Les Temps modernes
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melian
melian

6 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 janvier 2009
Peut-être très intelligent pour l'époque et toujours d'actualité malheureusement.

Mais trop gentillet pour moi (je ne suis pas un gros dure, j'adore certains Disney)

L'humour burlesque : je n'aime pas beaucoup

Avec le temps, l'intelligence de la mise en scène a perdu de sa puissance.
Real C
Real C

123 abonnés 930 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 décembre 2013
Un classique parmi les classique. L'humour a certes un peu vieilli mais on ne se lasse pas de ce film qui est un point important sur la carrière de Charles Spencer Chaplin. Il s'agit du dernier film de son sympathique personnage de Charlot et la seule et unique fois qu'on l'entend parler et chanter ! Un film intemporel.
Ykarpathakis157

6 192 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mai 2021
Il est difficile d'analyser objectivement les films de Chaplin car beaucoup d'entre nous les ont vus ou du moins en ont entendu parler depuis leur enfance. Ils font désormais partie de notre bagage émotionnel ou culturel. Les Temps modernes n'est pas un film entièrement muet il y a des bribes de dialogues et des effets sonores mais si vous regardez bien chaque personnage dialoguant (à l'exception de Chaplin lui-même) est tourné en dérision. Même lorsque le clochard ouvre la bouche c'est la seule fois qu'il le fait dans le film les mots sont absurdes défiant la convention naissante selon laquelle le dialogue est obligatoire pour la substance le divertissement et la qualité. Malgré le statut du film comme l'une des plus grandes comédies de tous les temps il est difficile d'ignorer sa composante politique. Dans ses films Chaplin a souvent fait preuve d'une grande méfiance à l'égard de l'autorité et du progrès souvent incarnés par l'élite sociale la police et les riches entrepreneurs. L'ironie du titre du film est donc double. Elle renvoie aux sentiments amers de Chaplin à l'égard de son art moribond mais aussi à la situation critique des classes laborieuses pendant la Grande Dépression de longues heures de travail avec peu de sécurité d'emploi et un maigre salaire tandis que les classes supérieures restent riches et attendent leur heure...
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 mai 2025
Les variations sur l'homme et la machine au début et au milieu du film, le quiproquo lorsque Charlot se saisit d'un drapeau rouge tombé d'un camion, la vie quotidienne dans la bicoque au bord de l'eau, l'utilisation "aveugle" des patins à roulettes dans le grand magasin, la danse et la chanson dans le cabaret... Autant de scènes cultes, parmi d'autres, qui témoignent du génie de Chaplin en matière de chorégraphie et de gag, et de son immense talent pour conjuguer le comique pur, le mélodrame et la critique sociale. En brodant un "récit sur l'industrie, l'initiative individuelle et la croisade de l'humanité à la recherche du bonheur" (c'est l'exergue du film), le réalisateur-acteur fustige ces temps modernes, les années 1930, avec la mécanisation à tous crins, la déshumanisation en marche, le chômage et la misère à chaque coin de rue. Il compare les hommes à des moutons, invente une machine à manger et annonce Big Brother. Le traitement par l'absurde, associé à une naïveté désarmante et à un optimisme indéboulonnable, lui permet de faire passer des messages (humanistes ou politiques), sans lourdeur et sans jamais sacrifier le divertissement. C'est l'art de montrer la réalité en la dépassant, en la transcendant par le rire et l'émotion.
Sur le plan sonore, le film est d'un genre hybride, à la frontière du muet et du parlant, bien que réalisé neuf ans après l'invention du parlant. Charlot, dont c'est l'avant-dernière apparition au cinéma (avant Le Dictateur), n'a toujours pas de dialogues, mais il chante à la fin. Petite concession au parlant car il chante dans un langage imaginaire, tout en mimant sa chanson (une scène extraordinaire). La facture d'ensemble est donc plutôt celle d'un film muet... mais avec une importance paradoxale accordée à la bande son (le bruit des machines, notamment). Le réalisateur évolue entre tradition et modernité. À l'époque, il restait persuadé que la parole nuisait à la portée universelle du cinéma. Parole qui risquait aussi de bouleverser la mythologie de son personnage fétiche...
Côté narration, on remarque que la dimension du long-métrage n'a pas été parfaitement intégrée. À défaut d'une trame continue, fluide, on ressent toujours le découpage par sketches. Petit bémol pour ce grand film. Mais au moment de sa sortie, ce sont d'autres critiques qui se firent entendre, sur le fond, aux États-Unis et en France. Les conservateurs américains accusèrent Chaplin de sympathie pour le communisme. Dans l'Hexagone, on lui reprocha d'avoir plagié À nous la liberté, de René Clair. Des emprunts ont effectivement été reconnus lors d'un procès intenté par le producteur du film français, qui n'obtint cependant pas la destruction des bobines. René Clair, lui, resta en dehors de cette affaire. En marge des critiques, heureusement, le grand public aux États-Unis et en France fit un succès à ces Temps modernes. Les Allemands et les Italiens, eux, n'en eurent pas l'occasion, puisque leurs gouvernements respectifs en interdirent la diffusion nationale.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 janvier 2016
Gosse j'ai dû voir ce film 3 ou 4 fois. Aujourd'hui je me rends compte que je l'ai un peu moins aimé. Alors je ne vais pas dire que c'est un mauvais film, très loin de là ; c'est très bon ! Juste, peut-être que c'est parce que les gags de Charlot me font moins rire, mais j'adhère (un peu) moins. Bon, il faut rendre à Chaplin ce qui appartient à Chaplin : c'est drôle et bien rythmé, et surtout c'est diablement visionnaire et acide, le propos est intemporel et n'a pas pris une ride et Chaplin confirme qu'il a toujours été un visionnaire.
Encore un classique intemporel de Chaplin, qui séduira petits et grands.
Kao-BB
Kao-BB

56 abonnés 386 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 février 2014
Pour ma 300ème critique, honneur à un classique de la filmographie de Charlie Chaplin qui m'a marqué : Les Temps Modernes! Film muet sorti en plein essor du cinéma parlant des années 1930, ce chef d'oeuvre, même aujourd'hui, reste un classique intemporel. Et c'est toujours l'éternel vagabond Charlot, sans oublier Paulette Godard, très touchante dans son rôle d'orpheline, qui forment un duo formidable, qui ne veulent pas baisser les bras malgré le contexte de crise qui frappe à tout moment. C'est drôle, c'est parfois triste, plein de vérités sur l'Amérique dans une période post-crise de 1929 avec le chômage, la misère, le travail à la chaîne et ses conséquences aliénantes,...le tout avec un humour plein de justesse. La réalisation est extraordinaire, beaucoup d'inventivité pour montrer, entre autres, la dure réalité du travail d'ouvrier dans le processus de séparation des tâches, avec ses machines en tout genre (mention spéciale spoiler: à la machine ratée à faire manger et son test sur Charlot, scène mémorable
). Beaucoup de scènes cultes donc, où l'utilisation du muet s'accorde parfaitement avec l'histoire, et que dire des musiques, tellement elles sont superbes. C'est bien un chef d'oeuvre remarquable, pour toutes les générations, et qui, à l'heure actuelle, n'est pas prêt d'être oublié. Car le cinéma de Charlie Chaplin est vraiment un cinéma à part.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 mars 2013
Cette dénonciation satirique que (sir) Chaplin réussit à faire de l'industrialisation des entreprises fordistes et de la situation sociale de ses contemporains est à juste titre considérée comme une pierre angulaire dans l'histoire du cinéma comique qui parvient à dépasser les limites de son pays et reste d’actualité. A travers ce chef d’œuvre intarissable, Chaplin prouva en effet que son engagement politique n’avait d’égal que son génie comique, au point de s’attirer les foudres des autorités. Parmi la multitude de gags burlesques irrésistibles, il est important de constater que la mythique scène musicale où Charlot chante le Charabia est la première scène parlée du réalisateur.
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mai 2020
Parmi les pépites du septième art, Les Temps modernes intègre incontestablement l’élite des chefs d’œuvres intemporels et inimitables, l’expression du talent d’un cinéaste au sommet de son art et dont la critique sociale et politique devient l’une des composantes essentielles.
Le 24 octobre 1929, les Etats-Unis sont frappés d’un krach boursier sans précédent, qui marque le début d’une longue période de récession connue sous l’expression de « Grande Dépression ». En 1931, troublé par les ravages de cette crise sur le pays, attristé par la vision de la pauvreté croissante dans les rues, révolté par l’enrichissement d’une classe dominante, et inquiet des effets du capitalisme et de la mécanisation sur les conditions de travail des ouvriers, Charlie Chaplin décide de faire une pause dans sa carrière, une interruption qui commence au début de l’année 1931 et dure pendant plus d’un an. Ces inquiétudes sur l’état social et économique des Etats-Unis prennent leur source dans la naissance et les conséquences d’un courant économique devenu célèbre : le taylorisme.
En 1911, Franck Taylor, ingénieur économiste, crée l’Organisation Scientifique du Travail (OST). Séduit par cette thèse, Henry Ford l’adopte dans ses usines et procure de grands profits. Ce modèle est ensuite repris par toutes les grandes entreprises et dès lors, l’homme ne devient qu’un rouage supplémentaire parmi toutes les machines. La mise en pratique de cette théorie aliène donc l’ouvrier à travers des mouvements répétés et une cadence de travail infernale, au service d’une économie capitaliste en pleine expansion.
Durant ses congés sabbatiques, Chaplin visite l’Europe de l’Ouest (France et Suisse) et se rend même dans l’Empire du Japon, où il échappe de justesse à un assassinat à la suite de la tentative de coup d’état du 15 mai 1932. Malgré cet évènement, son séjour à l'étranger a un effet très stimulant pour Chaplin, principalement à la suite de ses rencontres avec quelques personnalités influentes comme Gandhi et Einstein, et il s'intéresse de plus en plus aux questions internationales. Toujours perturbé par la Grande Dépression, il redoute une explosion du chômage et de la pauvreté aux Etats-Unis. Et c’est dans le but de dénoncer les dérives du taylorisme que Chaplin se lance dans son nouveau projet cinématographique. De retour à Los Angeles en juin 1932, il rencontre en juillet l'actrice de 21 ans, Paulette Goddard, qui lui inspire le rôle de la gamine dans sa future production, initialement intitulée « Les Masses ».
Depuis près de dix ans et la sortie du premier film sonore, Le Chanteur de Jazz, en 1927, Charlie Chaplin est tiraillé entre son attachement au muet et son constat d’un son qui risque de devenir incontournable. Tourmenté par ce choix cornélien, le réalisateur envisage, dans un premier temps, de faire un film parlant, allant même jusqu’à écrire un scénario dans ce sens. Peu convaincu après quelques répétitions, Chaplin décide d’abandonner les dialogues mais ne renie pas pour autant le son. Ainsi, comme ses prédécesseurs, Les Temps modernes utilise des effets sonores synchronisés. De plus, le long-métrage bénéficie d’une musique de grande qualité, composée par Alfred Newman, notamment connu pour être l’auteur de la célèbre fanfare de la 20th Century Fox. Mais en raison d’un perfectionnisme poussé à l’extrême de la part de Chaplin, le compositeur ne va pas jusqu’au bout du projet et quitte la production avant la fin du tournage. Toutefois, ce départ précipité n’empêche pas Les Temps Modernes d’être grandement connu grâce à l’un des morceaux empruntés les plus célèbres de la carrière de Chaplin. Dans un charabia dépourvu de sens et mêlant le français et l’italien, Charlot interprète la chanson « Je cherche après Titine », dévoilant ainsi pour la première fois le son de sa voix dans une scène mémorable située dans un restaurant où il est engagé comme serveur et chanteur.
Mais la question du son n’est pas la seule source de contrariété pour le réalisateur. En effet, la brutalité du titre et le pessimisme de son premier script ne lui conviennent pas, et Chaplin préfère se rapprocher d’un ton burlesque et plein d’espoir qui le poussent à adopter le titre des « Temps Modernes » que l’on connaît aujourd’hui.
Débuté en octobre 1934, le tournage prend fin en août 1935, et le résultat est présenté en février 1936 au cours d’une avant-première new-yorkaise. Comme il l’a fait pour Le Kid et Les Lumières de la ville, mais de manière plus accrue ici, Les Temps Modernes ne se cache pas d’être une satire politique et sociale, un aspect qui entraîne une forte couverture médiatique, même si Chaplin tente de minimiser le sujet. Il faut dire que dès le début, le ton est donné à travers une séquence où des ouvriers d’usine se rendant au travail sont comparés à un troupeau de moutons.
Malgré la violence de sa critique, Chaplin sait conserver l’humour et le burlesque qui a fait son succès, même lorsqu’il s’attaque à la dénonciation d’une aliénation de l’homme par l’industrie et les machines. Ainsi, plusieurs gags de la première partie du film ont atteint le rang des séquences les plus connues de la filmographie de Charlie Chaplin, et plus largement, du septième art. On pense notamment à Charlot emmêlé dans les rouages d’une machine, où pris dans une série de spasmes incontrôlables, il se met à resserrer tous les boulons qu’il croise, quitte à se méprendre sur les boutons de la robe d’une employée pour son grand désespoir. Dans cette dernière scène, bien que l’humour soit au rendez-vous, le caractère satirique de la séquence ne laisse aucun doute, et ainsi, Chaplin montre une nouvelle fois son talent pour mélanger les genres, comme il l’a fait dans ses précédentes réalisations.
En plus d’être une satire sociale déguisée sous une apparence burlesque, Les Temps modernes s’impose aussi comme une belle histoire d’amour. Charlot y rencontre une gamine aussi miséreuse que lui (interprétée par la belle Paulette Goddard) et ensemble, en se soutenant mutuellement dans le monde hostile du capitalisme et de l’oppression patronale, cette amitié se transforme en une idylle émouvante.
Ainsi, malgré la genèse du film inscrite dans la cruelle réalité de son temps et le ton grave de son développement, l’amour et l’espoir ne sont pas oubliés par Chaplin, et sont même indispensables pour le message que le réalisateur a souhaité faire passer. Que ce soit à travers le songe d’une vie bucolique paradisiaque de la part de Charlot, de l’American Dream au sein d’une cabane abandonnée, ou d’un épilogue merveilleux, où l’aube est le symbole d’un optimisme et la route le cadre d’un départ commun vers de nouveaux jours. D’ailleurs, il est intéressant, pour revenir sur le ton initialement plus sombre pensé par Chaplin, de souligner que la conclusion devait être toute autre lorsque le projet, pas encore tourné, s’intitulait « Les Masses ». La jeune fille s’y retrouvait nonne alors que Charlot était hospitalisé à la suite d’une dépression nerveuse. A ce final sans espoir, le réalisateur a pertinemment choisi un dénouement positif et heureux, fidèle au message d’espoir qu’il offre à une classe exploitée.
Le film connait un succès moindre que ses précédents films et les critiques sont plus mitigées, une partie de la presse reprochant à Chaplin une tentative de propagande des idéologies communistes. Depuis, Les Temps modernes est néanmoins devenu un classique, un chef d’œuvre qui ne vieillit pas. À la suite de cette sortie, Chaplin se rend en Extrême-Orient avec Paulette Goddard et les deux acteurs débutent ensuite une relation discrète, allant même jusqu’à se marier secrètement en Chine, avant que l’information ne soit révélée par Chaplin lui-même. Mais cette idylle affronte la controverse de 1938 liée au tournage d’Autant en emporte le vent, qui annonce le crépuscule de leur relation. Le couple s'éloigne rapidement l'un de l'autre pour se consacrer à leur travail : Goddard divorce finalement en 1942, en avançant qu'ils sont séparés depuis plus d'un an.
Selon André Bazin, Les Temps Modernes est « la seule fable cinématographique à la mesure de la détresse de l’homme du 20ème siècle face à la mécanique sociale et technique ». En effet, par cette œuvre, Chaplin a su capter les enjeux sociaux et économiques de son époque et attirer l’attention sur ces derniers, en maniant aussi bien la légèreté et que la gravité du propos, fidèle à son talent éclectique et inimitable.
ElAurens
ElAurens

91 abonnés 585 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mars 2011
Je vais commencer par le seul reproche que j'ai à faire à ce film et qui m'empêche de mettre la note maximale. J'ai trouvé qu'il y avait une baisse de régime vers les deux tiers, ce manque de rythme, heureusement court, m'a légèrement gâché l'énorme plaisir que j'ai eu à regarder Les temps modernes. L'intro avec Chaplin à l'usine, qui en plus de dénoncer le travail à la chaîne, est vraiment excellente, le passage où il est le cobaye pour tester la machine à faire manger, censé servir à augmenter la production, restera ma scène préférée. Bref tout à déjà était dit sur ce chef-d'œuvre intemporel de Charlie Chaplin, qui est absolument un indispensable pour tout cinéphile.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 juin 2012
Je dis Chapeau à Chaplin ! Ce film est une très grande réussite de l'époque qui a très bien vieilli. Charlie Chaplin a un talent et un jeu d'acteur inégalé. Comme pour Le Dictateur, ce film reste pour moi l'un des seuls de l'époque que je regarde parfaitement avec l'oeil d'aujourd'hui. C'est à la fois une grande comédie (n'étant pas forcément fan du cinéma muet) sans dialogues pourtant mais aussi une très belle critique émouvante de la société de l'époque, des nouvelles technologies et de la crise de 1929. Très bon film.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 28 juillet 2010
Film classique. Charlie Chaplin est incroyable. Film comique et emouvant. A voir
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2024
Les Temps Modernes de Charlie Chaplin est une œuvre magistrale qui transcende les frontières de l'art cinématographique. Ce film, à la fois hilarant et émouvant, reste l'un des plus grands témoignages de la condition humaine face à un monde en perpétuel changement. C'est une expérience cinématographique qui ne laisse aucun aspect de la vie moderne inexploré, tout en étant profondément divertissante et profondément significative.

Chaplin capture avec une finesse inégalée les angoisses et absurdités de l'ère industrielle. Dans ce monde où les machines dictent le rythme de vie, le Clochard incarne la lutte pour préserver l'humanité dans une société obsédée par l'efficacité et la production. Dès la première séquence, où les ouvriers sont comparés à un troupeau de moutons, le message est clair et puissant : l'individu est sacrifié sur l'autel du progrès. Mais Chaplin, avec son inépuisable génie comique, transforme cette critique sociale en une ode brillante à la résilience humaine.

Chaque scène, chaque gag, est une leçon de mise en scène visuelle. Le Clochard avalé par les rouages de la machine géante, la chorégraphie frénétique sur la chaîne de montage, et la course effrénée pour survivre dans un monde impitoyable sont autant de tableaux mémorables qui fusionnent humour et tragédie avec une perfection inégalée.

Chaplin démontre une maîtrise absolue de son art. En refusant de céder complètement à l'ère du cinéma parlant, il conserve un langage universel et intemporel, celui du geste et de l'émotion brute. Le film est rempli d’effets visuels ingénieux, comme la célèbre scène de patinage où un faux précipice peint intensifie le suspense comique sans jamais compromettre la sécurité de l'acteur. Cette attention aux détails reflète une perfection technique qui soutient un récit tout aussi impressionnant.

La bande originale, composée par Chaplin lui-même, accompagne chaque scène avec une émotion subtile et une énergie irrésistible. Le thème principal, qui deviendra plus tard la chanson Smile, est à la fois mélancolique et porteur d’espoir, capturant l’essence même du film.

Ce qui distingue véritablement Les Temps Modernes, c'est son intemporalité. Malgré les décennies écoulées depuis sa sortie, les thèmes abordés restent profondément pertinents. La lutte contre l'aliénation, la quête d'espoir et de dignité, et l'humour comme arme contre l'oppression sont des idées universelles qui résonnent encore avec une intensité rare.

Le Clochard, éternel optimiste malgré l'adversité, est un personnage avec lequel il est impossible de ne pas se connecter. Sa capacité à transformer chaque échec en un pas vers l'avant est une leçon de vie déguisée en comédie burlesque. Paulette Goddard, en tant qu'Ellen, complète parfaitement cette dynamique avec son énergie vibrante et son charme naturel, apportant une touche d’humanité et de détermination face à l’adversité.

Les Temps Modernes n’est pas simplement un film, mais une expérience qui transcende le temps et l’espace. Il représente un adieu affectueux au Clochard, tout en marquant un tournant décisif dans la carrière de Chaplin. Ce film est la quintessence de la comédie visuelle, mais il va bien au-delà. Il est à la fois une critique sociale percutante et un hommage poétique à la ténacité de l'esprit humain.

Chaque plan, chaque gag, chaque note de musique témoigne de l'excellence créative de Chaplin. C’est une œuvre qui résiste à toutes les époques, et qui continuera à inspirer, émouvoir et émerveiller des générations de spectateurs.

Les Temps Modernes est une œuvre d'art cinématographique parfaite, une combinaison de réflexion profonde, de comédie irrésistible et d'excellence technique. Il capture avec une clarté inégalée les défis et triomphes de la vie humaine. C’est une célébration de l’humanité à son meilleur, une leçon d’espoir, et une preuve que l'art peut transformer la réalité la plus sombre en lumière éclatante.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 17 février 2012
La satire du machinisme est à la fois exacte et anticipatrice (l'apparition du visage du directeur, la machine à " manger vite " où Charlot sert de cobaye). Mais sa férocité est atténuée par la tendresse flagrante qui émane d'autres scènes (la liaison de Chaplin avec sa jeune interprète y est sûrement pour beaucoup), tendresse nullement mièvre, mais qui prête au héros un halo onirique rare dans ses autres films: il glisse à travers d'énormes roues comme un édredon, il veut rendre à un camion un drapeau rouge qu'il a perdu et se retrouve pris pour le chef d'une manifestation ouvrière! La partie de patins à roulettes dans le grand magasin est le symbole de cette volonté d'échapper à la misère par une extrême légèreté. Si " la gamine ", victime d'une socité trop lourde, apporte la joie dans son pitoyable intérieur, il sacrifie son emploi, si précaire soit-il, à la fuite avec celle qu'il aime. " Les Temps modernes " se recommande en outre, après les " Lumières de la ville ", comme l'un des plus intéressants exemples du génie plasticien de Chaplin: décors comportant une grande profondeur de champ, associations visuelles - comme le paquebot passant lors de l'apparition de " la gamine "-, netteté extr^me des gris de l'usine et du soleil de la rue.
TheWaaalkingDead
TheWaaalkingDead

91 abonnés 980 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 décembre 2013
Il est des films qu'on peut voir à tout âge, et dans lesquels on trouvera à chaque fois quelque chose qu'on n'avait pas vu avant. Bien-sûr, Les Temps modernes est drôle, oui, c'est son film le plus politique, une critique du travail à la chaîne, du capitalisme, mais c'est aussi (et peut-être avant tout) un film sur la recherche du bonheur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 janvier 2010
Le film culte par excellence !
La rencontre entre la critique sociale et le burlesque de Charlot !
Un film qui a su traverser les années en conservant son charme et son humour intact !
Hilarant par moment,poignant par d'autre,le résultat est le prototype même du chef d'oeuvre interporel !
Bravo Monsieur Chaplin !
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