côté excessivement stylisé du film qui lui nuit légèrement : en effet, il manque peut-être ce supplément d'âme, même si l'on peut comprendre que c'est effectivement l'effet recherché.